‹ Geographie Generale CompareeChapitre 92 sur 293 · Le Rio-Grakde · texte numérisé non relu

Le Rio-Grakde

Ce fleuve prend sa source sur la terrasse des

(1) De Barros, Dec., t. 1, llb. 3, c 8, fol. 38 b.

(8) Mungo-Park, Trav., p. 13 et 34,

(3) Goiberry , p. 2S6.

(4) Mungo-Park , Trav,,p. 6, et Durand, t. ], p. 116. (61 Ubartbc, Ibid.— Colberrr, p. 387.

( S la ban ne, Ibid.

(7) De Barrot, Ibid.

stvfGAI.. GAMBIE.

Foulahs, dans le royaume de Timbo; il se précipite, sous le nom de Dunso (Donzo, suivant Golberry) (1), en formant d’énormes cataractes, h travers la chaîne limitrophe de la terrasse littorale. La grande cataracte du Dunso, dont on entend au loin le bruissement , est à 90 lieues de distance de la côte; c'est en sortant «les montagnes que le fleuve change son nom en celui de Bio-Grande. Près de Boutola (2) , h peu près à 13 milles géogr. (72 miles ) de la cdte, il n’a que trois brasses de profondeur lorsque les eaux sont basses; la marée remonte jusqu'à Boulola, et, il partir de ce point, le fltuve est navigable pour les grands vaisseaux jusqu’il la mer.

Rzmaiqub.

navigation intérieure.

On ne trouve, entre le Sénégal et la Gambie, que quelques petits fleuves, dans lesquels la marée remonte jusqu’à vingt lieues dans l'intérieur «les terres. Le royaume du Damel-de-Cayor présente, en quelque façon, une continuation du désert de Sahara, Ce pays, qui s'étend entre les deux fleuves, vers les hautes dunes du cap Vert , est hsbité par un peuple tout particulier, les Serrères (a).

L'espace qui s’étend entre la Gambie et le Rio- Grande présente une suite non-interrompue de grandes et profondes rivières, dans lesquelles la marée remonte très-loin, et qui souvent sont navigables jusqu'à cinquante milles dans l'intérieur du pays. Toute celle contrée est encore très-peu connue ; on prend encore de nos jours le Cofinance pour un bras de la Gambie (4); nous n’avons pas non plus une connaissance exacte de Saint- Domingue ni du Giba, qui, dit-on, sort d’un grand lac , autour duquel s'est établie une colonie de Mandingos. Il n'y a pas longtemps, nous ignorions encore que le littoral, entre le 1 1° et le 13° 2o' latitude nord (I), n'est pas un continent cohérent, mais qu'il se compose d un long groupe d ites basseset très-fertiles, les Btjuyai (Bissagos); toutes communiquent entre elles par d'excellentes passes et ont de très-bons ports. La plus septentrionale, le cap Sainl-Hary, forme la pointe méridionale de l’embouchure de la Gambie; file de Boularaa, où

(1) Watt et wtnterbottom, dans Wadstrœm. —Golberry, P. 32V.

(2) Pb. Bearer, African Memorando. Lond., 1805, IV, p. 310.

(3) labarlbe et de U Sanie, p. 112.

(4) Labartbe, p. 120.

(5) Bearcrt, African Uemoranda, p. 218. — bnrand, p. 240 et 1 58.— Cotberry, p. 286 et 3*5.

l'on a établi une colonie , en est l'extrémité méridionale, au Bio-Grande. Le pays situé plus loin, dans l’intérieur, est coupé par un nombre infini de canaux et de bras de fleuves. Tout cet espace est sans contredit l'un des pays les plus fertiles de la terre ; il offre one communication très-facile à l'intérieur. et compenserait largement leslravaox des Européens qui voudraient y établir des colonies.

Golberry cbercheàallirerraltentiondu gouvernement français sur ces riches contrées; les Anglais, qui comprennent mieux que toute autre nation l’avantage de la navigation intérieure {inland navigation) , dirigèrent bientôt leurs regards sur ce beau pays , le seul qui puisse devenir un jour nn Bengale africain pour les Européens. Jusqu'aujourd'hui, il fait encore partie des pays marécageux de la cùte ; le climat y est très-malsain , et tout l'espace qu'il occupe est, suivant l'assertioo de Mungo-Park, beaucoup moins cultivé et moins peuplé que l'intérieur de l'Afrique (l).

3° I*]CL A IB Cl SS EM F. VT.

Histoire des colonies et des découvertes des

Portugais , des Français et des Anglais

sur le Sénégal et la Gambie.

Depuis le siècle des grandes découvertes jusqu'au dernier voyage de Mungo-Park, la plupart des renscignemens que les Européens ont pu obtenir sur l'Afrique centrale et sur les peuplades nègres qui l'habitent, leur sont venus par les grands fleuves de la Sénégatnbie que nous venons de décrire; les Portugais les premiers s'établirent sur ces eûtes inconnues jusqu'alors; après eux , les Français qui s'emparèrent de l'entrée du Sénégal, et enfin les Anglais, qui par la suite ont exercé la plus grande influence sur la Gambie.

Tous trois y ont fondé des établissemens et des colonies dont il est nécessaire de connaître l'histoire et le développement pour se faire unejuste idée de leurs découvertes dans l'intérieur et pour bien comprendre les relations géographiques de leurs voyageurs. Nous joignons ici un aperçu historique des colonies, qui servira à éclaircir toutes les nouvelles expédilionsdesdeux nations rivales , le long du Sénégal et de la Gambie en même temps que les dernières découvertes de Park, Pcddy, Hollien, etc.

Après la ruine de l’empire romain , l'Afrique était tombée dans un oubli complet chez les Européens; leur ignorance à l'égard de cette partie

(t ) Bungo-Fark, Tnt., p. 261 .

AFRIQUE, SYSTÈMES d'eAD : IIe DIYIS10JT, § 20.

du monde dura jusqu'il l’époque où les Portugais, enhardis par les victoires qu’ils remportèrent sur les Arabes dans la péuinsule, poursuivirent les inltdèles au delà de la Méditerranée ; l’heureuse issue de la bataille de Ceuta en 1415, et la découverte des lies Canaries et de l’Ile de Madère en 1420, excitèrent encore davantage l’ambition de l'infant Henri, qui résolut de s'avancer jusqu'au cap Non , appelé jusqu'alors le cap Pion plus ultra.

L’expédition réussit, et l’an 1433 Gilianez, commandant de la flotte portugaise, para ce cap jusqu'alors si redouté; peu de temps après, le cap Bojador fut doublé , et l'on découvrit alors cet immense continent baigné par l’Océan, et qui paraissait s'étendre sans An vers les régions méridionales. Ces découvertes provoquèrent partout le plus grand enthousiasme ; en peu d’années on s'avança jusqu'au tropique du Cancer ; la boussole inventée h cette époque vint encore augmenter le courage des aventuriers portugais; l’espoir de retrouver sur la côte occidentale d’Afrique le fameux royaume du prêtre Jean que l'on avait si longtemps cherché dans l'orient , fit braver tous les dangers. Enfin, vers le milieu du quinzième siècle , le cap Vert fut doublé , et le Sénégal découvert en 1430(1). Le roi Henri IV, sentant toute l’importance de ces expéditions, engagea le pape Eugène IV A lui donner la propriété de tous les pays déjît découverts ou b découvrir, depuis le cap Non jusque dans l'Inde. Mais le peu d’expérience que l’on avait alors dans l’art de la navigation entravait souvent les progrès des navigateurs , et ce ne fut qu’après un demi-siècle , b peu près , que Vasco de Gaina parvint b doubler le cap méridional de l'Afrique. Cependant la découverte de côtes aussi étendues, de tant d'iles et de fleuves aussi considérables, jetait dans l’étonnement et donnait la certitude que de ce côté la limite du monde, telle que l’admettaient les anciens était absolument fausse. Les nations européennes se réveillèrent de leur apathie et se préparèrent de nouvelles découvertes. Les caries de Plolémée, l’unique source que l'on avait regardée comme authentique jusqu’alors , furent déclarées fausses et rejetées; il s'agissait de se procurer par soi-tnème une connaissance

(1) Sprengel.GctcWcbto der Rcographlschcn Kntdcckungen. Huile , 1702, i» 371.— T. Saalfeld, Oschlehte des portugiestichea Colonial wesens. Goeltlngne, 1810, p.4, — B. Murray, tïMorlc. Account of Discovcrtcs and Trav , etc., 1. 1, ch. i, P. 61.

exacte des côtesde cette nouvelle partie du monde et on ne pouvait la conquérir qu’en s’exposaut b des dangers sans nombre.

Le long de la côte du Sahara, les Portugais ne virent qu’une immense étendue de pays sauvages et couverts de sables arides ; le ciel qui couvrait le désert était sombre et nuageux ; ils ne trouvèrent nulle part un endroit pour s’établir. Au sud du cap Bianco, la côte devint plus habitable, la grande lled'Arguin, découverte en 1432, protégeait les aventuriers contre les attaques imprévues, et leur permettait d’essayer des liaisons commerciales avec l'intérieur. Les Portugais continuèrent jusqu’b Arguin leurs expéditions contre les Arabes ou les Maures des côtes ; ils tuaient des veaux marins dans toutes les baies, enlevaient les mahoinétans, leurs ennemis, partout où ils les rencontraient; les premiers de ces infortunés prisonniers furent transportés, en 1440, b Lisbonne. Les enlèvemens se multipliant ainsi, donnèrent bientôt naissance b la traite des noirs chez les Portugais. L’an 1 442, les parens de ces mahométans faits prisonniers vinrent les échanger contre desnègres noirs aux cheveux crépus, et contre de la poudre d’or. Arguin (1) devint le comptoir des négocians avec les tribus nègres du sud qui , de l’intérieur, amenaient aux Portugais des esclaves, de l’or et de l’ivoire. Cette lie fut encore d'une haute importance pour l'exploration du Sénégal.

Bemoy, roi des Joloffes, qui habitaient alors entre le Sénégal et la Gambie , dans une contrée que le voisinage du désert au nord rend, selon de Barros , très-peuplée , ayant été détrôné par les siens, vint demander du secours aux Portugais. Ceux-ci le reçurent b bras ouverts , b Arguin , et l'envoyèrent b la cour de Lisbonne , où il fut accueilli avec beaucoup de distinction. Interrogé sur l’intérieur de l'Afrique, il nomma au roi les pays riches et commerciaux de Toungoubouto et de Guinée (Jenné). Au delb , dit-il, se trouve une nation qui n'est ni raabométane ni idolâtre, et qui ressemble beaucoup aux peuples chrétiens.

Le roi Jean II crut reconnaître dans ce récit du roi nègre le pays du prêtre Jean , que l'on cherchait depuis si longtemps, et s'empressa d'offrir b Bemoy sa protection , b la condition toutefois qu'il recevrait le baptême, ce b quoi le Joloffe consentit. Les prêtres l'instruisirent et le

(l.1 De Barres, AU», Der., 1. 1 , tib. 3, c. «ni, rot. 33 b.

Page 1