SÉNÉGAL. GAMBIE
baptisèrent au moi» de novembre 1480; il fut clevë au grade de grand de Portugal , reçu I des armoiries, prêta le serment de vassal et fut renvoyé dans sa patrie avec une expédition de 20 caravelles , beaucoup de troupes de terre , des armes et des instrumens de toute espèce. Ces troupes devaient fonder le premier établissement des Portugais sur le Sénégal , construire des forteresses, et donner au roi Jean les moyens de pénétrer, à travers le pays de Bemoy, jusqu’au royaume du prêtre jean.
V Armada arriva en effet au Sénégal , mais sans succès pour le but proposé, car le commandant Pero-Vaz, s'étant querellé avec Bemoy, l'avait fait assassiner sur le vaisseau ; la peste dévasta l'armée portugaise, et, de la forteresse nouvellement construite, il ne resta que les murs. La flotte qui avait porté Bemoy stationna dans le Sénégal, où elle excita l’attention des nations nègres voisines. Les rois de Toungoubouto (Tombouctou), de Toucourol , et le roi Mandi- Mansa de Mandingo entrèrent en relations amicales avec l'amiral portugais. Le roi des Fouilla demanda aussi son amitié et son alliance.
Dans leurs trois principaux élablissemens, b Arguiti , sur le Sénégal , et dans la nouvelle colonie del Mina sur ta Côte-d'Or, les Portugais mirent tout en oeuvre pour obtenir des renseignemens sur le prêtre Jean , qui avait été comme l'etoile polaire de leurs découvertes. Ils envoyèrent de fréquentes députations aux rois nègres de l’intérieur de l’Afrique, qui furent partout bien accueillis et s'établirent en grand nombre dans ces terres étrangères; ils y ont sans doute recueilli une grande quantité de documens géographiques qui furent renfermés dans les archives du Portugal, et sont restés jusqu'aujourd’hui inconnus au reste de l’Europe. N’ayant pu trouver, malgré toutes leurs recherches, aucune trace du royaume du prêtre Jean , et la Côte-d'Or leur offrant plus de ressources que leurs autres etablissemens, les Portugais changèrent de système dans leurs découvertes , et , au lieu de pénétrer dans l’intérieur, se dirigèrent au sud vers la Guinée, le Congo , et enfin vers l’Inde ; de sorte que dès lors la Sénégambie fut aussi ouverte aux autres nations. Lorsque les Anglais et les Français s’y établirent dans les siècles suivans, ils trouvèrent, sur le Sénégal et surtout sur la Gambie, une énorme population portugaise, et rencontrèrent même des mots portugais dans la langue du Bambouc, preuve de leur ancienne et vaste domination dans ces contrées.
Les Anglais commencèrent leur commerce sur
le Sénégelet la Gambie sous le règne d'Elisabeth, les Français sous Louis XIV , en créant des sociétés commerciales pour l'extérieur : ces deux monarques avaient reconnuquelemeilleur moyen «le consolider leur puissance était de rendre leurs peuples riches et florissans(l). La sociétédc commerce de Rouen, composée de particuliers, fut changée par le roi Louis XIV en une société de commerce des Indes occidentales ; appuyée par la marine royale, elle commença scs opérations sur le Sénégal, dont elle avait reçu le monopole; sa branche principale de commerce consistait dans l’achat de marchandises africaines , et surtout d’esclaves qu’elle transportait dans les colonies des Indes occidentales. Cependant cette société tomba après neuf ans d’existence; ses privilèges furent achetés par une autre société dont le commerce se bornait uniquement 11 l’Afrique, et qui, comme la précédente, fit bientôt banqueroute. Le même fait se répéta cinq fois, jusqu’il ce qu'enfin la couronne prit les possessions de la compagnie sous sa propre administration et rendit le commerce libre h tous les sujets du royaume. Nonobstant cette longue suite de pertes et de désappointemens , l’espoir renaissait chaque fois que la société se reconstituait; animés de cet esprit entreprenant qui brave tous les dangers, les F rançais pénétrèrent, au dix-huitième siècle, bien avant sur les bords du Sénégal, et ils nous ont donné sur l’intérieur de son domaine plus de lumières que toutes les autres nations européennes. Les directeurs et les chefs de cette compagnie du Sénégal échelonnèrent leurs comptoirs depuis Arguin jusqu’à Sierra-Leona , et c'est aux relations de ces courageux commerçans que la géographie doit ses principaux documens sur la Sénégambie. La collection la plus importante, faite par J.-B. Labat, est tirée des Mémoires de A. Brué qui , nommé deux fois directeur de la compagnie (en 1697 et en 1714,), se distingua comme le plus actif des voyageurs français (2), et mena les affaires delà quatrième société avec autant de talent que de bonheur. Il existe d’autres relations plus anciennes, et d’autres plus récentes (3). Nous invitons à comparer ; le père Alexis de Saml-Lo (1637); Jannequin (1643); V illaut de Belle fond
(1) B. Iitmj, Hltt. Account of Diic-, 1. 1, cù. 2, p. 145.
(2) J.-B. (.abat, nouvelle Relation de l'Afrique occidentale, elc. farls, 1728, 5 roi. ln-\2.
(8) leu tel Cibiloibcca hlatorlca, toi. III, p. 1®0, elc.; et Ejrifcs, dans Molllcn, Voyagea.
og!e
AFRIQIE, SÏSTRHKS «'EAU : II» DIVISION, J 20.
(1609); le pire Gaby (1689) ; Lemaire (1693); Adanson (1757); Dcmanet (1769); Pruneau de Pommegorge (1789); Lamiral et Saugnier 1791).
Le premier rapport (1)de Jannequin , de l’an 1637, contient les détails d'un voyage fait sur le Sénégal jusqu’à l’extrémité de son Delta ou (en d’autres termes) jusqu'à l'escale du désert près des bois de Gomme. Cette contrée portait alors le nom de Terrier-Rouge, nom qui lui vient du sable rouge dont elle est couverte. Les Français y trouvèrent les naturels très-bienveillans et entamèrent avec eux des liaisons amicales; plus loin , dans l'intérieur, le pays n'était connu que par ouï-dire, lorsque A. Brué se chargea, en 1697, de la direction de la compagnie. Ce lélé voyageur, après avoir mis en ordre les affairesdcla compagnie, entreprit plusieurs nouvelles expéditions qu'il organisa au fort Saint- Louis, principale factorerie des Français à l'embouchure du Sénégal.
La première, composée de trois bateaux et de plusieurs petites barques, remonta le Sénégal à la fin de Juillet 1697, immédiatement après la saison des pluies. Les bords rians de ce fleuve, couverts de champs fertiles et d'habitations, les forêts , remplies de perroquets , de singes et de gibier, jetèrent les européens dans l'étonnement.
La flottille passa ensuite à côté de Morfii, c’est-à-dire l’ile de l’Ivoire, où l’on rencontre de grandes troupes d’éléphans; longeant de là Vongcl et l'Ile de Bilbas, elle se dirigea sur Kahaydé et G/iiorel. Arrivé à Gumel, sur la rive droite , Brué fil sa visite au Sisatick ou roi des Fouli (Foulah) qui le reçut avec cordialité, lui serra la main , et lui accorda la permission d’établir dans tout son royaume des forts et des factoreries. Cette faveur extraordinaire avait été acquise pardes présens qui, quoique insignifians par eux mêmes , avaient aux yeux des nègres le prix de la nouveauté.
Deux petites barques, qui avaient remonté le fleuve jusqu'à la ville frontière de Layde ( ou Lady) où elles avaient promptement et avantageusement échangé leurs marchandises , s'en retournaient sur ces entrefaites. Brué profita de l’occasion pour redescendre le fleuve et établit, en chemin, la nouvelle factorerie de GMoret.
(I) Claude Jannequin de Sortir fort , Yoy. de Libye au royaume de Séoeja, elc. Paria, 1043.
La seconde expédition, composée d'une grande chaloupe chargée de marchandises et de plusieurs petits bateaux, eut lieu l’année d'ensuite, en 1698; elle reçut la mission de pénétrer dans le pays de Galam , sur le Sénégal supérieur. Touabo était alors la ville frontière des Foulahs du côté de Galam. Brué y passa, dans le voyage qu'il fit àDramanet, ville importante, de 4,000 habitans, tous mahométans et les meilleurs marchandsqu’il ait rencontrésjusqu’alors en Afrique. Leurcommerce s'étendait jusqu’au Tombouctou, le grand centre mercantile de l’Afrique. Brué pénétra cette fois jusqu'aux cataractes de Félon, et il s’en retourna au port Louis, après avoir fait d'importantes découvertes et rassemblé une quantité de documcns sur l’intérieur de l’Afrique. Le commerce était alors dans un état florissant; les habitans de Galam donnaient une poule grasse pour une seule feuille de papier.
Les anciens Portugais considéraient le Sénégal comme identique avec le Niger qui sort de l'intérieur du pays ; voyant par la suite que les Mandingos donnaient aussi au Sénégal supérieur le nom de Bafing (c'est-à-dire fleuve Noir ou Niger), ils n’eurent plus aucun doute que le Niger d'Hérodote , de Pline et de Ptolémée ne fût un seul et même fleuve; cependant de Barros (1), qui cite expressément cette opinion, s’étonne, que son Canaga (Sénégal) ait si peu d’eau.
Brué , dans son voyage au pays de Galam , recueillit la même opinion des Mandingos, qui lui racontèrent que le Niger coule à l’ouest, à travers le lac M abe'ria (sans doute le Dibbie de Mungo-Park), et que de là il se sépare près de Baracota (?) en deux bras , dont l’un est le Sénégal , l’autre la Gambie. On s'empressa d'accueillir cette erreur; car, en admettant ainsi deux embouchures, on s’expliquait facilement (à l'instar de l'ancien système de-Ptolémée sur les sources du Nil) la diminution frappante des eaux du Niger, si considérables au-dessus de celte prétendue division en deux bras. Cependant de Barros (2) avait déjà auparavant recueilli des renseignemens plus importans et plus vrais sur la Gambie ; ce voyageur rapporte que la Gambie est bien plus profonde que le Sénégal , qu’elle roule des masses d’eau plus considérables et qu’elle a ses propres sources dans le pays des Mandingos. Brué aussi recueillit par la suite des
(1) De Barrot, alla Dec., I, lib. 3, c. fin, toi. 33, M. Litboa, 1552.
(2) Ibid.
sfcvÉCAl. GAMBIE.
renseignemens tout & fait contradictoires aux informations qu'il avait retues des Mandingos de Galam. Il apprit que le Niger coule il l’est et qu'il passe près de la ville de Tombouctou. C'est lb la première rectification de l'ancienne et fausse opinion sur le cours occidental du Niger, opinion qu'a encore conservée Labat, auteur de la Collection des Mémoires de Brué, et avec lui un grand nombre de géographes modernes. Les célèbres géographes français Delisle et d’ Anville employèrent tout leur talent et tout leur zèle h comparer les sources et les raisons des deux opinions opposées , et reconnurent qu'en effet le Niger et le Sénégal sont deux fleuves absolument dilférens. Cette opinion se trouve exprimée pour la première fois sur la Mappemonde de Delis/e , de l'année 1714 , où le Niger et le Sénégal, sortant de deux lacs voisins, sont représentés coulant , l'un h l'ouest , l'autre h l'est vers la Nigritie , ainsi que l'a indiqué Edrisi.
I)'Anville(l), dans son Mémoire de 1733, a exposé le même système. Cet auteur sépare comme ses prédécesseurs le Sénégal du Niger, qu'il fait couler vers Wangara , dans le lac Righebil, h l’est, mais il commet encore l'erreur d'unir au Sénégal le cours supérieur du Niger, tant que ce fleuve traverse le Bambarra ; son opinion est ici d'autant plus erronée que lui-mème place le partage d'eau des deux fleuves près du lac Mabéria (Dibbie, suivant Park). Cette prolongation du Sénégal aux dépens du Niger a été reconnue fausse depuis le voyage de Mungo-Park , qui a clairement expliqué les rapports des trois fleuves , le Niger, le Sénégal et la Gambie.
Les Français furent longtemps sans vouloir reconnaître ce raccourcissement du Sénégal, qui paraissait nuire h la splendeur de leurs établissemens sur ce fleuve ; Adanson (1756), Demanet (1767), Lalande (1794) suivirent encore les anciennes hypothèses de l'identité du Niger et du Sénégal; et, même après le voyage de Mungo- Park , Golberry ne voulut pas y renoncer. Labarlhc , suivant La Jaille, cite (en 1802) le Saper comme le lac générateur commun h la Gambie et au Sénégal. Le dernier voyage de Mollien , qui a la tendance de rapprocher les sources de tous ces fleuves (voyez page 198), semble confirmer cette ramification du Sénégal et de la Gambie ; cependant , comme l'a déjà observé Eyriès, les raisons qu'il cite pour appuyer cette
(1 ) u'Anvllle, Mémoire jur S'IalCricur de l'Afrique, dois l'Acad. dei luscrlpi., t. XXVI.
prétendue communication , paraissent encore insuffisantes. En tous cas , c'était plutôt des Français que des Anglais qu'on devait attendre de nouvelles découvertes dansces contrées, puisque seuls ils avaient connaissance des pays de l'intérieur. Outre les deux expéditions du Sénégal, en 1697 et 1698, Brué fit encore plusieurs voyages jusqu'il fioulama sur le Rio-Grande; il donua un nouvel essor au commerce de gomme qui se faisait avec les princes maures , à l’escale du désert près de Podhor, et chercha à fonder un établissement h Gatam, au-dessous des cataractes de Félou. Les bruits qui avaient été répandus sur la grande quantité d'or que contenait le pays de Bambouc attirèrent surtout les Français vers cette contrée; mais les Mandingos qui étaient déjà en possession du commerce de l'or , cherchèrent à les en repousser. Brué crut nécessaire d’établir une factorerie dans le Galam, et proposa, à cette lin, la ville de Dramanet; en 1702, on y construisit le fort Saint-Joseph , qui fut destiné à servir de station pour explorer le Bambouc. Compagnon fut le premier qui, en 1714, pénétra dans ce pays inconnu et dangereux; ses relations sur l’abondance prodigieuse de l'or sont peut-être trop exagérées. Brué proposa au gouvernement français de faire construire des forts et d’envoyer sur le Sénégal un corps de 1,200 hommes, qu’il croyait sufKsans pour faire la conquête de ce pays riche et couvert d’or; mais scs propositions ne furent pas écoutées,' et le fort de Dramanet resta, comme auparavant, le dernier établissemcntdesFraoçais sur ce fleuve. On ne peut douter qu’en y consacrant plus de zèle, on aurait pu en faire une colonie importentc et des plus avantageuses. Les expéditions suivantes n’ont fait que compléter ce que nous savions déjà, mais elles n'ont en rien augmenté nos connaissances géographiques de cette partie du monde. <
Les Mémoires des directeurs suivans , surtout ceux de l'infatigable David (1744) ont été recueillis et publiés par Golberry (1). Adanson (1749-50) ne visita comme naturaliste, que le Sénégal inférieur; Saugnier (1783), qui avait rassemblé de très-grandes richesses dans le Galam, fit naufrage en route, avec tousses trésors; ce voyageur trace un itinéraire pour pénétrer du Sénégal au Tombouctou et de là à Mosambique ou en Abyssinie. La Jaille visita, en 1784, les
(I) Golberry, Fragment d'un Voyage eu Afrique, 2 vol, lo-8'. Pari», 1803.
côtes de la Sénégambie; ses observations ont été publiées en 1808 par Labartbe, au moment où Golberry faisait scs publications ; à ces derniers succéda Durand (en 1807), qui a recueilli toutes les nouvelles découvertes dans son atlas de la Sénégambie.
Après un long intervalle, M. de Fleurieau, gouverneur français au Sénégal , provoqua une nouvelle expédition , celle de Mollien , dont le but principal était de découvrir les sources du Sénégal et de la Gambie, de trouver un canal de communication entre cesdcux fleuves l?), et enfin d'indiquer la distance qui sépare les sources du Sénégal et celles du Niger.
Les expéditions des Anglais (1) sur la Gambie sont d'une date plus ancienne que celles des Français; peu à peu ce fleuve est devenu, pour eux, comme une seconde patrie, et c’est de ses bords que sont parties toutes les nouvelles découvertes de quelque importance; sur le Sénégal, au contraire, l’influence des Anglais n'a jamais été remarquable. Rich.Rainold etThnm-Dassel(2) entreprirent, en 1391 , une expédition commerciale au Sénégal et b la Gambie ; ils ne trouvèrent que peu de Portugais au Sénégal; les bords de la Gambie au contraire étaient partout habités par (les colons portugais qui , jaloux des nouveaux-venus, menaçaient d'assassiner les Anglais.
Vers la fin du dix-septième siècle, une compagnie de marchands , espérant pénétrer par le Tombouctou dans le pays de l'or, envoya , sous les ordres de George Thompson, une cargaison d’une valeur de 1,837 liv. sterl. sur la Gambie; le vaisseau arriva heureusement dans le fleuve et jeta l'ancre près de Cassan , au-dessous de Pisania. Après s'y être arrêté quelque temps, le capitaine partit arec ses marchandises h Tenda , ville située également sur le fleuve; sur ces entrefaites, les Portugais, jaloux des Anglais, assassinèrent l'équipage que le capitaine avait laissés Cassau et brûlèrent son vaisseau. Thompson ne se laissa pas décourager, et demanda du secours h son gouvernement; mais, par malheur, il avait déjà été assassiné lorsque le capitaine Rich. Jobson arriva avec trois vaisseaux pour le secourir (1680). Jobson partit cependant de la factorerie anglaise de Saint-James située h l’embouchure de la Gambie, et, remontant le
(1) H. siurray, Blitorlc. Account of Dtscov., etc. EJiiit)., 1817, t. !,c. 3, p. 210 239.
(2) Voy. Bickiuyt, 111,2. XJ. tond., 18t0.
fleuve, il se dirigea sur Cassan, qu'il trouva abandonné des habitans. De Cassan il fit voile vers Jeraconda et Oranlo, où Thompson avait établi une factorerie, et où leselest la principale monnaie. Au mois de janvier 1681 , il s’avança jusqu’à Ilarraconda , où sont les cataractes , et se hasarda même encore 18 journées de marche plus loin, jusqu'à Tenda (Koba-Tenda, suivant Mungo Park),oùlechcf du pays, Buckar Sano , l'autorisa à faire toute espèce de commerce. Les Anglais furent très-bien accueillis dans cette ville; ils la trouvèrent habitée par des Mantlingos, des Foulahs, des mulâtres, et des Portugais; ils trafiquaient par signes avec les habitans, échangeant du sel peur de l'or, comme Cadamoslo et d’autres (1) dans plusieurs endroits de l'Amérique.
Cette importante expédition fut suivie de plusieurs autres voyages sur la Gambie , au nombre desquels nous comptons les voyages de B. Stibbs, en 1783; de llarrison , en 1738; de Moore , en 1738, et d'autres; aucun de ces voyageurs n'a dépassé les cataractes de Barraconda ; cependant ils nous ont communiqué plusieurs renseignemens important sur les etablissement anglais, dont le dernier, celui de Fatatrnda fut fondé par Moore. Moore est celui de tous les directeurs de la compagnie africaine qui a travaillé avec le plus de zèle à l’accroissement des cannaissances géographiques de ce pays; nous lui devons surtout les premiers détails exacts sur le prix des marchandises que les Anglais échangent sur la Gambie (8) contre de l'or, de l’ivoire et des esclaves. Mais c’est avec l'année 1788 qu'a commencé , pour l'exploratiou de ces contrées occidentales, une époque toute nouvelle dont nousavonsdéjà expose les principaux résultats dans la relation des voyages de Mungol'ark. C’est alors que se constitua en Angleterre la société africaine ( african association) , composée des personnages les plus distingués et les plus riches de la Grande-Bretagne; elle n’avait en vue aucunes spéculations de commerce, aucuns intérêts mercantiles ; son seul but était d’arriver à la connaissance de cette partie du monde et d'arracher ainsi au mépris et au malheur ses infortunés habitans : d'ailleurs il était honteux pour l'Europe civilisée de rester dans une ignorance si complète et si profonde sur une
(1) Kotegartcn , de Xubammcdc Kbn. Batuta , Aral*) Tinfllano, de. Icn«, 1818, ln-4% p. 24.
(2) K. Murray, HUtor. Àcc., vol. 1, p. 253.