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COURS DU JUGER. TIHBOUCTOU

courbaient trois fois la tète vers la terre ; ils se dirigeaient ensuite vers la porte de l'édifice, où était, comme dans la Kaaba de la Mecque , une pierre brune , de deux pieds de haut, que tous les pèlerins baisaient dévotement. On remarquait encore dans la contrée les ruines de trois ou quatre grands édifices, construits en pierres rouges et avec de l'argile au lieu de mortier; elles couvraient un vaste emplacement. Scott, qui refusait de se faire musulman , fut jeté en prison. Les habitons d’e/ Uezsch avaient beaucoup d'esclaves nègres; ils vivaient dans des huttes, portaient des chemises bleues et des sandales jaunes et se nourrissaient de dattes , de blé et de pilau.

Les pèlerins s’en retournèrent dans leur pays, après un séjour d'un mois à et Uezsch, qui est ici comme la Mecque du Soudan mahométan ; Scott (1 ) traversa le lac sur le même bateau qui l'avait amené à cl Uezsch , et revint b travers les mêmes forêts, dans le Sahara. Les colons Scbelloub ne savaient rien du cours du Grand-Fleuve, attendu qu'ils étaient eux- mêmes étrangers dans cette contrée. Les Moullahs et les Marabouts qui, selon Scott, venaient du sud , sont sans doute les mêmes qui, b Coumassie, semblaient parfaitement connaître toutes ces contrées du Soudan.

£1 Uezsch , jusqu’à présent le seul lieu de pèlerinage que nous connaissions sur la rive méridionale du Niger , remonte , à ce qu’il parait , b une origine très-ancienne. Ebn Batula dit que les habitans de Sagha , lieu d'ailleurs inconnu, qu'il place au delà de Kabra, sont depuis longtemps mabométans et qu'ils tiennent fortement à leur foi ( Moslims of ohl and strong in l/ier faith ) (8) ; ce Sagha ne serait-il pas le même lieu de pèlerinage qu'el Uezsch et le même que les Marabouts appelaient b Coumassie Sanina, et qu'ils disaient situé b l’entrée du lac de Dibbie?

Le lac d'eau douce, dont il est ici question , baigne b l'est Jinbala et b l’ouest Jinnie, ville célèbre par l’habileté de ses orfèvres (3) ; c'est de là, sans doute, que vient le nom arabe de ce lac, qu’il faudrait écrire : cl Bahar-Tibber , c’est-b-dire lac de la poudre d 'or, ou el Bahar Dehebbie (contr. Dibbie) (4), c’est-à-dire eau pleine d'or. Les ornements d’or (trinkels) (S)

(1) SI. Scott, p. 226.

(Z) Burckbordl, Travets, p. 63.

Ç3) col. riu-curcnco Jours, of a Soute, etc., p. 496, où le trouvent dt» dcaalns de cea orfèvrerie*.

(4) Jacluou'a, Sec. of Tloib., p. 474.

(8) Ibid., of Sarotco, p. 298.

des orfèvres de Jinnie forment une branche très-importante du commerce qui se fait dans le port de Uarbeita, sur la mer Rouge, par la route de la Mecque qui passe b Sennaar et Jidda; ou en exporte encore d'autres marchandises , ressemblant beaucoup aux étoffes de filigrane, que l’on fabrique daus l'archipel des Indes-Orientales.

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