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NAVIGATION INTÉRIEURE. CHEMINS DE FER

bouché, le Gange arrose Patna et Benarès (300,000 h.), la villé sainte des Hindous et l’entrepôt du commerte, entre le Bengale, le Thibet et l’ouest de l'Hindoustan; il reçoit à gauche le Brahmapoutre et la Gograh; à droite, la Djemma, qui arrose Alah-Abad, Agrah (80,000 h.), Delhi, l'antique capitale des Mogols et l’entrépôt'du commerce avec le Caboul, la Perse et le Cachemire: Le Gange est couvert de barques indigènes; ‘de remorqueurs, de bateaux à vapeur, montés par près de 300,000 mariniers.

La navigation de l’Indus est moins active : les chaleurs le dessèchent souvent; son cours sinueux, le manque de profondeur sont des obstacles sérieux sinon invincibles; cependant un service de vapeurs existe entre Æayderabad, le principal port du Bas-Indus, le rendez-vous des caravanes de l'Afghanistan, et Woultan, près d’un affluent de l’Indus, le premier marché du Pendjaub, et l’un des plus riches de l’Inde pour les soies et les fourrures de la Perse et de la Boukharie, les laines du Thibet, les châles de Cachemire, qui s'échangent contre les produits européens ou indigènes.

Le travail de canalisation le plus considérable est le canal latéral du Gange, long de 1,432 kil., destiné à l’irrigation et à la navigation, et qui finit à Caunpour, à 900 kil. de Calcutta. La canalisation de l’Indus et de ses principaux affluents dans le Pendjaub se poursuit activement.

Du reste, le mouvement de la navigation intérieure commence à se ralentir devant la concurrence des chemins de fer, qui rayonnent déjà sur tous les points de l'Inde anglaise.

Chemins de fer. -— Si l’on considère Calcutta comme centre du réseau, les lignes principales sont :

4° Celle de Calcutta à Delhi et à Umiritsir par la vallée du Gange et de la Djemma (Z'ast-India Railway): à Umritsir convergent trois des grandes voies commerciales de l'Hindoustan, les routes de caravanes du Cachemire et du Thibet par les défilés de l'Himalaya ; celles de la Perse et de Caboul par Attok sur l’Indus et Peichawer ; et les

chemins de fer du Pendjaub qui descendent jusqu’à Moultan par Lahore, un des entrepôts du commerce de l'Inde avec l'Asie centrale, et qui doivent rejoindre plus tard, par la vallée de l’Indus, les chemins de fer du Scinde, dont le débouché est le port de Kurrachee,

9° Celle de Calcutta à Bombay et de Bombay à Madras (great peninsulary reilway), par Sambalpour, Nagpour, Selgaon et Kalyan, point de jonction d'un triple embranchement, l’un qui se dirige vers Bombay, le second qui descend vers Madras par Pounah et les plateaux du Dékan, le troisième qui remonte vers le nord par Surate, Baroda, Ahmedabad, et doit rejoindre les lignes du Scinde.

3° Celle de Calcutta à Madras par le littoral du golfe du Bengale.

Routes de terre. — En dehors du parcours des chemins de fer, les communications sont encore lentes et difficiles, les routes mal tracées et mal entretenues, surtout dans les présidences de Bombay et de Madras, où le chameau, l'éléphant et les lourds chariots altelés de bœufs sont presque les senls moyens de transport. Si les frontières de l'Inde occidentale et orientale sont ouvertes au commerce, les routes de la Chine et du Thibet par les vallées de l'Himalaya sont encore fermées par les belliqueux montagnards du Boutan ; mais les progrès constants de la domination anglaise, le rapide achèvement des voies ferrées, auront opéré, dans quelques années, au double point de vue stratégique et commercial une révolution complète dans le système des communications intérieures et des relations avec les peuples voisins. |

Valeur des échanges. — Depuis 1840, le commerce des Indes s’accroit en moyenne de cent pour cent dans une période de six ans. 11 était en 4855 de 850 millions, dont 500 à l’exportation : il dépassait, en 1864, trois milliards, grâce à l'immense extension de la culture du coton.

Les pays qui y prennent la part la plus active sont la

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COMMERCE. 315 Grande-Bretagne, — 2

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Viennent e

en Europe ; La Perse, le ;

Le Cap et les iles de l'océan Indien en Afrique ;

8 néerlandaises en Océanie.

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de 45 millions Pour la France.

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nt la Chi grand débouché, s'élevait à 250 millions. ina ont.Le

L'indigo figurait au Lroisième lang pour 50 à 60 Millions; € sucre, le café, les épices, à destination de l'Europe, les l Europe et l'Asie, les soces brutes, les

es échanges une somme de

HU la valeur de Chaque article élait inférieure à 80 Millions, Enfin les châles, les soteries,

les toiles d'emballage, exportés pour l’Europe ; les tissus l'acier, destinés à la Perse, à l'Afghanistan, à l'Arabie, à l'ndo-Ghine, à l'Océanie, à l'Afrique, 0 150 millions, mais ce chiffre tend à q , Importation. — Quant à l’importa

n, lainages, merceuivre laminé, bière,

liqueurs. Les vins, les eaux-de-vie, les tissus, les soieries de France (48,600,000 fr, en 1863), la glace des États- Unis, les laines du Thibet, les soies écrues de la Chine, de la Perse et de Boukhara, l’ivoire, le poivre, le café, les perles des pays de la mer Rouge et du golfe Persique, les épices, les bois précieux, l’étain des Indes néerlandaises, n’atteignent pas ensemble au quart de l'importation britannique.

Aussi l’Europe et les États-Unis d'Amérique sont-ils forcés d’établir la balance des échanges par des envois de numéraire et de lingots. Chaque année, plus de 400 millions en argent, la seule monnaie qui ait cours forcé, vont s’engloutir dans les caisses publiques, dans les coffres des banquiers ou ‘entre les mains des indigènes qui en transforment une partie en ornements : on n'évalue pas à moins de dix milliards la valeur de l’argent en circulation dans les Indes. Grâce aux relations avec l’Asie centrale, le golf: Persique, le Thibet, l’Indo-Chine et les Indes néerlandaises, le transit est considérable dans les Indes : le commerce de la seule ville de Singapour qui n’est qu'un vaste entrepôt est évalué à plus de 325 millions. j

Caractère des populations. État social. — Malgré leur climat énervant, leur longue habitude de l’esclavage, leur division en castes qui a survécu à toutes les conquêtes, malgré leur civilisation immobile, et leurs préjugés sociaux et religieux, les Hindous ne sont pas dépourvus de qualités qui pourraient en se développant les élever à une civilisation supérieure : ouvriers patients et adroits, cultivateurs sobres et endurcis aux faligues du climat, ils savent, quand il le faut, secouer leur indolence naturelle : les négociants hindous, dits banians, disputent aux Arabes le commerce de l’Afrique orientale, et l’on compte des noms indigènes parmi les prémières maisons de Calcutta, de Madras et de Bombay. Cependant il semble que ce peuple soit prédestiné à voir toujours ses richesses exploitées par des races étrangères; au moyen âge les Arabes, au xvi° et au xvnie siècle, les Portugais et

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les Hollandais, aujourd’hui les Anglais qui voient dans les Indes non pas une colonie agricole, une seconde patrie comme l’Australic ou le Canada, mais un immense comptoir de commerce où deux à trois cent mille Européens exploitent le travail de 190 millions de sujets.

La Compagnie des Indes qui avait su conquérir, mais non pas administrer, et qui avait perdu depuis 1833 son monopole commercial, a disparu en 1858 après l’insurrection des troupes indigènes, et un bill du parlement a transféré à la Couronne le gouvernement direct des Indes.

Le cabinet Britannique semble devoir comprendre mieux que la Compagnie ses devoirs et ses intérêts.

Depuis 1860, la justice a été réorganisée, les indigènes appelés aux emplois publics, les coutumes barbares, telles que les sacrifices humains, sérieusement combattues, les écoles multipliées : l'extension de la culture du coton le développement des chemins de fer, l'amélioration des routes sont des progrès matériels qui ne peuvent manquer d'entrainer un progrès moral,

Du reste les indigènes ont conservé leurs lois, leur administration, leur religion, leurs propriétés , leurs souverains mêmes, dans les possessions médiates..

L avenir de la domination anglaise paraît aujourd’hui assuré, et sa chute aurait été une calamité pour les Hindous eux-mêmes, peuple d’enfants qui n’arriveront que par l éducation européenne, à pouvoir se passer de tuteurs et à mériter l'indépendance, dont ils ont prouvé qu'ils ne savaient pas user,

Les compagnies de chemins de fer, de navigation, de canaux, d'assurances maritimes, les associations agricoles et industrielles se développent aux Indes comme dans toutes les possessions britanniques.

:hes établissements financiers les plus importants sont 4° à Calcutta la banque du Bengale fondée en 1839, la banque d'Agrah, fondée en 1833, et qui a des succursales à Madras, Bombay, Lahore, Agrah, et Hong-Kong, la banque du Nord-ouest fondée en 1844 et la banque orientale dont les opérations s'étendent à l’Australie et à Ceylan; —

2 à Bombay, la banque de Bombay, et la banque des Indes orientales; — 3° à Madras la banque de Madras; à Singapour la banque de commerce de l'Inde et de la Chine, sans compter un grand nombre d'établissements particuliers. Le Comptoir français d’escompte a des succursales à Calcutta, Bombay, Madras, Pondichéry et Singapour.

Régime douanier. — Les revenus de l'Inde reposent sur l'impôt foncier, sur le monopole de la vente du sel et de l’opium, et sur les douanes. Les droits d’entrée sont de 3 1/2 à 5°/, de la valeur pour les produits anglais, de 40 °/, pour les produits étrangers, sauf le charbon, la pierre, la glace, les animaux vivants, qui sont exempts. Tous les produits de l'Inde, sauf le coton, le sucre, le rhum et les pierres précieuses, paient un droit de sortie de 3 °/, de la valeur. ,

Les chambres et les tribunaux de commerce, qui existent dans les principales places, la présence des consuls européens et la protection du gouvernement anglais garantissent aux négociants la plus complète sécurité et les informations les plus exactes.

Poids, Mesures et Monnaies. — Les poids et mesures varient avec les provinces. Les plus usités sont :

Pour les mesures itinéraires, le cos — 1 kil, 829.

Pour les poids, le maund de factorerie — 33 kilogrammes, 86217.

Pour les mesures de capacité, les mesures anglaises.

Les principales monnaies de compte sont la roupte de la Compagnie des Indes — 2 fr. 50, et l’anna — 0,15 (Annales du Commerce extérieur).

La monnaie d’argent a seule cours forcé.

Les principales monnaies réelles sont la roupie d'or — 36 fr. 8414, la roupie d'argent — 2 fr. 50, avec ses divisions en 1/2 et en 1/4 de roupie.

Les cauris des Maldives servent de menue monnaie, et n’ont qu’une valeur conventionnelle.

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