CAMBODGE. SIAM. —— EMPIRE D'ANNAM
La position de la Basse-Cochinchine assure à la France une influence prédominante sur les trois États limitrophes: le royaume de Cambodge, celui de Siam et l'empire d’Annam.
Le reyaume de Cambodge, situé au nord-ouest de la colonie française, et qui n’a qu’un seul débouché maritime, le port de Æampüt, mais qui possède une partie du cours du Meï-Kong, s'est placé depuis 1864 sous le protectorat français. La France a fondé un établissement aux Quatre-Bras (Nam-Van), à la naissance du delta du Mei- Kong, et son pavillon flotte sur les murs d’Oudong, la résidence du souverain. La culture du riz, celle du coton, du tabac, d'immenses forêts, et surtout le trafic avec le Laos, situé sur le haut Meï-Kong, entre la Chine, la Birmanie et l’empire d'Annam, province riche en métaux, en cotons, en riz, en gommes, en bois, en soies, offrent au commerce français, dans le Cambodge, des
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INDO-CHINE. 321 ressources considérables, qui grandiraient encore avec la civilisation.
Le royaume de Siam, qui s'étend sur un espace d’environ 680,000 kil. c., entre la Birmanie et l’Indo-Chine anglaise à l’ouest, la Chine au nord, l’empire d’Annam et le Cambodge à l’est, et le golfe de Siam au sud, renferme une population de 6 à 7 millions d'habitants.
Le principal débouché de son commerce est sa capitale, Bangkok, sur le fleuve Meïnam, à 32 kil. de la mer, ville qui compte à peine un siècle d'existence , et où se pressent déjà un demi-million d’habitants.
Sans compter le commerce de Siam par voie de terre, et les marchandises apportées par les jonques chinoises ou siamoises et les barques de Java, les seules importations de Bangkok, en marchandises européennes ou produits des Indes anglaises et néerlandaises, s'élèvent à plus de 44 millions, dont 41 millions provenant de Singapour et Batavia, et les exportations en sucre, riz, poivre, coton, gommes, bois précieux, étain, ivoire, peaux, etc., dépassent 17 millions (1862). Les antiques relations entre la France et le royaume de Siam ont été resserrées par l’occupation de la Basse-Cochinchine, et un traité récent stipule la liberté de la navigation, la réduction à 3 °/, des droits sur toutes les marchandises françaises, et l’établissement d’un consulat à Bangkok. Les soieries, les cotonnades, les draps, les vins, les armes françaises pourraient facilement rivaliser avec les produits de l'Angleterre.
L'Empire d’Annam, borné au nord par la Chine, à l’est par le golfe de Ton-Kin et la mer de Chine, au sud par le Cambodge et la Cochinchine française, à l’ouest par le royaume de Siam, possède une superficie d'environ 400,000 kil., habitée par 17 ou 18 millions d’Annamites, de Laotiens, de Chinois, indolents, misérables, soumis à un despotisme énervant; mais plus intelligents, plus braves, plus hospitaliers et plus aptes au commerce que la plupart des peuples qui les entourent.
Possédant d’admirables voies fluviales, une soixantaine de ports : Lac, dans le Ton-Kin, Zai-fo, dans la Cochin. 14,
chine centrale, Zourane, à 80 kil, de la capitale Houé, etc.; des pêcheries inépuisables, de vastes rizières, des plantations de coton, de maïs, de canne à sucre, de tabac, de müûriers, d'indigo, de sésame; d'immenses forêts où croissent le sandal, le bois d’aigle, le bois de fer, l’ébène, le cèdre, le bambou, le chêne ; des mines de fer, de cuivre, de plomb, d’étain, de zinc et de houille; de riches salines, etc.; l'empire d'Annam entretient un commerce actif avec Singapour, Batavia, Canton et Bangkok ; mais Saïgon est destiné à devenir le principal entrepôt de ses échanges, et les draps, les armes, les objets de luxe, les vins de France y trouveraient un débouché assuré.
Le traité signé avec la France en 1862, et qui lui cède les trois provinces de la Basse-Cochinchine, stipule également des avantages commerciaux considérables et l’ouverture de trois ports dans le Ton-Kin. L'intérêt même de l’empereur, qui concentre dans ses mains presque tout le commerce du pays, et qui revend à l'étranger le produit des impôts perçus en nature, l’engagera sans doute à observer ses conventions, et à accorder des garanties sérieuses aux négociants français.
Les poids et mesures les plus usités dans les royaumes de Siam, de Cambodge et d’Annam sont :
4° Unité de poids, le cân — 624 gr. 80.
2% Mesure de capacité, le kawan — 1/2 litre.
3° Monnaies. — Les monnaies sont très-nombreuses et d’une valeur variable. La plupart ne sont que des lingots d’or ou d'argent.
Les petits payements se font généralement en sapèques de zinc, dont 60 forment un tien; 10 tien font une ligature =1Afr,
La piastre mexicaine est reçue pour à ligatures et monte jusqu'à 6.
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