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EMPIRE CHINOIS

Bornes. Population. Superficie. — L'empire chinois est situé entre 18° et 53° lat. nord, 70° et 139° 30’ long. est. Il est borné au nord par la Sibérie, à l’ouest

.par le Turkestan, dont le séparent les monts Alack et

Bolour; au sud par l’Hindoustan, dont le sépare l’Himalaya, par la Birmanie, le Laos et l'empire d’Annam; à l’est par la mer de Chine, la mer Orientale, la mer Jaune et la mer du Japon. Sa superficie est de 12 millions de kil. c. ; sa plus grande largeur, des monts Sayansk au golfe de Ton-Kin, est de 3,400 kil. ; sa plus grande longueur, de l'embouchure de l'Amour aux monts Bolour, de 5,400 kil.

L'ile Haïnam, l'île Formose et l'archipel de Lieou- Khieou lui appartiennent.

On évalue la population à plus de 540 millions d’habitants. La capitale est Pékin (2,000,000 h.).

Les principales divisions de cet immense empire sont, au nord, la Mandchourie et la Mongolie, qui par leurs relations commerciales se rattachent plutôt à la grande route de terre de la Sibérie qu'aux voies maritimes; à l’ouest, la petite Boukharie et la Dzoungarie, qui ont pour débouchés les routes du Turkhestan et de la Sibérie méridionale, venant aboutir à Orenbourg ou à la Caspienne; au sud, le Thibet et le Boutun, dont le débouché naturel est l’'Hindoustan ; enfin, à l’est, la Corée et la C'hine proprement dite, avec ses 520 millions d’habitants et ses 18 provinces, qui présentent sur l'océan Pacifique un développement de 41,000 kil. de côtes.

Climat. Productions. — L'empire chinois, avec son immense étendue, possède tous les climats, tous les terrains, toutes les cultures.

L'agriculture est plus qu’un art, c’est un culte; et la Chine pourrait servir d'exemple à l’Europe, sinon pour la perfection de ses instruments, au moins pour son système : d'irrigations et de drainage, pour l’expérience de ses cul-

tivateurs et le sens pratique avec lequel ils savent approprier les cultures aux terrains et au climat,

Au midi et au centre, dans les plaines ondulées qu’arrosent le Tigre, le fleuve Bleu, le fleuve Jaune, et d’innombrables canaux, l’extrème division de la propriété, en multipliant les intérêts, a décuplé la fertilité du sol : sur les bords de la mer et des rivières, des riziéres qui fournissent à la population indigène son principal aliment; sur le penchant des collines et sur les plateaux, des champs de blé, de maïs, de millet, de tabac, de sorgho; sur les hauteurs, des foréts où croissent, à côté des essences d'Europe, les bois précieux de. l'Orient. Les cotons de Shang-Haï et de Nankin surpassent ceux de l'Inde; le cannellier, le camphrier, le bambou, l’arbre à suif, l’indigotier sont cultivés jusqu’à l’extrème limite où la rigueur des hivers arrête leur croissance (42 degrés de latitude). Tous les fruits de l’Europe et de l’Asie, la vigne même, bien que les Chinois ne fassent point de vin, prospèrent en Chine ; les légumes, la pomme de terre entrent pour une large part dans l’alimentation ; la canne à sucre abonde dans les provinces méridionales ; toutes les variétés de plantes oléagineuses, depuis les arachides jusqu’au colza, les plantes tinctoriales, les plantes textiles, le lin, le chanvre, le china-grass, ce futur rival du coton ; les plantes médicinales, rhubarbe, aloës, ricin; les épices, les arbres à gomme couvrent toute la région du centre et du midi; mais les deux grandes richesses agricoles de la Chine sont l’arbre à thé et le mürier.

L'arbre à thé réussit surtout entre le 23° et le 25° degré de lat. nord, Les provinces de Fo-Kien et de Canton pour les thés noirs, celles de Kiang-Si, Tche-Kiang et Kiang- Nan pour les thés verts, sont celles qui fournissent, le plus à l'exportation, qui s'élève dans les années moyennes à 75 millions de kilogrammes. La culture du mérier et l'éducation des vers à soe remontent, dit-on, à plus de deux mille ans avant Jésus-Christ : chaque ferme, chaque cabane a sa magnanerie, et l’on évaluait en 1860 la production totale à près de 500 millions de francs.

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La Chine proprement dite nourrit un grand nombre de porcs et de volailles, mais fort peu de bétail : c’est dans les steppes de la Mongolie e* de la Mandchourie, dans les montagnes du Thibet, uans les vallées de la petite Boukharie que paissent, sous la conduite des Khalkas nomades et des pâtres du Khou-Khou-Noor, les innombrables troupeaux de chevaux, de bœufs, de moutons, de chèvres qui font la richesse de ces contrées à demi sauvages, où l'agriculture n’occupe qu’un petit nombre de bras. La pèche côtière et la pêche fluviale, favorisées par un remarquable système de pisciculture, sont également une des richesses de la Chine orientale et des îles voisines.

Le produit des mines n’est pas moins important que celui du sol, La houillie se trouve à Formose, dans la région de Sy-Tchuen (bassin du fleuve Bleu), dans les environs de Pékin : les mines de fer, de cuivre, d’or, d'argent, d’étain, de zinc, de plomb abondent dans les chaines de montagnes qui couvrent tout le centre de l’Empire-depuis la province de Yun-Nan sur les limites de l’Indo- Chine, jusqu'aux monts Altaï et Ala-Tau, sur les confins de la Sibérie : le cinabre, l’alun, le salpètre, se trouvent dans toute la Chine méridionale; le sel gemme est exploité dans le Yun-Nan, le sel marin dans le Fo-Kien, enfin les marbres, la pierre, le kaolin, les huiles minérales se rencontrent dans toutes les parties de l’Empire.

Production industrielle. — L'industrie chinoise a devancé de bien des siècles l’industrie européenne: toutes les grandes inventions, la boussole, la poudre, l'imprimerie, le papier, les puits artésiens, étaient connues en Chine avant d'avoir été retrouvées en Europe : mais la Chine enfermée dans ses traditions et dans ses préjugés, étrangère aux progrès de nos sciences européennes, est restée stationnaire, tandis que l'Occident perfectionnaitchaque jour son outillage et ses procédés. Les draps, les cotonnades indigènes ne sauraient plus lutter avec la concurrence étrangère : les fameux nankins eux-mêmes sont imités et sur- . passés en Angleterre. Toutefois la Chine a gardé dans certaines industries spéciales une supériorité qui fait

honneur à l’habileté de ses ouvriers et au génie de ses inventeurs. Les porcelaines et les poteries de Canton, de Ning-Po, etc., les papeteries de Fou-Tcheou et d'Emoui, les soteries de Hang-Tcheou, de Shang-Haï et surtout de Sou-Tcheou-Fou, à 45 kilom. de Shang-Haï, la première ville manufacturière et la plus peuplée de l’Empire (3 millions d'habitants) ; les broderies, les crèpes, la passementerie, que fabriquent presque tous les grands centres de population; les tapis d'Hang-Techeou, de Pékin, et de Ning-Po, les teintures si variées et si éclatantes, les /aques, les émaur, la tabletterie, les meubles de Pékin, de Canton, de Sou-Tcheou-Fou, de Nankin, les encres de Hoeï-Tcheou, ont conservé leur antique réputation et n’ont rien à envier aux produits similaires de l'Europe.

COMMUNICATIONS EY TÉRIEURES.

Historique des rapports de la Chine avec l’Europe. — Avec son étendue, sa population, la variété infinie de ses richesses naturelles, la Chine n’a pas cessé d'attirer vers elle le commerce de l'Occident depuis le jour où les découvertes des Portugais eurent soulevé les voiles mystérieux dont l’enveloppatent les légendes du moyen âge. Mais retranchée dans son immobilité, elle multipliait les barrières pour les opposer à l’invasion des barbares d'Europe, et en 1842, le port de Canton était seul ouvert au commerce européen. Le traité de Nankin arraché par l'Angleterre au gouvernement Chinois après une guerre de deux ans, ajouta au port de Canton ceux de Ning-Po, d’Amoy (Emouï), de Fou-Tcheou-Fou et de Shang-Haï, De nouvelles hostilités ne tardèrent pas à éclater, et la violation du traité du Tien-Tsin (1858) attira sur la Chine les armes de la France et de la Grande-Bretagne. Le 24 octobre 1860, l’armée anglo-française entrait à Pékin, et les ambassadeurs signaient une convention qui ouvrait aux étrangers l’intérieur de l'Empire, et qui devait être le signal d’une révolution complète dans les relations entre les grandes puissances commerçantes et les peuples de l'extrème Orient,

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