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Les trois ports qui centralisent aujourd’hui le commerce de la Chine avec les nations européennes et les États-Unis d'Amérique, sont: Victoria dans l'ile anglaise de Hong- Kong ; Shang-haï ; et Han-Keou sur le fleuve Bleu.
Hong-Kong est une île granitique et montagneuse cédée aux Anglais par le traité de 1842 et située à l’embouchure du Tigre de Canton. En vingt ans s'est élevée au milieu de rochers abruptes, une ville de 400,000 âmes, aux larges rues, aux vastes chantiers, Victoria, l’entrepôt du commerce anglais dans les mers de Chine, à 50 jours de Southampton par les vapeurs de la Compagnie péninsulaire et orientale qui relâchent à Gibraltar, à Malte, à Alexandrie, à Suez, à Aden, à Pointe de Galles, à Poulo- Pinang et à Singapour, à 40 jours de Marseille par les Messageries impériales, avec escales à Messine, Alexandrie, Suez, Aden, Pointe de Galles, Singapour et Saïgon. Point de départ des correspondances pour tout le littoral de la Chine, pour le Japon, pour Manille; siége de toutes les grandes maisons anglaises, centre des entreprises d'émigration chinoise pour l’Amérique, l'Afrique et l'Asie, Hong-Kong est le Singapour de la Chine, et son mouvement sans cesse croissant dépassait en 1863, 2,000 navires . et un million de tonneaux.
Hong-Kong a remplacé, du moins en partie, comme entrepôt du commerce européen, les trois ports situés à l’embouchure du Tigre, Macao, colonie portugaise (40,000 h.), qui n’est plus qu’un port de cabotage et dont le commerce est tombé de 250 millions en 4844, à moins de 100 en 1863; Whampoä, V'avant-port de Canton, et surtout Canton (Kouang-Toung, 1 million 472 d’habilants), à 64 kilomètres
| de la mer, autrefois le seul port ouvert aux Européens, et
dont les échanges dépassaient alors 300 millions, mais réduite aujourd’hui à n’être plus que le marché des riz, des thés, des sucres, du camphre, de la Chine méridionale. Cependant le mouvement de la navigation européenne s'élève encore à 600 navires, anglais, américains, hollandais, sans compter les nombreuses relations avec les iles Philippines, l’Indo-Chine, les îles et le littoral chinois.
Sur la côte, basse et inondée, des provinces de Fo-Kien et de Tche-Kiang, s'échelonnent entre Canton et Shanghaï les ports de Soua-to (Chan-Taou), l’un des entrepôts du commerce de l’opium, et l’un des centres de l’émigration chinoise, d'£'moui (Amoy, 250,000 h.) le principal marché des sucres et des papiers, et le centre des relations de la Chine avec les îles malaises, l’Indo-Chine, Singapour et Manille, peu fréquenté du reste par la navigation directe d'Europe ou d'Amérique :
De Fou-tcheou-fou (650,000 h.), à 50 kil. de la mer, sur le fleuve Min, devenu depuis 14842 le premier marché de la Chine pour les thés noirs :
De Ning-po (400,000 à 500,000 h.) qui exporte des blés, des riz, de l’alun, du thé, etc... mais où le mouvement immense du commerce indigène dépasse de beaucoup celui de la navigation européenne :
De FJang-tcheou-fou (1,200,000 h.), à la tête du grand canal et sur la rive gauche du Tsien-tang, à 70 kil. de la mer, l’entrepôt du commerce entre les provinces du Nord et celles du Midi, le centre de la fabrication des soieries et des porcelaines, et le seul port qui soit en relations
. actives avec le Japon.
Sur cette même côte est située la grande île de Formose ouverte aujourd’hui aux Européens, et appelée au plus brillant avenir, par sa position entre la Chine, le Japon et les Philippines, par ses ports admirables, Xi-loung, Tuiouan-fou, etc. par ses mines de houille, et ses riches plantations de riz, de sucre, de tabac, de camphriers, etc...
L'île Chusan avecle port de 'ing-haë, à quelques heures de Shang-haï et de Hang-tcheou, pourrait devenir, entre les mains des Européens, le Hong-Kong de la Chine centrale.
Shang-Haï, sur le Hoang-pou, à pet de distance de l'embouchure du fleuve Bleu, est aujourd aui le centre du commerce européen en Chine, et le plus vaste entrepôt de l’extrème Orient.
Résidence des consuls, siége des principales maisons européennes, Shang-Haï se divise en deux villes, la ville
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chinoise peuplée de trois cent mille habitants, et la ville étrangère, partagée en concessions anglaise, américaine et française, et déjà couverte de magasins, de docks, et de monuments publics.
A 50 jours de Southampton par les vapeurs de la compagnie Péninsulaire et Orientale, à 44 de Marseille par les Messageries Impériales ; à 36 jours de Suez dont elle est éloignée de 2,463 lieues marines, Shang-Haï a remplacé Canton comme entrepôt de l'Amérique et de l’Europe. C'est là que s’entassent les cotonnades, les lainages, les fers, les houilles de la Grande-Bretagne, les métaux précieux de l'Amérique, les marchandises des Indes, de la Chine et de l'archipel Indien, destinées à se répandre dans tout l’Empire : c’est le grand marché de l’opium, dont les importations dépassent 420 millions; le débouché des soies, des thés, du coton, des objets de luxe et de fantaisie que la Chine livre au commerce de l'Europe et de l’Amérique. Le mouvement commercial de Shang-Haï avec l'étranger, qui était en 4859 de 714 millions, dépasse aujourd’hui un milliard, et l’intercourse avec les ports de l’Europe, de l'Inde, de la Malaisie, de l'Amérique s'élève à plus d’un millier de navires et de 700,000 tonneaux, dont près des deux tiers couverts par le pavillon anglais, et un sixième par le pavillon américain.
Si l’on y ajoute l'immense mouvement de la navigation indigène, le total m'est pas inférieur à 2,250,000 tonneaux, contre 4,700,000 en 1859.
Han-Keou est situé sur le fleuve Bleu, à 4,000 kil. de son embouchure, au centre d’un admirable système de canaux, et d’une des régions les plus fertiles et les plus manufacturières de la Chine. Ouvert depuis quatre ans aux Européens, accessible malgré son éloignement de la mer à des navires de 2,400 tonneaux, ce port rivalise aujourd’hui avec Shang-Haï et Canton : c’est un comptoir et un entrepôt européen au cœur même de la Chine. Près de cent steamers anglais et américains, construits exprès pour la navigation du fleuve Bleu, lui apportent déjà les marchandises de l'Amérique et de l'Occident: et son
commerce s'élevait en 4862 à 150 millions, en 1863 à 182, dont 80 millions à l'importation et 100 millions à l’exportation. Le thé y figurait pour 65 millions, valeur supérieure à celle du commerce annuel de la Chine avec l’Europe au xvr11° siècle.
Dans les provinces septentrionales de l’Empire, le centre du commerce européen est Zen-tsin, ville de 500,000 âmes, sur le Peïi-ho, le marché d’approvisionnement et le débouché maritime de Pékin dont les transactions avec les Américains et les Occidentaux s’élevaient en 4861 à 79 millions, mais qui ruinée par le déplacement du lit dufleuve Jaune, etle bouleversement du canal Impérial, n’a pas réalisé jusqu'ici les brillantes espérances de son début.
Quant aux ports de l’âpre presqu’ile de Corée, ils entretiennent avec le Japon des relations assez actives, mais ne font aucun commerce direct avec l'Europe.
Communications intérieures. Navigation fluviale, — L'ouverture de la Chine au commerce étranger donne un intérêt actuel et européen à une étude qui n’était, il y a quelques années, qu’une curiosité géographique, celle des voies de communications intérieures. Les routes de terre ne jouent qu’un rôle secondaire, au moins dans les parties de l’empire qui ont pour débouchés les ports du Pacifique, et qui intéressent spécialement le commerce maritime. Mal tracées, mal entretenues, elles ne sont, excepté dans les environs de Pékin, que des chemins de caravanes. Cette insuffisance des routes est compensée par un système de navigation intérieure à demi naturel, à demi artificiel, qui n’a pas de rival dans le monde.
Au sud, dans le golfe de Canton, débouche le Tehou- Kiang, grande voie du commerce de Canton avec les provinces du Midi, dont la ville de Fo-tchan (1,000,000 d’habitants) est l’entrepôt.
Au centre, à l'entrée de la mer Jaune, se jettent deux fleuves immenses, qui descendent des plateaux neigeux du Khou-Khou-Noor, traversent le Thibet oriental etarrosent les provinces les plus fertiles, les plus industrieuses et les plus peuplées de la Chine, L'un, long de 4,000 kilomètres,
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