NAVIGATION INTÉRIEURE
est le fleuve Bleu, large de 6 kilomètres, à 220 lieues de son embouchure, navigable pour les vapeurs jusqu’à 360 lieues de la mer, et qui arrose les grandes villes de Nankin, autrefois la seconde capitale de l'empire, aujourd’hui ruinée par les rebelles, et d’Æan-Keou, l’entrepôt du commerce européen dans l’intérieur de la Chine. L'autre, long de 3,400 kil., est le fleuve Jaune (Hoang-ho), gigantesque torrent dont les débordements capricieux ont plus d’une fois changé le cours et dévasté les rives; au nord du Hoang-ho, dans le golfe de Pe-tchi-li, se jette le Peï-ho qui baigne 7ien-Tsin, et dont un affluent traverse Pékin.
Ces quatre fleuves, avec leurs affluents et les lacs nombreux qui couvrent la région centrale de la Chine, sont les artères principales de la navigation intérieure : près de 300 canaux les unissent et forment un réseau qui embrasse toute la partie orientale de l’Empire.
De tous ces canaux, le plus important est le grand canal qui part de Hang-tcheou, et se dirigeant du sud au nord coupe le fleuve Bleu, le fleuve Jaune, aboutit à Lin-tsintcheou, après un parcours de 1,040 kil., se prolonge jusqu’à Tien-tsin par un affluent du Peï-ho, et de Tien-tsin à Pékin par le canal Fmpériel : c'est une ligne de navigation artificielle de 4,420 kil., la plus longue du globe.
Ajoutons que la Chine possède les sources de l’Amour avec ses grands affluents navigables, celles de l’Ienisseï, de l’Irtych, de l’Indus, du Brahmapoutre, du Mei-Kong, dont | les vallées s’ouvrent déjà ou s’ouvriront un jour au commerce de la Sibérie, de l’Inde et de l’Indo-Chine.