COMMERCE INTÉRIEUR ET EXTÉRIEUR
Le commerce intérieur des Etats-Unis peut s'apprécier par la multiplicité des voies de communication, l’accroissement prodigieux de la population, le développement de la richesse publique, dont un seul exemple, qui n’est pas unique dans la Confédération, peut donner une idée. En 1845, la valeur de la propriété mobilière, à Chicago, s'élevait à 794,851 dollars, celle de la propriété immo-
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Quant à leur commerce extérieur, qui sous l'influence de la guerre civile s’est abaissé, en 1864, à 583 millions de dollars (3,069,500,000 fr.), il s'élevait en 1860 à 762 millions de dollars (4,000,500,000 fr.), sans y comprendre le numéraire et les métaux précieux ; et à 4 milliards 380 millions, numéraire compris,
L’Angleterre figurait au premier rang, pour 4 milliard 780 millions, dont 740 millions à l'importation,
La France pour 620 millions (365 à l’importation); l'Amérique anglaise pour 275 millions ; les villes Hanséatiques pour 200; le Brésil pour 180, Cuba pour 450, la Chine pour 126 ; les Indes orientales anglaises pour 95, la Belgique pour 90,
Exportations.— Les exportations s’élevaient à 2 milliards 250 millions : es cotons y figuraient pour un poids de 500 millions de kilog. et une valeur de 800 millions de francs, exportés par balles de 180 kilog. en moyenne, pour l’Angleterre, la France, l'Allemagne, etc.
Puis viennent les grains, les farines et Les riz de New- York, de la Nouvelle-Orléans, de Charleston, de Chicago, destinés surtout à l'Angleterre, aux Antilles, à l'Amérique du Sud, etc.
Les tabacs expédiés par New-York, Baltimore, etc... par boucauts de 360 kilogrammes, pour l'An glelerre, la France et l'Allemagne :
Les bois exportés parNew-York, Boston, Charleston, etc. pour l’Angleterre et ses colonies, et pour la France :
Les peaux et les fourrures, qui se dirigent presque exclusivement sur Londres :
Les bestiaux et les viandes salées achetés par l’Angleterre, par les colonies espagnoles d'Amérique et le Canada:
Les potasses, qui s’exportent dans toute l’Europe :
Les graisses de toute sorte expédiées en Europe et surtout en France et en Angleterre :
Les produits de la pêche exportés en Angleterre, en Allemagne et en France :
Les métaux précieux, qui se dirigent sur Londres, le Havre et Hambourg :
Les métaux bruts: cuivres, fers, etc... à destination de la France ou des colonies espagnoles :
Les huiles de pétrole, que New-York, Philadelphie et Boston envoient en Angleterre, en Belgique et en France.
Les objets manufacturés, dont la valeur à l'exportation ne dépasse pas 60 à 70 millions, se bornent aux tissus de coton vendus en Chine, au Japon, et mème dans l’Amérique du Sud, et aux métaux travaillés, aux machines, aux mécaniques, que les États-Unis expédient au monde entier,
Parmi ces divers produits, ceux qui représentent la presque totalité de nos échanges avec les États-Unis, sont les cotons, les métaux précieux, les tabacs, les graisses, les produits de la pêche, les bois, les peaux brutes, le riz et les métaux bruts ou travaillés (260 à 280 millions).
Importation. — L'importation s'élevait en 1860 à près de 1,800 millions :
Les tissus de coton, de lin et de laine, fournis par l’Angleterre, la Belgique, la France, le Zollverein ; les soteries françaises et belges, représentaient une valeur d’environ 600 millions.
Les sucres du Brésil, des Antilles, etc... venaient au second rang pour une valeur de 370 millions,
Les fers, le plomb, et autres métaux bruts ou travaillés, occupaient la troisième place avec une valeur de 400 millions environ.
Viennent ensuite, dans l’ordre d'importance, les laines de France, d'Angleterre et des colonies anglaises; les vins français et espagnols ; les cafés de l'Amérique du Sud, et des Indes; les thés de la Chine, et du Japon; les peaux brutes de l'Amérique du Sud, les peaux ouvrées de France et d'Angleterre; la verrerie belge, anglaise et française, la . poterie d'Angleterre et de France; les fruits frais ou conservés, d'Espagne, de France et de Turquie; les huiles de palmes de la côte d’Afrique, les sels français et anglais. Nos soieries, nos vins, nos laines et nos lainages, notre
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Réexpertation, — Bien que les produits du sol et de l’industrie des États-Unis, et les objets destinés à la consommation intérieure, tiennent dans le mouvement de leurs échanges la place la plus large, le commerce de transit et de réexportation n’est pas sans importance. New- York et la Nouvelle-Orléans réexportent en Europe et dans les colonies anglaises de la Nouvelle-Bretagne les cafés, les sucres, les bois de teinture de l’Amérique du Sud et des Antilles, les laines d'Australie, et répandent dans toute l'Amérique les produits européens entassés dans leurs vastes entrepôts,
Caractère national, — Nous #vons déjà indiqué les traits dominants du caractère national, s toutefois on a le droit d’assigner un caractère déterminé à un peuple qui est pour ainsi dire le résumé de ‘ons les autres, et qui n’a pas eu le temps de rapprocker st de fondre les éléments si divers qui concourent à sa formation. A côté de la race Anglo-Saxonne, dont la langue et l’esprit dominent aux États-Unis, les Celtes Irlandais, les Allemands sont répandus sur tout le territoire ; les Français et les Espagnols ont peuplé quelques régions du Sud; enfin les Chinois en Californie, les nègres dans les États méridionaux, sont venus mêler au sang européen celui des races de l’Asie et de l'Afrique, et chaque année une immigration de plus de 200,69 lrlandais, Allemands ou Anglais renouvelle et accroît la sopulation. Quel peuple nouveau sortira de cette fusion universelle des races de l’ancien monde ? quelles seront les conséquences de l’émancipation des nègres, et de la substitution du travail libre au travail de l’esclave, dans les pays producteurs du Sud? la société américaine pourra-t-elle conserver son organisation actuelle, quand la terre qui s'étend aujourd’hui libre et inoccupée commencera à lui manquer? Ce sont autant de problèmes que l'avenir seul peut résoudre, mais
dontla solulion, quelle qu’elle soit, ne saurait arrêter le développement d’une prospérité commerciale sans exemple dans l’histoire,
Compagnies de Commerce,— La constitution même de la société américaine, la nature du gouvernement, les habitudes d'indépendance absolue du citoyen américain, ont développé d’une manière exceptionnelle la hardiesse et l'intelligence commerciale chez l'individu et chez les associations auxquelles se prête si bien l’organisation politique et sociale des États-Unis.
La main de l’État n’apparaît nulle part: Compagnies de transports maritimes à voiles et à vapeur, qui comptent à New-York seulement 72 lignes plus ou moins régulières, et dont quelques-unes, la Compagnie du Pacifique, celle de New-York à San Francisco, celle de l'Atlantique et du Mississipi, de New-York à la Nouvelle-Orléans, Saint-Louis et Louisville; celles des Antilles, du Brésil, etc... peuvent le disputer aux plus puissantes compagnies anglaises : Compagnies de Canaux et de Chemins de fer multipliées jusqu’à l'excès ; Compagnies d’assurances de toute espèce; Compagnies d'exploitation agricole, industrielle et minérale, se constituent sur tous les points de l'Union avec une liberté absolue, qui, si elle n'offre pas toujours les garanties de solidité présentées par nos grandes compagnies européennes, exalte du moins au plus haut point le génie du commerce, de la concurrence et de la spéculation.
Institutions de crédit, — Les 2nstifutions de crédit sont fondées également sur le système de la liberté des banques, et de la liberté d'émission des billets. New-York est le grand marché financier de l’Union; sur les 1,500 banques au capital de 2 milliards 200 millions qui existaient aux États-Unis en 1860, New-York en possédait 301 au capital de 600 millions, et c’est à New-York qu'est le siége de l’agence centrale nommée comme à Londres Clearing House, et chargée dela liquidation de presque tous les comptes de la Confédération américaine. Cependant des désastres récents et multipliés ont conduit le gouvernement américain à la création de nouvelles banques, les
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Régime douanier. — Si le commerce et l’industrie jouissent à l’intérieur de la plus complète liberté, il n’en est pas de même du régime douanier et de la législation internationale. La Confédération qui voit à la fois dans les douanes un instrument de protection pour l’industrie nationale, et la source presque unique des revenus fédéraux, a maintenu des tarifs très-élevés qui pèsent sur la plupart des produits étrangers : sucres, tissus, spiritueux, fer en barres ou travaillé, ouvrages en peau et en cuir, etc. L’accroissement énorme de la dette publique par les dépenses de la dernière guerre (20 milliards), laisse peu d'espoir que les États-Unis se décident à entrer prochainement dans une voie plus libérale.
Des traités de commerce règlent les relations des États- Unis avec les puissances de l’Europe, de l’Asie et de l’Amérique, et des consuls européens résident dans tous les centres importants. La France y est représentée par un ministre et 18 agents consulaires.
Poids. Mesures et monnaies. — Les poids et mesures des États-Unis sont les mêmes qu’en Angleterre : mais le système métrique est facultatif depuis 1866.
L'unité monétaire est le dollar (5 fr. 33 à 40 c.) : la monnaie d’or est la seule légale, les monnaies d'argent ne circulent que comme appoint,
Les monnaies espagnoles, françaises et anglaises ont cours facultatif,
Les monnaies les plus usitées sont:
Monnaies d’or. Le double aigle — 20 dol. — 106 f, 60 L’aigle —10 » == 53 30
Le demi-aigle — 5 » — 26 65 Le dollar mn » = «\ù, @ Monnaies d'argent. Le dollar =» », = bDfr..0 Le demi, le quart et le dixième de dollar.
Alliage. Le cent = 0 fr, 053
ROUTES DE L'AMÉRIQUE DU NORD PAR L'OCÉAN ATLANTIQUE (Suile.)
NOUVELLE-BRETAGNEe
Neuvelle-Bretagne. — A la grande route des États- Unis s’en rattache une autre, d’un intérêt secondaire au point de vue français, celle qui aboutit aux possessions anglaises de l’Amérique du Nord.
Sauf les pêcheries de Terre-Neuve qui attirent chaque année plus de 900 navires français jaugeant 100,000 tonneaux, la France entretient peu de relations directes avec cette terre, à demi française cependant, et qui n’a pas oublié la mère-patrie dont elle garde encore la langue et les traditions,
Bornes. Superficie. Population. Divisions.—L'’Amérique anglaise du Nord ou Nouvelle-Bretagne, située entre 74° et 42° lat, N., 55° et 1435° long. O. est bornée au nord par l'Océan Glacial et la mer d'Hudson, à l’est par l'Atlantique, au sud par les États-Unis, à l’ouest par l’Amérique russe etl’Océan Pacifique. On évalue sa superficie à 8 millions de kilomètres carrés, et la population totale à 4,100,000 habitants dont 360,000 Indiens et 3,740,000 d'origine européenne. C°! immense territoire peut se diviser en trois régions distinctes ; à l’ouest entre l'Océan Pacifique et les montagnes Rocheuses, la Colombie anglaise et l’île Vancouver (49 millions d'hectares, 80,000 habitants), sans communications par terre avec le versant de l'Atlantique, et qui se rattache naturellement aux routes maritimes de l’Océan Pacifique.
Au nord, entre l’Océan Glacial, la mer d'Hudson, l’Atlantique, le Canada, le Territoire de la Rivière Rouge et les montagnes Rocheuses, s'étendent les vastes possessions de la Compagnie de la baie d'Hudson dont le privilége a été renouvelé jusqu’en 1865, et qui fut fondée en 1670 pour le commerce des pelleteries,
C'est une contrée stérile, glacée, couverte de lacs et de
forêts impénétrables, arrosée par le Mackensie, tributaire