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Les routes d’autrefois. Le commerce Méditerranéen. — Ce sont les bords de la Méditerranée qui ont vu naître le commerce et la navigation, et se former toutes les grandes puissances commerçantes de l’antiquité : la Phénicie, la Grèce, Carthage et l'Égypte des Ptolémées et des Césars.

En Afrique, c'était à Carthage et à Alexandrie que les caravanes apportaient de l’intérieur, par les routes qu’elles suivent encore aujourd’hui, l’ivoire, l’encens, les aromates, les pierres précieuses.

Constantineple, Frébizonde, Smyrne étaient les entrepôt: et les débouchés du commerce de l’Asie Mineure et de l’Asie centrale. Les soieries de la Chine, les bois précieux et les tapis de la Perse, leur arrivaient par les mêmes routes que sillonnent encore les caravanes chinoises, persanes et boukhariotes. Quant au commerce de l'Inde, il venait aboutir aux ports de Syrie, par la navigation du golfe Persique, celle de l’Euphrate, et les caravanes de ?almyre; et surtout à Alexandrie par les navires arab ; de la mer Rouge, et par le canal des Pharaons et des Ptolémées qui unissait le Nil au golfe de Suez (Arsinoé). |

Les routes du commerce changèrent peu au Moyen Age. La Méditerranée resta le centre de l’activité com-

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La Baltique et le Danube. — Cependant, dans l'Europe septentrionale, sur les bords de cette Méditerranée du Nord, inconnue aux anciens, la Baltique, etsur tout le littoral germanique s’était organisée une ligue puissante, celle des villes Hanséatiques, Lubeck, Dantzig, Riga, Hambourg, Brême, elc., qui avait réussi à attirer à elle, par les caravanes de la Russie, une partie du commerce de l'Orient, et qui avait fait de Novogorod la Grande, l’entrepôt des fourrures et de l’or de la Sibérie.

Le Danube, avec ses riches cités, Passau, Hatisbonne, etc., était devenu l’une de: routes du commerce avec Constantinople et la mer Noire : et la ligue de Souabe le disputait à la ligue Hanséatique.

Les découvertes du XW° siècle. — Les grandes explorations maritimes de la fin du xv° siècle vinrent bouleverser toute l’économie commerciale du moyen âge. La découverte de l’Amérique (1492), celle de la route des Indes et de l’extrême Orient par le cap de Bonne-Espérance (1497); celle du détroit de Magellan (1520) et du cap Horn (1616), réduisirent à un rôle secondaire le commerce de la Méditerranée : les peuples de l'Océan, le Portugal, l'Espagne, et plus tard, l'Angleterre, la France, la Hollande, devinrent tour à tour les maîtres de la mer et les rois du commerce, et porièrent jusqu'aux extrémités du globe, la puissance, les langues, et les idées de l’Europe.

Révolution moderne, Chemins de fer. — Notre siècle voit s’accomplir une révolution non moins profonde dans les routes et dans les habitudes du commerce.

Les chemins de fer ont modifié toutes les conditions des transports par terre. En rapprochant les distances et en diminuant les frais, ils ont transformé tous les grands

marchés en foires permanentes, qui suppriment peu à peu les anciennes foires locale: &t périodiques : ils confondent les intérêts, ils font t“uber les barrières des douanes, ils préparent l’union commerciale de l’Europe déjà couverte d’un réseau de plus de 64,000 kilomètres. (Voir plus haut pages 5, 6 et 7, les grandes lignes de chemins de fer européens.)

Routes maritimes. — La révolution n’est pas moins importante dans la navigation et dans les routes maritimes que dans les transports par terre. Trois causes ont surtout contribué à la produire et à la développer :

4° L'étude des courants maritimes et atmosphériques qui tracent les routes de l'Océan, comme les vallées, et les défilés tracent celles du continent.

2° Le progrès de la navigation à vapeur,

3° Le percement des isthmes, inauguré par le canal de Suez.

Sur mer comme sur terre, les routes ne sont pas arbitraires : la nature les a tracées d'avance, et leur direction devient plus sûre et plus constante à mesure que l'on connaît mieux les lois de la physique du globe; — elles sont déterminées surtout par deux grands phénomènes physiques: les courants maritimes et les courants atmosphériques.

La masse des mers est entraînée par un double mouvement, des pôles vers l'équateur, et d'Orient en Occident. On donne le nom de courant polaire boréal et austral aux eaux froides qui se précipitent des pôles vers l'équateur, et celui de courant équatorial aux eaux chaudes des mers tropicales que l’action des courants polaires et de la rotation terrestre refoule d'Orient en Occident. Tous les courants secondaires peuvent se ramener à ces deux grands mouvements de l'Océan, et sont déterminés par des causes locales, surtout par la forme et par la position des terres qui en modifient profondément la direction primitive.

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