OCÉAN ATLANTIQUE
L'Océan Atlantique qui forme la Méditerranée, ce grand lac maritime où les courants n’ont qu’une influence secondaire, est de toutes les mers la plus fréquentée et la plus importante au point de vue commercial. Les peuples qui bordent ses rivages sont les plus civilisés du globe; les contrées qu’il baigne ont à la fois les richesses naturelles, et les richesses acquises par la supériorité de l'intelligence et du travail. C’est le trait d'union entre l’Europe et l'Amérique : c’est pour longtemps encore la grande route du commerce européen vers l'Océanie et l'Amérique occidentale, par le cap Horn et le détroit de Magellan, en attendant que l’ouverture de l’isthme de Panama supprime le cap Horn, comme le percement de l’isthme de Suez va supprimer le cap de Bonne- Espérance.
De tous les courants de l'Atlantique, le mieux connu est le courant équaterial, qui règne entre 30° lat. N. et 10° lat. S., depuis le golfe de Guinée jusqu’au cap Saint-Roch, sur les côtes du Brésil,
Brisé par le continent, il se divise en deux branches, l’une qui descend vers le Sud jusqu’au détroit de Magellan, l’autre qui remonte au Nord-Ouest, longe les rivages du Brésil, des Guyanes, de la Colombie, se précipite à travers les étroits canaux des Antilles, et va se briser pour la seconde fois sur la côte du Æonduras et du Yucatan. Repoussé par cet obstacle et par les côtes de l'Amérique septentrionale, le courant, qui prend en entrant dans le golfe du Mexique le nom de Gulf-Stream- (courant du golfe), s'incline au nord-est, s’engouffre avec une vitesse de deux mètres par seconde dans le canal de Bahama, puis
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remonte vers le nord en suivant la côte des États-Unis. À mesure qu’il s'éloigne, sa largeur augmente (60 kil. par 25° lat. N., 160 kil. par 36°; 320 kil. par 41°): sa vitesse diminue (par 25° lat. N. 4 kil. en 8 minutes, par 36° 1 kil. en 4 heure 35 minutes) : sa température s'abaisse (20 + par 36° lat. N., 18 + par M°). Enfin brisé une dernière fois parles bancs de Terre-Neuve, refoulé par l'action des courants polaires, il s'incline vers l’est, et se perd peu à peu entre l'Irlande et les Açores; mais les dernières ondulations de ce grand fleuve maritime se prolongent jusque surles côtes de Norwége et d'Islande, où ses eaux conservent assez de chaleur pour adoucir le climat de ces hautes latitudes.
Les courants polaires du Nord ne descendent sur les côtes de l'Amérique septentrionale que jusqu’à la hauteur de Boston, où ils sont arrêtés par le Gulf-Stream et les bas-fonds. Sur les côtes d'Europe, ils longent la Norwége, se déploient dans la mer du Nord, enveloppent la Grande-Bretagne, rasent les côtes de France et d'Espagne, et se prolongent en Afrique jusqu’au golfe de Guinée. Un phénomène analogue, qui se reproduit du reste dans l'Océan Indien et dans l’Océan Pacifique, s’observe pour les courants polaires du Sud. Sur les côtes d’Amérique, la branche méridionale du courant de l’Équateur les repousse vers l’est, tandis que sur les côtes d'Afrique ils remontent librement vers le golfe de Guinée, où leur rencontre avec le courant boréal contribue à rendre si difficiles les abords de cette côte, et à déterminer le mouvement vers l’est du courant de l’Équateur.
Les vents alizés qui soufflent de l’est à l’ouest, dans le sens des courants de l’Équateur, règnent dans l’Atlantique entre 32° lat. N. et 30° lat, S.; du 30° au 60° degré règnent les vents variables; au-dessus du 60° les vents polaires.
La libre étendue de l'Atlantique, l'absence des basfonds si communs dans l'Océan Indien ou Pacifique, présentent à la navigation les conditions les plus favorables; cependant les terribles ouragans des Antilles et du golfe
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