L'EUROPE. — SITUATION GÉOGRAPHIQUE. —— VOIES
DE COMMUNICATION. nr
Superficie, ete. — Des cinq grandes divisions du globe, celle dont la France fait partie, l’Europe, est la moins considérable, mais la plus peuplée par rapport à sa superficie (977,800 myr. carrés. — 290 millions d’habitants), la plus civilisée et la plus commerçante.
L'Europe doit en partie cette supériorité et le génie actif et entreprenant des races qui s’y sont développées, à la facilité des communications intérieures et extérieures et à la nature même du sol et du climat,
Situation géographique. Communications extérieures par mer. — L'Europe ne tient au continent asiatique dont elle forme le prolongement que par deux grands isthmes montagneux : le Caucase et l'Oural séparés par la mer Caspienne. .
Cette frontière continentale n’a guère que 400 myr..
de développement, tandis que les frontières maritimes s'étendent sur une longueur de 3,380 myriamètres. C’est une loi prosque générale, que la prospérité commerciale d’une contrée est en raison directe de l’étendue de ses côtes par rapport à sa superficie. L'Europe a 1 kil. de côtes pour 289 kil. carrés de superficie : c’est-à-dire un tiers de plus que l'Amérique du Nord, qui vient après elle. Découpée en presqu'iles hardies, en golfes’profonds, péné-
trée de toutes parts par la mer, elleouvre au commerce des
ports innombrables, des routes sûres et faciles. Par l’Océan Atlantique, l’Europe occidentale est à 42 jours de New-York, à 55 jours du cap de Bonne-Espérance, à 40 jours du cap Horn : par la Méditerranée, le midi de l’Europe touche à l'Afrique du nord et à l’Asie occidentale; et quand le canal de Suez unira la Méditerranée à l’Océan indien, une traversée sans interruption et sans transbordement conduira les navires de Marseille, de
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Gènes, et de Trieste, à Calcutta en 26 jours, à Canton en six semaines, à Sidney en deux mois.
Lignes télégraphiques. — Domptées par la vapeur, les mers ont également livré passage à l'électricité. L'Europe communique avec l’Afrique par deux câbles sousmarins : celui de Marseille à Alger, et de Malte à Alexandrie; avec l'Asie par le télégraphe de Constantinople à Seutari, Quant à l'Amérique, les tentatives infructueuses de 1858 et de 1865 n’ont pas découragé la science, et deux compagnies se préparent à jeter un double câble transatlantique de Bordeaux au Brésil, et de Valentia à Terre- Neuve, tandis qu’une troisième va rattacher l’Europe aux Eta(s-Unis par le télégraphe transcontinental de la Sibérie, de l'Amérique russe et de la Nouvelle-Bretagne.
Communications intérieures par mer. — Les communications.entre les diverses parties du continent européen ne sont ni moins variées ni moins faciles que celles de l’Europe avec les autres parties du globe. Au nord trois mers ou trois grands golfes formés par l'Océan glacial et par l'Atlantique s’enfoncent profondément dans les terres : la mer Blanche (Russie), fermée par les glaces du mois d'octobre au mois de juin, la mer Baltique (Suède, Russie, Prusse, Allemagne, Danemark), étroite, peu profonde, navigable pendant sept ou huit mois, la mer du Nord (/les Britanniques, Belgique, Hollande, Allemagne, Danemark, Norwége), balayée par les vents du pôle, mais navigable toute l’année.
Au sud, la Méditerranée découpe les trois péninsules, Ibérique, Italienne, et Hellénique, pénètre dans les terres sous le nom d’Adriatique et d’Archipel, se prolonge entre l’Europe et l’Asie par le détroit de Gallipoli, la mer de Marmara, le Bosphore, et se termine par la mer Noire, grand lac dont les bas-fonds, les tempêtes et les brouillards justifient la dangereuse renommée.
Les mers du Nord et celles du Midi de l'Europe ne sont séparées que par d'assez faibles distances, si on les compare aux espaces immenses qui séparent en Asie, l'Océan glacial de l'Océan indien, dans l'Amérique du Nord, l’A-
tlantique du grand Océan. A vol d'oiseau, Fambourg, sur la mer du Nord, n’est qu’à 270 lieues de Marseille, sur la Méditerranée ; Stettin, sur la Baltique, à 230 de 7rieste, sur l'Adriatique; Arkhangel, sur la mer Blanche, à 480 environ d'Odessa, sur la mer Noire. à
Navigation intérieure. Fleuves et canaux. — Ces distances sont encore rapprochées par de grandes lignes de navigation intérieure qui pénètrent jusqu’au cœur du continent : dans le versant de l'Atlantique, le Guadalquivir, le Tage, la Garonne, la Loire, la Seine, l’Escaut, la Meuse et le Rhin, le Weser, l’Elbe; l'Oder, la Vistule, le Niémen, etc... Dans le versant de l'Océan glacial, la Dwina; dans celui de la Méditerranée, l'Ebre, le Rhône, le Danube, le Dniester, le Duieper et le Don; dans celui de la Caspienne, le Volga. Le travail de l’homme a complété l’œuvre de la nature, en creusant de nombreux canaux qui réunissent les versants ou les bassins différents, et que l'on peut diviser en trois grands systèmes, lo système russe Ou oriental, le système central ou allemand, et le système occidental ou français. Le premier fait communiquer la mer Noire et la mer Caspienne avec l'Océan glacial et la mer Baltique; le second unit la Baltique à la mer du Nord, et la mer du Nord à la mer Noire; le troisième rattache la Méditerranée à la mer du Nord, à la Manche et à l'Atlantique : une marchandise partie de Paris peut arriver sans quitter les voies navigables aux bouches du Danube, à celles du Rhône ou du Rhin.
Le système de canalisation de l’Europe offre encore des lacunes; mais n'est-ce pas déjà un merveilleux résultat que d'avoir uni le Volga à l’Elbe, le Danube au Rhin, et jeté à travers le continent ces lignes de navigation qui franchissent hardiment les montagnes, portent partout avec elles la richesse, et épargnent au commerce, pour un seul trajet, celui de la mer du Nord à la mer. Noire, 4,600 lieues sur 2,200?
Cependant les canaux s'arrêtent nécessairement devant un obstacle infranchissable pour ce mode de communication, les hautes montagnes; et l'Europe méridionale (Es-
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x. — Ces les lignes \ cœur du dalquivir, la Meuse le, le Niéla Dwina; e Danube, de la Caslété l’œuanaux qui ts, et que ) système mand, et fait comec l'Océan tique à la e; le troiord, à la le de Paris aux bou-
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pagne, Italie et Grèce), séparée du reste du continent par les Pyrénées, les Alpes et les Balkans, reste en dehors du système de navigation internationale dont nous venons d'indiquer les voies principales. Mais les routes de terre et les chemins de fer ne reculent pas, même devant les massifs des Alpes et des Pyrénées.
Routes de T'erre, Chemins de Fer. — Depuis
longtemps l'Europe est sillonnée, du nord au sud et de l’est à l’ouest, par des routes praticables à tous les moyens de transport, et qui couvrent le continent entier d’un immense réseau dont le développement ne saurait être évalué à moins de 600,000 kil. (450,000 lieues), non compris les chemins vicinaux. Mais les routes de terre ne jouent plus qu'un rôle secondaire comme grandes voies de communication internationale depuis que les chemins de fer suppriment les distances, font tomber les barrières créées par la nature et par la politique, et mettent Saint- Pétersbourg à trois jours de Paris. Commencé il y a trente ans à peine, le réseau européen atteignait en 1865 un développement de 64,000 kil., et transportait annuellement plus de 600 millions de voyageurs.
Les chemins de fer européens achevés ou sur le point de l’être, en 1866, peuvent ètre considérés comme formant huit lignes principales, dont quatre se dirigent du nord au sud, et quatre de l’ouest à l’est,