CHAPITRE III
LES PORTUGAIS ET LA ROUTE MARITIME DE l'iNDE.
Sommaire.
Entrée en scène des Portugais et des Espagnols. Le prince Henri de Portugal (mort en 14G5); ses desseins : trouver une route du Portugal aux Indes, explorer la côte occidentale d'Afrique à la recherche des bouches du Nil atlantique et le remonter jusqu'en Abyssinie, où l'on croyait située l'Inde ; c'était chercher une fausse route ou une fausse Inde. Les « cara-
(1) Cf. Christophe Colomb,
velles ». Le cap Hogador doublé. Dôcouvprte de Madpre, des Canaries, dos Aroros, des îles du Cap-Yert, du Sénégal, de la Guinée. Dieffo Cam à renibouchure du Gonijo. Bai-Llicle.uni Dinz double le cap de Bonnc- Esprrance. Païva et Couilham en Abyssinio et en Inde. Vasco de Gama à Calicut. Les Portugais à Ormuz, Goa, Malao-a, Macao, Canton et aux Moluques.
Portugais et Espagnols. — Deux peuples nouveaux se révèlent avec le xv" siècle et se placent d'emblée au premier rang des découvreurs de mondes : ce sont le Portugal et l'Espagne. Race pauvre, fière, trempée par des siècles de lutte contre les Infitièles, à l'étroit dans ses montagnes enfin reconquises sur les Maures, la race ibéri([ue et lusitanienne éprouve, à l'époque où nous nous plaçons, la pleine conscience d'elle-même et le besoin d'expansion des peuples victorieux. La mer lui ouvre ses horizons mystérieux, ses infinies perspectives. Les deux nations s'y lancèrent: la plus « océanique » des deux, le Portugal, y devança l'Espagne.
Originalité des explorations portugaises. — L'originalité des explorations portugaises, c'est qu'elles furent l'œuvre non du hasard, mais d'une pensée très haute et d'une volonté très ferme. Un homme orienta le Portugal vers ses destinées maritimes : ce fut le prince Henri ; fils cadet du roi Jean P'', il prit part aux guerres que les souverains portugais poursuivaient par delà les mers contre les Maures d'Afrique ; mais, après la prise de Ceuta (1415), il abandonna la carrière des armes pour la science.
De sa résidence de Sagrès, près du cap Saint-Vincent, il se mit à l'œuvre avec une ardeur, une ténacité invincibles ; le Maghreb résistant à tous les ellbrls des armées portugaises, il voulut diriger vers des terres nouvelles l'aclivité de ses compatriotes ; il voulut être, et fut, dans toute l'acception du terme, un entrepreneur de découvertes. Il indiqua le but; il inventa les moyens; il créa les hommes.
Grâce à lui, la marine portugaise, fort médiocre au début, s'instruisit à l'école des pilotes méditerranéens, emprunta la boussole et l'astrolabe aux Italiens et aux Arabes, inaugura un nouveau type de navire, la caravelle, fine, légère, élégante et solide, qui s'élança à la conquête des mers.
Desseins du prince Henri. — La « grande pensée » du