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LES PORTUGAIS ET LA ROUTE MARITIME DE L'INDE

A cette révélation du monde chinois qnil décrit sous (les couleurs si séduisantes, jMarco Polo ajouta la rcvclalion du monde arabe, dont il parcourut, à son retour par les mers australes, les principaux marchés, des îles de la Sonde aux ports du golfe Persirpie. 11 parle môme de la côte orientale d'Africpie, d'après les géographes arabes, et c'est grâce à lui qu'on eut connaissance en Europe de l'île de Magastar (Madagascar) et du pays d'Abascia (Abyssinie).

Le livre de Marco Polo ne manqua ni d'incrédules, ni de détracteurs. Comme jadis Pythéas au temps des Grecs, on l'accusa de mensonge, au moins d'exagération. Quelques missionnaires, Jean de Montecorvin, Oderic de Pordenone, qui j)énétrcrent en Chine après lui, affirmèrent bien qu'il avait dit vrai ; mais le Gathay, après s'être ouvert un instant aux Européens, ne tarda pas à se refermer, avec la chute de la dynastie mongole (1364). L'isolement de la Chine devait durer jusqu'à nos jours.

Elle resta donc, pour le moyen âge, une terre de légende. Mais les récits du voyageur vénitien n'en agirent pas moins profondément sur les esprits. Ils réveillèrent chez la plupart ces deux passions toujours vivaces, l'amour du gain et des aventures. Ils conduisirent quelques-uns à des considérations scientifiques fécondes (1). A ce double titre, Marco Polo fut le maître et l'initiateur involontaire des hommes de science et des hommes d'action des xv** et xvi" siècles, de Christophe Colomb et de ses aventureux continuateurs.

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