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CHAPITRE V

l'exploration des mers australes.

Sommaire.

Lo conlhipiif. austral est suppose; devoir faire e'qnilibre au continent septentrional et sa recherche est le grand problème des navigateurs du xviie et du sviii'"- siècle. Trois périodes : hispano-portugaise (152S

(1) GUaucellor, Frobisher, Dawis. Voy. Explorations polaires.

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à lOOd); hollandaise (xvii« siècle); anç^lo- française (xviii^ siècle). 1" Les Espagnols el les l'orlu^'ais découvrent par liasard quelques-unes (les îles du Pacitiquo (Marianues et Pliilippiues, ^L■lr(luises, Nouvelles- Hébrides, (h'iroit de Tories). 2° Les Hollandais abordent dés IGOG dans la iNouvelle-IIollande (Australie) ; en IGl;), ils découvrent le cap Horn. Van Diemen et Tasman\ ce dernier découvre la Tasmanie et la Nouvelle- Zélande et reconnaît la nature insulaire de rAustralie. S" Au xviii« siècle, l'Angleterre et la France organisent des exjiloralions véritablement scientiii(iues : Byron, Wallis, Ca?-teret, Bouvet, Ker<juelen, liougainville, Cook. Dans son second voyage, ce dernier découvre la Nouvelle-Calédonie, les îles des Amis, les îles Sandwich. Ces voyages détruisent l'idée du continent austral imaginaire et y substituent celle du monde océanique parsemé d'îles de toutes dimensions.

Caractère général. — L'idée de continent austral. — A l'époque où nous sommes parvenus, les bornes de l'œcumène se sont considérablement élargies. « Un temps viendra, disait déjà Sénèque le Philosophe, où la Terre immense sera ouverte à tous: la mer dévoilera de nouveaux mondes, et Thulé ne sera plus la dernière terre. »

Ce temps est venu. De ces « nouveaux mondes » entrevus par la pensée antique, la mer, après avoir, au xvi'= siècle, dévoilé l'Amérique, dévoilera, aux xvn'^ et xviu" siècles, l'Océanie.

L'existence d'un « continent austral » l'ut, en elïet, l'une des idées les plus chères aux géographes de tous les temps et, particulièrement, aux géographes de la période moderne. Les découvertes de Colomb et de ses successeurs semblaient à tous justifier d'une manière éclatante la théorie des mondes inconnus. Aux yeux des savants d'alors, le continent méridional supposé devait — en vertu d'une loi imaginaire — l'égale répartition des terres et des eaux à la surface du globe — faire équilibre au continent septentrional.

C'est à la recherche de cet univers hypothétique que partirent presque tous les explorateurs des xvn'' et xvin'' siècles. Le continent austral est le grand pi^oblème que s'elTorcent de résoudre les navigateurs des mers du Sud, comme la route des Indes avait été le grand problème des marins de l'ûge précédent. Et, comme autrefois, il fallut plus d'un siècle de voyages, de découvertes, de reconnaissances, tle circumnavigations, pour se convaincre qu'il n'y avait point, au milieu des mers australes, de masse continentale analogue à l'Amérique, mais seulement des îles

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cl une masse circumpolaire dont le caracLère sera précisé j)lus tard.

L'iîistoire de ces découvertes lointaines n'est pas aussi connue qu'elle le devrait être : elle est cependant bien attachante, bien plus que celle de mainte expédition du passé. La scène en est infiniment plus large; les acteurs sont aussi héroïques que ceux qui les ont précédés, mais leur héroïsme est de meilleur aloi; un sentiment nouveau, presque une foi nouvelle, le dévouement à la science, éclaire leur odyssée d'une lumière inconnue jusqu'alors. Ce n'était pas seulement la force de sa conviction scientifique qui guidait Christophe Colomb vers ce qu'il croyait être les Indes, c'était aussi l'ambition. Oueiros, Cook, La Pérouse bravèrent les dangers, sacrifièrent leur vie pour une idée.

La profondeur et l'étendue de ce cadre des mers australes, l'étrangeté de ce monde insulaire perdu au sein des eaux, les dangers de ces lointains voyages, le courage indomptable des hommes qui les accomplirent, voilà de quoi est à peu près fait le charme complexe des découvertes maritimes dans l'hémisphère sud.

Principales périodes. — A première vue, leur histoire paraît aussi complexe que leur attrait ; sans vouloir en donner un exposé systématique à l'excès, il est assez facile de les classer en trois grandes périodes : la première, que nous appellerons période hispano-portugaise, s'étend du milieu du xvi'' au début du xvn" siècle (1526 à 1605 environ) ; — la deuxième, ou période hollandaise, comprend presque tout le xvn" siècle ; — la troisième, ou période anglo-française, comprend à peu près tout le xvni'' siècle.

Espagnols et Portugais. — Les découvertes de la première période se rattachent encore, par leur caractère, à celles du xv*" siècle. C'est par hasard que les Portugais et les Espagnols, sur la route des Moluques à l'Amérique, rencontrent quelques-unes des îles du Pacifique austral : Mariannes et Philippines (Magellan : 1521), Nouvelle-Guinée (1526), Marquises, îles Salomon (1567), terre de Santa- Cruz (Nouvelles-Hébrides) (1605) ; mais ils n'y firent pas de colonisation active, n'ayant trouvé là ni l'or, ni les épiées à la recherche desquels leurs expéditions s'étaient toujours

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exclusiveniont cnnsacrros (1). La dernière enlroprisc, colle de l(î05, dinV'ro cependant des prt^cédenles : elle est dirigée par nn Poringais an service de l'Espagne, Oueiros. Il ne s'agit pins, cette fois, de trouver de l'or et desépices, mais bien de « découvrir le continent austral ». Queiros en fut r « apôtre » : sorte de don Quichotte navigateur, il dépensa son temps, ses forces, épuisa ses ressources à obtenir des souverains d'Espagne le commandement d'une expédition dans les mers du Sud. Celle expédition eut pour résultats la découverte de Santa-Cruz et des Nouvelles-Hébrides et celle, plus importante encore, du détroit de Torrès; c'est, en effet, l'un des lieutenants de Queiros qui explora le premier le détroit qui porte son nom (entre l'Australie et la Tasmanie actuelle); mais la découverte de Torrès resta perdue pour la science, ensevelie dans les archives espagnoles de Manille jusqu'à la prise de cette ville par les Anglais, en 1762.

Queiros revint en Espagne sans avoir atteint le but de son voyage, le continent-fantôme à l'existence duquel il croyait si fermement; après plusieurs années de vaines sollicitations, il équipa lui-même une nouvelle expédition, au cours de laquelle il mourut (1G14).

Hollandais et Anglais. — Avec le xvn^ siècle paraissent d'autres « découvreurs ». Le Portugal et l'Espagne s'effacent devant leurs heureuses rivales, la Hollande et l'Angleterre.

Déjà au temps d'Elisabeth, le corsaire-amiral Drake accomplissait, après Magellan, la deuxième circumnavigation du monde, pillant et ravageant les colonies espagnoles.

Bientôt le» Hollandais s'aventurent à leur tour dans les parages de l'océan Indien et du Pacifique, en chassent les Portugais comme jadis ceux-ci en ont chassé les Arabes, et s'établissent aux Indes orientales et dans les îles de la Sonde.

De là, les nouveaux dominateurs des mers australes cherchent à étendre leur empire colonial par une série d'explorations méthodiques, où domine l'esprit commer-

(I) Ils trouvt'Tcnt de l'or, en pelilc qiiantilé, dans les îlesSaiomoii, àl'ouest flo la Nouvelle-Guinée; le nom qu'ils leur donnèrent rappelle le fameux pays d'Opbir, d'où Salomou, selon la tradition, tirait ses trésors ^Cf. l'héniciena).

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