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L'EXPLORATION DES MERS AUSTRALES

rial, bien que, cependant, les préoccupations scientifiques n'en soient pas absentes.

Le couj) d'essai des Hollandais fut un coup de maître. Sur certaines cartes manuscrites du xvi° siècle (1) figure, au sud-est des îles de la Sonde, une terre aux contours indécis, désignée par le nom de « la grande Jave ». On pense que cette première ébauche de l'Australie est due à des marins français et portugais, maison n'a pu retrouver jusqu'ici aucun document précis sur ces expéditions antérieures à l'année 1606, où les Hollandais prirent terre dans l'île gigantesque à la(iuelle ils donnèrent le nom de 7Yo«velle-IIollande. La reconnaissance en fut longue: en 1642, on connaît de la Nouvelle-Hollande la terre d'Arnhem, sur la côte nord ; le littoral oriental du grand golfe de Carpentarie ; la côte ouest et la moitié occidentale de la côte sud (terre de Nuyts).

En môme temps, vers 1615, Le Maire et Schoiilen cherchant, parle détroit de Magellan, une route vers l'Inde, découvrirent le cap Horn, déjà entrevu par Drake, la Terre des États et le détroit de Le Maire (entre la Terre des États et la Terre de Feu).

Deux grands noms complètent ce cycle de découvertes : ce sont ceux de van Diemen et à'Abel Tasman, de l'inspirateur et de l'auteur des voyages hollandais les plus féconds en résultats scienlifîquos.

Yan Diemen, gouverneur des Indes néerlandaises, organisa, en 1642 et 1644, deux expéditions dont la direction fut confiée à Abel Tasman.

Le plan de la première consistait à partir de Batavia, accomplir le périple de la Nouvelle-Hollande, et revenir aux îles de la Sonde par les terres voisines du cap Horn entrevues par Le Maire et Schouten. Au cours de cette expédition, Tasman découvrit la Terre de vau Diemen (aujourd'hui Tasmanie) et la Nouvelle-Zélande.

Dans son second voyage, ayant pour but de déterminer les rapports exacts de la Nouvelle-Hollande avec les terres nouvelles (de van Diemen et Nouvelle-Zélande), il longea la côte septentrionale et occidentale de la grande terre australienne, et en reconnut la nature insulaire.

Une fois encore s'évanouissait l'hypothèse du « continent

(1) Rainaud [le Continent austral) doune uuc analyse et uq fac-similé de ces cartes.

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anslral » ; les terres révélées \)iiv les dccouverles forlniles (les Ilispaiio-Porlui^ais, par les tlécouverles systématiques des ilollaiulais, n'étaient (iéeidément pas les iVa<?menls du Nouveau Monde océanien rêvé par les savants d'Europe ; malgré leur étendue, Nouvelle-Hollande, Nouvelle-Cniinée n'étaient que des îles. Mais une idée vieille de plusieurs siècles ne disparaît pas dès les premières atteintes de l'expérience. On tint les îles découvertes par Tasman pour des morceaux du « continent austral », illusion d'autant plus explicable que l'obscurité planait encore sur la plupart de ces régions. Tasman n'avait efleclué qu'à moitié le périple delà Nouvelle-Hollande, on n'en connaissait ni la côte sud, ni la côte est, et le grand navigateur néerlandais n'avait pas résolu d'une façon définitive le problème des rapports entre Nouvelle-Hollande, Nouvelle-Guinée, Terre de van Diemen et Nouvelle-Zélande. On persista donc à croire au continent austral jusqu'à l'arrivée de Cook, dont les voyages portèrent un coup décisif à cette chimère.

Explorations scientifiques du XVIIP siècle. — Le xviu'' siècle est, en effet, le « siècle des lumières » dans le domaine des mers australes comme en Europe. « L'âme du xvm'' siècle, c'est l'humanité », a dit Bersot ; il aurait pu ajouter: « C'est aussi la science ». Humanité et science, l'union de ces deux passions si nobles ne se montre nulle part mieux que dans les entreprises maritimes et coloniales de l'époque.

A leur tête se placent la France et l'Angleterre, les deux grandes puissances rivales. C'est à elles que la géographie doit la reconnaissance exacte, complète, du monde océanique.

Le caractère de cette troisième période de découvertes diffère de celui des deux autres. A ce qu'on pourrait appeler le « phénicianisme » hispano-portugais succède le véritable esprit scientifique, encore mêlé de sens pratique du côté anglais, vraiment pur et désintéressé du côté français, w Rien, disent les Instructions anglaises, n'est plus propre à contribuera la dignilé de la couronne aussi bien qu'aux progrès de la navigation et au développement du commerce, que de faii'e des découvertes dans les régions nouvelles. " — On mesure la distance qui sépare

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