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L'EXPLORATION DES MEUS AUSTRALES

1ère ferme le désignèrenl an choix du gouvernement anglais pour diriger ï'expédilion de 1708.

Premier voyage : 1768. — Le liut était double: il s'agissait (l'observera TaïLi le passage de Vénus sur le disque (hi soleil, et de continuer les explorations de Byron, Wallis et Carteret.

Parti de Plymouth en 17GS, sur VEndeavonr, Cook, accompagné de l'astronome Green, des botanistes Banks et Solander, s'engagea dans le détroit de Le Maire, aborda à Taïti où l'observation eut lieu, et commença un voyage d'exploration dont les principaux résultats furent : la découverte des îles de la Société, — la reconnaissance de la Terre de van Diemen, presque oubliée depuis Tasman, et le relevé de la côte orientale de la Nouvelle-Hollande, sur une longueur de plus de 1 600 milles. Banks et Solander donnèrent au golfe où ils abordèrent le nom deBotanij-baij^ à cause de la grande quantité de plantes qu'ils y trouvèrent: c'est là que s'éleva plus tard la ville de Sydney.

Deuxième voyage. — Un second voyage, entrepris en 1772 sur VAdvanture et la Resolution par Cook et les deux Forster père et fils, approfondit et enrichit encore la géographie des mers australes et la connaissance de r« Océanie ». Après avoir re visité Taïti et la Nouvelle- Zélande, Cook, se dirigeant vers le pôle austral, retrouve les Marquises et les Grandes Cyclades de Bougainville, auxquelles il impose le nom déCwïïVii' de Nouvelles-Hébrides, — découvre la Nouvelle-Calédonie, les îles des Amis, la Géorgie du Sud et les îles Sandwich.

Troisième voyage. — Enfin, au cours de son troisième et dernier voyage, à la recherche du traditionnel passage du Nord-Est, obstinément poursuivie depuis plusieurs siècles par l'Angleterre, Cook explore la côte occidentale de l'Amérique, très peu connue encore, longe la presqu'île d'Alaska, pénètre dans le détroit de Behring; mais, arrêté par les glaces, il est obligé de revenir hiverner aux Sandwich, où il périt dans un conflit avec les indigènes (1779). Ses deux vaisseaux, la Résolution et la Discovery, furent

valeur : des sondages dans le Saint-Laurent, le relevé des côtes de Terre- Neuve, des observalious sur une éclipse de soleil à Terre-Neuve en 17GG.

ramenés en Angleterre par ses lieulenanls, nous avons dit on tjuelles circonstances (Ij.

Résultat de ses voyages. — Le retentissement des voyages de (".ook l'ut immense. Ils résumaient avec éclat toute une période d'elïbrts plus ou moins anonymes ou obscurs, de tentatives plus ou moins heureu.ses. Ils coordonnaient en un ensemble systématique les terres éparses que les explorations de près de trois siècles avaient révélées une à une.

Ils faisaient justice de la théorie persistante du « continent austral ». ('ook a tranché lui-même cette question, pendante depuis si longtemps, en termes énergiques et précis : « Notre navigation, dit-il, a certainement été défavorable aux idées qu on s'était formées d'un continent méridional, puisque nous avons parcouru, sans le trouver, au moins les trois quarts des positions dans lesquelles on suppose qu'il existe... Je me flatte qu'on a bien définitivement fini de le chercher. »

A la place de ce continent imaginaire, les voyages de Cook, précisant et rectifiant toutes les expéditions antérieures hispano-portugaises, hollandaises et franco-anglaises, substituaient l'image exacte du monde océanique, de ces îles innombrables, de toutes grandeurs et de toutes formes, jetées sans ordre à la surface des mers du Sud, depuis l'énorme Nouvelle-Hollande jusqu'aux infiniment petits du monde océanien, aux atolls déserts perdus dans l'immensité du Pacifi(iue austral. Aux esprits d'alors, ces régions de « l'insulinde » apparaissent comme enveloppées de mystère et d'une sorte de poésie étrange : les récils des navigateurs, ce qu'ils racontaient des Papous au teint noir, aux cheveux crépus, des marins aux dents aiguës, aux mœurs féroces, des Taïtiens indolents et doux comme le climat de leur île; leurs descriptions de la nature polynésienne, de l'arbre à pain, des cocotiers, des îles de corail, tout cet exotisme océanien enchanta les imaginations, comme jadis l'Inde avait enchanté les contemporains d'Alexandre, la Chine et le Japon ceux de Marco Polo, l'Amérique ceux de Christophe Colomb. Bougainville en France, Cook en Angleterre, Forster en Allemagne, pro-

(I) Voy. l'extrait de la lettre do Louis XVI précédemment eité.

L'RXPI.ORATION DES MERS AUSTRALES. fin

pniirrenl le goùl de l'exotisme qui est devenu un des traits caractéristiques des hommes (raujourd'liui (1).

Les œuvres de colonisation. — Dernières découvertes. Mais les nations d'Europe ne se bornèrent pas à faire en Occanie récolte d'impressions nouvelles : elles en firent un champ de colonisation. Cette mise en valeur des îles océaniennes ne fut pas inutile aux progrès de la science, surtout en Nouvelle-Hollande, la plus grande, la moins bien connue de toutes. La reconnaissance qu'en fît Cook fut complétée après lui par le malheureux La Pérouse (2) (1785), et surtout par (V Entrecasleaiix, Vancouver, Bass (1798), qui découvrit le détroit qui sépare la Terre de van Diemen de la Nouvelle- Hollande, Baiidin, Flinders. En 180-2, les contours en étaient définitivement fixés et le nom de Nouvelle-Hollande remplacé par celui d'Australie.

L'intérieur de l'Australie est une conquête relativement récente; elle ne commença guère qu'en 1831, avec l'immigration libre; jusqu'alors, la grande île océanienne n'avait reçu que des convicts. La découverte de mines d'or, en 1851, détermina un énorme afflux d'hommes vers les placers de Melbourne et de Sydney. Enfin, la séparation des provinces du Sud s 1856-1859) fut le point de départ d'une série d'explorations et d'études locales qui ne demandent plus qu'à être réunies et systématisées pour former une image complète de la terre australienne (3j.

Parmi les plus notables expéditions du milieu du xix" siècle, citons celles d'Eyre, dans la Terre de Nuyts (côte sud-ouest) (1840) ; de Leichardt, qui disparut dans la traversée du continent d'est en ouest 1 1848), de Burke et Mac-Donall-Stuart (1861-1862), dont l'itinéraire nord-sud fut adopté pour l'établissement du télégraphe transcontinental, qui est devenu le principal point de départ des explorations intérieures de détail.

« Je me flatte, avait dit Cook, que maintenant l'hémisphère austral est suffisamment exploré. »

Nous venons de voir, en un rapide aperçu des décou-

(1) Voy. Forster, Humboldt... jusqu'à Loti.

(2) Les dernières leUres de La Pérouse, envoyé par Louis XVI sur les traces de Cooi<, sont datées de Sidney. On ignore ce qu'il devint ensuite. Oa suppose qui! se perdit corps et bieOs ptès do la petite île de Vanikoro.

(3) En projet en 1890.

GÉOGRAPHIE OÉNÉRALE. O

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verles australiennes, qu'il restait encore des lacunes à combler.

L'extrême Sud, la région du pôle, avait déj<^, dès le xvu" siècle, attiré l'attention des navigateurs, et celle de Cook lui-même s'y était portée. Il y avait là un domaine plus mystérieux, plus hostile môme que celui où s'étaient aventurés les hardis marins du xvni' siècle.

C'est vers ce but nouveau que se dirigeront les expéditions du XI x".

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