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CHAPITRE IX

Sommaire.

Incertitude au sujet de la nature exacte des phénomènes qui modifient la surface du Globe. — Phénomènes actuels : éruptions volcaniques, tremblements de terre.

Les volcans. — Hypothèse d'un feu intérieur : température des mines et des sources. Accroissement de la chaleur avec la profondeur; le noyau terrestre serait constitué d'un bain de matières métalliques en fusion où dominerait le fer et qui tendrait à monter à travers les fissures de l'écorce terrestre et à se faire jour dans les parties disloquées. Les éruptions : formation des cônes volcaniques. Volcans en activité et au repos. JMécanisme des éruptions. La lave : vitesse différente de la coulée; scories; cratères adventices; composition chimique de la lave (feldspath, pyroxène, fer titane); basaltes et trachytes ; chaleur de la lave. — Principales éruptions connues : Vésuve (79), Cotopaxi (1742), Krakatau (1883), la Martinique (1902)..

Ordonnance et formation des volcans. — Variété des explications proposées ; extrême variété des conditions et des causes d'éruption. Théorie d'après laquelle les volcans seraient établis sur les grandes li;^nes de l'écorce terrestre. Objections. Théorie de Suess : effondrements de la croûte vers l'intérieur. Distribution géographique des volcans : le cercle de feu de l'océan Pacifique. Objections.

Les geysers., éruption volcanique d'eau. — Les suffioni de Toscane, les solfatares, les salses ou volcans de boue. Les sources thermales. Les fumerolles ou mofettes, émanations gazeuses.

Les tremblements de lerre. — Mouvements sismiques continuels. Description du phénomène : secousses, tantôt trépidatoires ou verticales, tantôt

(1) Ce chapitre est la conclusion d'études déjà faites dans la plupart des chapitres précédents. Nous ne reviendrons pas à l'examen des questions déjà touchées; nous ne nous arrêterons qu'aux problèmes qu'il nous a paru intéressant de grouper à part et dont la solution n'a été recherchée dans aucun des chapitres antérieurs. Cf. Action des glaciers, p. l'9"$ ; Modification des eûtes, p. 3'22; Érosion des eaux cuu/antes, p. 302; Deltas, p. 305.

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liurizoïitales ou (iiidtilatoires, t.mtôt, mais plus rareiueiil, giratoires. Les vibraîions se propagent avec une vitesse iiilluen(;ée par la nature des terrains et leur état de disloralion. Tremblements de terre les plus fameux : bords delà Méditerranée en 5"2G. Lisbonne (1753), Calabre (17.S:î), Caracas (ISI'2), Ischia (1883). Causes des tremblements de terre. Origine volcanique. Théorie de Suess. Mouvements de l'écorce terrestre, séismes d'origine volcanique et scismes tectoniques ou de dislocation.

Les mouvements lenls du sol. — Soulèvements et affaissements. Soulèvement de la cote du Cbili, affaissement des côtes de la Belgique et de la Hollande.

Variations séculaires du climat et de la ve'gétalion. — Dans les limites des temps accessibles à rhistoire, il ne semble pas qu'il se soit produit des changements de végétation et de climat assez importants pour influer sur le sort des humains.

Dans quelle mesure on peut reconnaître les modifications actuelles de la Terre. — Le nombre des phénomènes de modificalion de la surface terrestre que peut observer un homme ou une généralion d'humains ou un siècle est peu de chose. L'élude géologique nous fait remonter bien au delà du domaine des phénomènes actuels, et restitue à la Terre ses formes d'autrefois par un etTort d'imagination qui remonte beaucoup plus haut que l'apparition des premières sociétés humaines.

Toutefois, si nos observations du présent, ou celles du passé historique attesté par des témoignages, ont un grand caractère de précision, les spéculations qui remontent plus loin dans l'histoire de la planète sont nécessairement enveloppées d'arbitraire : nous ne pouvons remonter ni rigoureusement aux causes premières, ni même aux premiers anneaux de la chaîne des phénomènes

Forces qui modifient l'aspect de la Terre. — Nous saisissons sur le vif un certain nombre de faits bien établis de modincation de la surface terrestre, par exemple ceux qu'entraînent les grandes catastrophes des tremblements de terre et des éruptions volcaniques. Mais, dès que nous voulons percevoir la force qui est à l'origine de ces bouleversements dont notre imagination est frappée, nous tombons dans le domaine de l'hypothèse. Y a-t-il une relation constante ou seulement accidentelle, passagère, entre les tremblements de terre et les éruptions volcaniques? Ici, les deux ordres de phénomènes sont en connexion évidente ;

ailleurs, chacun d'eux apparaît is^olé. Où est la cause des éruptions volcaniques et de quelle nature est-elle? Kxistet-il un feu central à Fintérieur de la Terre, ou des dépôts isolés de matière ignée dans certains points du Globe audessous de la croûte terrestre ? Nous ne le savons pas. Les tremblements de terre sont-ils partout et toujours l'expression de la môme force qui a déterminé les plissements montagneux du Globe ? Cela n'est point prouvé ; ou, s'il y a parfois identité entre les deux forces, cette identité n'est point constante. Faut-il donc imaginer une catégorie spéciale de forces qui auraient pour rôle, abstraction faite des accidents dramatiques des éruptions de volcans et des tremblements de terre, de modeler toujours à nouveau la surface des terres? Doit-on, au lieu d'imaginer des forces d'explosion comme celles dont les tremblements de terre et les volcans nous donnent un témoignage, croire que les mouvements actifs d'où résulte la formation des montagnes ne sont qu'un contre-coup des effondrements, et pour ainsi dire leur contre-partie ? L'imagination se perd dans la recherche de ces forces dont certains observateurs constatent surtout la diversité et que d'autres veulent ramener à l'unité par hypothèses. Le plus sage en matière de sciences physiques et naturelles est de s'en tenir à ce qui est constaté, et de ne parler de forces et de lois distinctes que quand on en a perçu les actions isolées. Or, tout semble enchevêtrement, combinaison, en proportion variable dont la nature dernière, dont la localisation même nous échappent.

Modifications observées. Hypothèses scientifiques. — Quoi qu'il en soit de la nature exacte des forces qui modifient la surface du Globe, on n'en peut nier les modifications. Ici s'élèvent des montagnes où furent jadis des plaines ; là les montagnes nivelées ont fait place à des surfaces plates. Il est tout aussi prouvé que la mer n'a pas de tout temps touché les continents à la même hauteur. Des régions étendues ont été secouées par les tremblements lie terre, déchirées par les éruptions et les explosions volcaniques. Ailleurs, ces éruptions volcaniques ont fait des œuvres gigantesques de reconstruction et rejeté des cendres et des laves de diflerente nature. Les glaciers burinent perpétuellement la surface de notre Globe. Les fleuves

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arrachent des flancs des montagnes et des plaines des masses de terre qu'ils vont jeter sous forme de deltas dans la mer.

Ces modifications que nous voyons, dont nous ne pouvons point douter, nous amènent, le plus logiquement du monde, à admettre qu'il s'est produit dans l'histoire déjà si vieille de la planète des modifications bien autrement importantes. S'il y a quelque incertitude dans l'histoire des effondrements de masses continentales et des suppressions de surfaces marines, telle que nous la présente aujourd'hui la science géologique à ses, débuts de généralisation, il y a néanmoins dans ces f^its une grande part de vérité : il reste à la nuancer et à la localiser. Mais ce ne sopt point là les modifications actuelles de la Terre : ce passé nous avertit seulement que l'écorce terrestre subit, dans des laps de temps qui échappent même à l'observation historique de plusieurs siècles, des mouvements de longue durée qui ont au moins autant d'importance que les brusques évolutions dont nous sommes témoins. Mais ces recherches sont du domaine de la géologie : les résultats physiques auxquels elles aboutissent ne peuvent intéresser le sort des sociétés humaines, pour lesquelles l'écorce terrestre, en raison de leur faible durée, est à peu près stable.

Bien plus encore que la naissance et la mort des montagnes, que l'effondrement des continents, que le comblement des cuvettes océaniques, nous échappe un élément essentiel de modification du Globe, l'élément astronomique. Le changement des climats du Globe qui détermine la surabondance et la rareté des glaciers, la multitude des eaux courantes ou la grandeur des surfaces désertiques, la longévité des montagnes ou leur courte existence, dépendent aussi de modifications dont le Soleil est le théâtre et dont la Terre subit la répercussion. Or cet élément essentiel, nous ne pouvons l'atteindre que par des hypothèses faites à l'aide de l'observation des conséquences : et cela est fort périlleux. On risque souvent d'attribuer aune force ayant son siège dans la terre des phénomènes auxquels a collaboré peut-être quelque force extérieure d'attraction ou de chaleur, etc., etc.

Pour les géographes, il convient de s'en tenir aux phénomènes actuels les plus sûrement observés, comme les éruptions volcaniques, les tremblements de terre, l'érosion et

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l'alluvionnemcnt des glaciers et des fleuves, le choc des mers contre les continents : c'est ce que nous voyons le mieux, le plus rigoureusement, et c'est ce qui agit le plus efficacement sur les sociétés humaines, ici on les détruisant, là en leur retirant des terres qui les aidaient à vivre, plus loin en leur en adjugeant de nouvelles.

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