‹ Géographie générale [microforme]Chapitre 100 sur 630 · PT RE · texte numérisé non relu

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fertilité est remarquable, surtout dans les communes de Pirou et de Créances.

Detempsen temps la côteestinterrompue par descriquesprofondes etétroites, ouhavres, dans lesquelles on recueille un sable appelé tangue. La tangue est composée de deux éléments :

le sable et le carbonate de chaux. Le sable est enlevé par les rivières aux terrains granitiques ou schisteux qu'elles traversent; le carbonate de chaux est dû aux débris de coquilles et de zoophytes, et aux coquilles microscopiques qui setrouvent dans la tangue en nombre immense, Employée comme engrais, la tangue donne aux terres schisteuses du Cotentin une fertilité incomparable. ;

La violence des courants et des marées rend très-dangereuse la mer qui baigne cette riche et belle contrée. Le port de Dielette, utile refuge sur le dangereux passage de la Déroute, le petit havre de Portbail, défendu par un fort, le havre de Saint-Germain, à l'embouchure de l’Ay, le havre de Regnéville, situé à l'embouchure de la Sienne et qui sert de port à Coutances, ne sont des abris que pour de petits bâtiments ; le seul port est celui de Granville, sûr et commode, mais petit. Granville est un port de commerce, mais surtout un port de grande pêche; c'est une relâche très-importante entre Cherbourg et Saint-Malo, et d'autant plus utile, que cette route est commandée par Jersey, qui est aux Anglais.

L'Angleterre possède, en effet, les iles Normandes, dernier reste de ses anciennes possessions de France. La plus septentrionale de ces îles, Aurigny, est séparée du Cotentin par le Rax de Blanchart ; Guernesey est au centre ; Jersey, qui est au S., est séparé du Cotentin par le passage de la Déroue, détroit encombré d’ilots, de récifs et de bancs, et dans lequel les courants sont d'une violence extrème.

Le port de Saint-Hélier, dans l'ile de Jersey, est très-fortifié et renferme un arsenal maritime et militaire. De cette redoutable position, l'Angleterre menace toutes les côtes de France sur le golfe de Saint-Malo et intercepte les communications entre Cherbourg et Brest.

A 10 kilom, au N.-0. de Granville se trouvent les îles Chausey, amas de rochers et d'ilots granitiques et aridest; à mer haute, on en compte cinquante-trois, dont une vingtaine sont couvertes d’une mince couche de terre, où croît un peu d'herbe. La plus grande a six habitants qui exploitent une petite ferme, Autre-

‘ Noy. les. iles Chausey, par A. de Quatrefages, dans la Revue des Deux Mondes du 4° mai 1842.

fois l'ile était plus peuplée et possédait une abbaye, qui a été abandonnée en 1453. Les îles Chausey appartiennent à la France et renferment le mouillage du Sound, fort utile comme relâche. Leurs carrières de granite donnent lieu à une exploitation considérable‘, et là pêche du homard et des congres est fort active sur le littoral de ces îles.

Le homard et la langouste sont pris sur les fonds rocheux du littoral normand et breton.

Les langoustes de la presqu'île de la Hague sont réputées pour la délicatesse de leur chair ; Formigny en fait un immense commerce. On exporte annuellement en Angleterre près de 300,000 kilogr. de homards, pour le transport desquels on emploie des sloops à réservoirs d’eau de mer, construits spécialement pour ce service ?,

La partie des rochers des îles Chausey que recouvre la haute mer est tapissée d'algues qui fournissent une immense quantité de varech ou goëmon, qu'on emploie comme engrais, mais qu’on recueille surtout pour le brûler et en extraire la soude contenue dans ses cendres. Le varech abonde non-seulement aux îles Chausey, mais sur la côte du Cotentin et sur tout le littoral de la Bretagne. On récolte annuellement sur les côtes de Normandie et de Bretagne 4 millions de kilogr. de soude de varech, dont 1 million est employé dans les verreries.

Les grèves de la baie du Mont-Saint-Michel.

La baie du Mont-Saint-Michel ou de Cancale, dont l'aspect est si pittoresque , est au sommet de l’angle formé par les côtes des deux presqu'îles du Cotentin et de la Bretagne:

elle baigne l'Avranchin et une partie de la Bretagne jusqu'à la pointe aiguë appelée le Groin de Cancale. Les rives de la baie sont peu élevées, verdoyantes et plantureuses, surtout dans l’Avranchin. Dans toute son étendue, la mer découvre de vastes grèves blanchâtres, composées de tangue et sillonnées par de nombreux ruisseaux et par les emhouchu-

‘ Les trottoirs de Paris sont bordés en général avec du granite de Chausey.

#Le homard habite les mers du Nord, depuis la Bretagne jusqu'en Norwége; comme il se tient sur les roches granitiques et schisteuses anciennes, et qu’il évite les falaises crayeuses, il abonde sur nos côtes et manque complétement en Angleterre. — La langouste est plus méridionale ; elle est surtout abondante sur les côtes sud de la Bretagne.

# Varech, du scandinave vrecken, jeter. — On appelle varech les plantes marines ‘jetées à la côte par la mer.

+ La fabrication de la soude artificielle à fort diminué ce dernier usage du varech.

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res de quelques rivières, la Sée, la Sélune et le Couesnon, qui changent fréquemment de lit au milieu de ces sables. La superficie des rêves est au moins de 150 kilom. carrés; elles ont 20 kilom. de large devant la Sée et la Sélune, et seulement 5 kilom. devant le Vivier.

Les côtes de l’Avranchin présentent une alternative de grèves herbacées servant de pàturages, et de grèves nues, que l’on désigne à tort sous le nom de marais salants. Ce sont de grandes plages de tangue, parfaitement unies, sur lesquelles, après que la mer s’est retirée et que le soleil les a séchées, on recueille avec des râteaux le sablon chargé du sel que la mer y a déposé. Puis, on extrait le sel contenu dans le sablon par une suite d'opérations longues et coûteuses. Au temps de la gabelle, les salines de l’Avranchin, grâce au monopole, étaient assez prospères et produisaient 60,000 quintaux métriques de sel ! ; le rapport de ces laveries de sable est aujourd'hui peu considérable.

Entre l'embouchure du Couesnon et Chàteauricheux, village situé à 500 m. au S. de Cancale, les grèves s’adossent aux marais de Dol, qui en sont séparés par une digue de 29 kilom. de longueur. Les marais de Dol, quoique imparfaitement desséchés, sont la parlie la plus fertile de la Bretagne. « Ce territoire, de 11,220 hectares, abonde en fourrages, en grains, en légumes; les arbres y plient sous le poids des fruits; le tabac et le chanvre réussissent à souhait ?, » Les marais de Dol sont d'anciennes grèves qui ont été endiguées au onzième siècle, et dont la richesse devrait ètre un encouragement pour conquérir sur la iner les grèves qui les précèdent.

Au milieu des grèves blanchâtres de la baie, à 10 kilom. au N. de Pontorson, s'élève majeslueusement le noir rocher du Mont-Saint-Michel, surmonté d'élégantes constructions gothiques. Ge roc de granite a 9,000 m. de circonférence et 125 m. de hauteur. À 2 kilom.

et demi du Mont-Saint-Michel se dresse aussi au milieu des grèves, le rocher de Tombelaine. Ces deux rocs, d’aspect pittoresque, sont régulièrement séparés de la terre deux fois par jour, par la marée, On ne communique avec eux qu'à marée basse. en profitant « du bas de l’eau», eten traversant les grèves, ce qui offre plus d'un danger, à cause des lises ou sables liqui-

des et mouvants, Un village de 300 habitants,

‘ Voy. Guerrann, Mém. sur les salines de l'Avranchin, dans les Mémoires de l’acad, des Sciences, 1758.

% Bauvr, les côtes de la Manche, dans la Revue des Deux Mondes du 1° juillet 1851.

presque tous pêcheurs, et une magnifique abbaye occupent le Mont-Saint-Michel. Vertica! 1t inabordable de tous côtés, excepté au S rocher est défendu dans cette partie par unv vieille muraille, réparée sous Louis XIV. En 1423, une armée anglaise tout entière essaya de prendre le Mont; ses efforts se brisèrent devant l’héroïque résistance de 119 gentilshommes bretons et normands.

Avranches, Pontorson et le Vivier, au \.

de Dol, sont les seuls ports des grèves, et n’ont aucune importance.

La baie du Mont-Saint-Michel présente les traces des plus grands bouleversements ; dans toutes les grèves, dans celles de Dol, du Mont et de Granville, on rencontre d'immenses quantités d’arbres enfouis, qui sont les restes de l’ancienne forêt de Scisey où Chausey, détruite au onzième siècle par la mer, qui ensuite a tout ensablé ?. Autrefois le Mont-Saint- Michel et Tombelaine étaient au milieu des forêts; tout ce sol, aujourd'hui conquis par la mer, était émergé et boisé; les traditions populaires disent même que les bois s'étendaient jusqu'aux îles Chausey.

La baie du Mont-Saint-Michel se termine à l'O. par une presqu'île rocheuse, dont Ja pointe la plus septentrionale, bordée de rocs escarpés, est le Groin de Cancale. C'est à une petite distance au Sud du Groin, que se trouve la ville de Cancale, dont le port est à la Houle, et qui donne son nom à une rade 5, où des vaisseaux de ligne trouvent un bon mouillage. La rade de Cancale est défendue par le fort des Rimains, construit sur l’ile du même nom. — En 1758, les Anglais débarquèrent à la Houle, et de là allèrent brûler les environs de Saint-Malo, sans pouvoir toutefois s'emparer de la ville.

La baie du Mont-Saint-Michel, entre Granville et Cancale, est couverte de bancs d’huitres re nommées par leur bonne qualité. C’est une des plus importantes régions de pèche des huîtres qui se trouvent sur tout le littoral français ; les bancs qui existent dans la rade de la Hougue, à Saint-Valery-en-Caux et à Saint-Valery-sur-Somme, sont beaucoup moins considérables. Les pècheries de Granville, de Regnéville et de Cancale, fournissaient, en 1852, plus

* Voy. Max. Raouz, Hist. pillor. du Mont-Saint-Michel, 4 vol. in-8°, 1854,

® Voy. A. Mauny, fist. des grandes furéts de la Gaule, p. 254, et J. Desnovens, Mém. de la soc. d'hist. nat. t. Il,

5 La rade de Cancale est au N. de la pointe de la Cliaine, et entre l'ile des Rimains et l'ilot des Landes, amas de rochers de gneiss, sitné an N. et près du Groin,

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de cent millions d'huitres aux pares de la Houle, de Saint-Vaast, de Courseulles et de Dieppe, qui les livraient ensuite à la consommation parisienne !, Les moules se trouvent aussi en grande abondance sur les rochers entre Saint-Malo et Cancale, à Tombelaine, et sur toutes les parties rocheuses du littoral de la Manche. Celles d'Isigny passent pour les meilleures,

Les rochers de Bretagne.

Toutes les côtes de la Bretagne, depuis le Uroin de Cancale jusqu'à l'embouchure du Blavet, dans le golfe de Gascogne, sont partout “levées, découpées et hérissées de rochers et d'écueils, si ce n’est dans le fond des anses, où le sol, s'abaissant graduellement, devient sablonneux, puis vaseux vers la limite de la basse mer. Ce sont le; nombreux contre-forts des montagnes d'Arrée, qui, en se prolongeant Jusqu'à la mer, produisent cette alternative continuelle de baies et de presqu'iles, et cette multitude de rochers, d'ilots et d'écueils, qui donnent au littoral breton un caractère tout particulier. Il doit aux granites et aux schistes qui le composent en entier un aspect uniformément gris, triste et monotone. A! basse mer, les rochers du rivage offrent partout de vastes prairies de fucus et d'algues, d'un aspect sombre et sale. Rien ne ressemble moins aux gaies et verdoyantes côtes du Cotentin; mais les déchirures du sol, la grasseur énorme des rochers de granite, leur bouleversement qui atteste d'anciennes et profondes convulsions, leurs formes aiguës qui alternent continuellement avec de hautes falaises de schiste, la violence de la mer au milieu de ces rochers, qui, grâce à leur solidité, conservent cette presqu’ile à la France, tout concourt à donner à cette partie de nos rivages un caractère de grandeur qu’on ne trouve pas ailleurs. Presque partout, excepté au pied des falaises où la mer est profonde, la basse mer découvre des grèves de sable provenant de la destruction des granites et des schistes. Dans les anses, les grèves sont formées d'une véritable tangue, c'est-à-dire d’un sable fin, trèschargé de calcaire, et qui est un excellent engrais.

1 Épuisés par une exploitation abusive, les bancs de Cancale fournissent à peine 4 millions d'huitres aujourd’hui (1864); on est obligé de les repeupler.

On a établi des huîtrières artificielles sur plusieurs points de notre littoral, dans la baie de Saint-Brieuc, dans l’île de Ré, dans le bassin d'Arcachon, dans la rade de Toulon, etc., et partout l'ostréiculture a parfaitement réussi et produit les plus beaux résultats.

Aprés avoir doublé le Groin de Cancale, on arrive à l'embouchure de la Rance, où sont les deux ports de Saint-Malo et de Saint-Servan. L'embouchure de la rivière forme la rade de Saint-Malo, qui est séparée de la mer par une ligne de récifs et d'ilots rocheux, sur lesquels sont construits les forts de la Grande-Conchée et de Césambre. Saint-Malo, un de nos principaux ports de commerce et de grande pêche, est bâti sur le rocher d’Aaron, réuni à la terre ferme par une langue de terre trèsétroite, appelée le Sillon. Ses corsaires ont longtemps été la terreur du commerce anglais; aussi l'Angleterre essaya-t-elle à plusieurs reprises de détruire Saint-Malo, en le bombardant en 1693, en 1695 et en 1758. — Saint-Servan, au Sud de Saint-Malo, est aussi un port de grande pêche et l’un de nos principaux ports de construction. — Dinan.

sur la Rance, n’est qu'un port de petit cabotage.

Les rudes Bretons du quartier de Saint--Milu ont toujours été placés parmi les meillerus matelots de France; aussi les ordonnances de Louis XIV prescrivaient-elles que le vaisseau amiral de ses flottes serait toujours exclusivement monté par des matelots, des canonniers et des officiers mariniers malouins. C'est un bel hommage retidu à la solidité des comjatriotes de Jacques Cartier, de la Barbinais, de Duguay-Trouin et de Robe”t Surcouft.

Après la Rance on arriv:: Saint-Briac, por!

de cabotage, de pêche et de relâche, puis à la presqu'ile rocheuse de Saint-Jacut, autrefois célèbre par son couvent; elle est jointe au continent par un isthme sablonneux et couveri de dunes, que les Bénédictins avaient fixées, dès 1640, par des plantations. Au delà de la presqu'ile est la baîe de l’Arguenon, terminée au N.-0. par la pointe de Saint-Cast, où l'on trouve un petit village de même nom et une belle plage, sur laquelle les bâtiments échouen! à marée basse. C’est là que le duc d’Aiguillon battit, en 1758, les Anglais, qui avaient débarqué à Saint-Briac,

Entre la pointe de Saint-Cast et la pointe de la Latte, est la baie de la Frenay, au delà de laquelle on remarque le cap Fréhel, haut de 53 mètres et surmonté d'un phare, que l'on voit à 40 kilomètres. La saillie du littoral qui forme le cap Fréhel est coupée à pic et se compose d'énormes rochers, au pied desquels la mer se brise avec violence et en roulant de prodigieuses quantités de cailloux. Ces falaises

#* Voy. Bauvr, les côtes de Bretagne dans la Rerue des Deur Mondes du 15 novembre 1851.

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Au cap Fréhel commence la baie de Saint- Brieuc, qui s'étend jusqu’à la pointe du Sillon, à 60 kilom. à l'O. D'une navigation difficile et encombrée d'écueils, la baie de Saint-Brieuc west fréquentée que par les marins du pays.

« Aucune opulente cité n'attire la navigation sur ses rives, et les hydrographes étrangers ne la citent guère que pour recommander de l'éviter {. » Les rivages de la baie présentent à l'Est : Erquy et Dahouet; le premier possède une rade, qui en fait un port de relâche, et le second est le débouché des produits agricoles des riches contrées qui l’avoisinent. Au centre de la baie, dans une partie où il n'y a point d’écueils, est situë le port du Légué, à 2 kilomètres en amont de l’emboucbure du Gouet. Le Légué, point principal de toute la baie de Saint-Brieuc, a acquis de l’importance depuis quelques années; c’est un port de commerce, de construction et de srande pêche. Saint-Brieuc est à À kilomètre au-dessus du Légué, qui lui sert de port. Dans l'Ouest de la baie, on doit citer: Binic ou lort-Penthièvre, port de grande pêche et de construction; sûr et profond, Binic offre un abri très-utile; — la rade de Portrieux, mouillage assez dangereux entre la côte et les roches de Saint-Quay ; — l’anse de Painpol, bonne station, au fond de laquelle est le port de Paimpol, le plus sûr et le plus commode qui existe entre Saint-Malo et Morlaix ; — L'ile Bréhat, à l'embouchure de la rivière de Pontrieux? ; elle forme le sommet d'un plateau granitique étendu, dont les rochers fourmillent de homards. Le climat de Bréhat est d'une douceur extraordinaire ; il y neige très-rarement, ct les myrtes, qui y viennent en pleine terre, acquièrent un développement considérable. L'ile de Brébat doit la douceur si remarquable de son climat à une branche du Gulf-Stream, qui longe et échoufte toute li côte septentrionale de la Bretagnes.

La pointe du sillon de Talbert termine là haie de Saint-Brieue, au N.-0.; c'est une espèce dedigue naturelle, formée de galets, longue de 9,000 m., et entourée de larges bancs de roche, parmi lesquels sont les Héaux de Bréhat,

1 Bauoc, la baie de Saint-Brieuc, dans la Revu: des Deur Mondes du 15 septembre 1852.

* Où se trouvent les deux petits ports de Lésardrieux vtde Pontricux.

3 A, DE Quarukraces, l'ile de Bréhat, dans la Revue ärs Deux Mondes du 45 février 1844.

sur lesquels on a construit, il ÿ a quelques années, un beau. phare !.

Depuis la pointe du Sillon jusqu'à Brest, la côte bretonne offre toujours les mêmes caractères de sauvage grandeur et les mêmes dangers pour la navigation. On n'y rencontre que le port de Tréguier, Perros, dont la rade trés-sûre offre un refuge utile, et Lannion, port de commerce sur le Guer?, On arrive enfin à Morlaix, situé au confluent du Jarlot et du Keflent, à 11 kilom. de la mer; Morlaix a un bon port, très-commerçant, et une rade sûre, dans laquelle de grosses frégates trouvent un excellent mouillage; j'entrée en est défendue par le fort de l'ile du Taureau. On trouve encore près de Morlaix une importante forêt sous-marine 5, — Au delà, est le port de Roscoff, puis l'ile de Batx, où l’on a établi un port de refuge, important par sa position à l'entrée de la Manche. Près de 4,000 bâtiments relâchent, chaque année, au port de Batz.

On trouve à l'embouchure de l’Abervrach un mouillage très-sûr pour les gros navires et un bon échouage pour les petits; cet abri, le seul qui existe sur la côte très-dangereuse qui s'étend de Batz au Conquet, est défendu par le fort Uézon. — Après les roches de Porsal, la côte tourne au Sud, forme le port de relâche de Laberildut et la pointe de Saint-Matthien ».

Ici nous quittons la Manche pour entrer dans l'océan Atlantique.

La pointe de Saint-Matthieu est la plus occidentale de la France ; elle est escarpée et surmontée d’un phare. Le Conquet, situé près et au Nord de la pointe de Saint-Maithieu, n°a qu'un petit port, mais sa rade est sûre et offre une bonne reliche.

“Les côtes de la France sont éclairées pendant toute la durée des nuits par 45 phares de premier ordre, 5 de deuxième ordre, 55 de troisième ordre, à feux flottants et 186 fanaux ou feux de ports (1863;.

? Ces parages, couverts d'îles rocheuses, la plupart désertes, sont défendus par le fort des Sept-Iles.

% Le littoral entre la Seine et la Loire présente nn grand nombre de forèts sons-marines ; on les vencontre entre Courseulles et Arromanche, à Port-en- Bessin, aux iles Chausey, à Coutances, Granville, à la baie de Cancale, dans les marais de Dol, à la baie de Poubalay, à l'Ouest de Saint-Malo, à Morlaix, à Lesueven, à la baie de la Forest, au Sud-Est deQuimper, dans la Vilaine, ente Redon et Renac, et à Saint- Nazaire, Toutes ces forêts sont composées des mêmes arbres que ceux qui croissent aujourd'huisur les terres voisines ; elles ont été submergées à une époque récente, et ces destructions proviennent d'affaissements du sol.(Dunocuen, Obserr. sur les foréls sous-marines. dans le comple rendu de l'acad, des Sciences. Voy. aussi le Moniteur du 15 décembre 186.)

* Où était établie une petite abbaye de Bénédictins appelée Notre-Dame de Grèce Fin-de-Terre,

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A 18 kilomètres à l'O. de Laberildut, est l'ile d'Ouessant, dont les côtes présentent presque partout d’inaccessibles falaises, excepté à Saint- Michel, petit port habité par des pêcheurs, qui font le commerce des sardines.

La sardine se rencontre dans les eaux profondes de la Bretagne, depuis Morlaix et Ouessant jusqu’au Croisic ; mais c’est dans les environs de Camaret, de Douarnenez, de Concarneau et de l'ile de Groix, qu’on la trouve en plus grande abondance. On la pêche aussi, dans le golfe de Gascogne, au Croisic, aux Sables-d'Olonne, à la Rochelle, à l'entrée de la Gironde, où elle est connue sous le nom de royan, et à Saint-Jeande-Luz. La pèche de la sardine, en Bretagne, occupe # à 5,000 marins, et les 600 millions de sardines qu’ils prennent rapportent 3,500,000 francs.

En 1778, notre amiral d'Orvillers livra à la flotte anglaise, dans les parages d'Ouessant, une bataille qui, malgré l'indécision de ses résultats, commença dignement la guerre d'Amérique.

A l'E. d'Ouessant est le plateau marin de la Helle, séparé du plateau des Platresses par le chenal de la Helle. Entre les Platresses et la Bretagne, est situé le Four, chenal long de 20 kilom., étroit et dangereux. An S.'d'Ouessant, le passage du Fromveur sépare cette île de l’île de Bannec, qui commence une chaine d'ilots dirigés au S.-E. et entourés par une ceinture de bas-fonds, dont la partie méridionale porte le nom de chaussée des Pierres- Noires; cette ceinture et cesîles composent un grand plateau marin, dont le bord oriental forme la plus grande partie du côté ouest du chenal du Four.

Après avoir doublé la pointe de Saint-Matthieu, on remarque l’anse de Bertheaume, défendue par un fort, et on pénètre par le Goulet dans la rade de Brest. Le Goulet est un canal étroit, resserré par la presqu'île de Quélern et coupé en deux par la roche Mengam, sur laquelle est un fort qui bat le passage.

L'isthme de la presqu’ile de Quélern est défendu par les lignes de Quélern, clef de la défense de la rade de Brest, et douze forts on batteries défendent le Goulet et ses abords. —

Brest, le premier port de guerre de la France et son principal arsenal sur l'Océan, est à l’embouchure de la Penfeld, sur la rive septentriouale dela rade. C’est Colbert, aidé par Duquesne et Dinfreville, qui fonda, de 1665 à 1681, le port et l’arsenal de Brest, tutela classium, comme le dit la médaille frappéeen mémoire de ces grandes créations. Son œuvre fut achevée et complétée, sous Louis XV, par l'ingénieur Cho-

quet de Lindu. Le port de Brest est un des plus beaux et des plus sûrs de toute l'Europe, comme sa rade en est une des plus belles; il peut contenir 50 bâtiments de haut bord, et est défendu de tous côtés par d'importantes fortifications. La rade renferme plusieurs mouillages excellents, parmi lesquels on doit citer la baie de Landédenec, et plusieurs ports de commerce, dont les plus importants sont :

Landerneau, à l'embouchure de l'Élorn, Port- Launay, à l'embouchure de l’Aulne, et Le Faou*.

La presqu’ile qui borne auS. la rade de Brest est très-découpée et forme elle-même plusieurs petites péninsules : l’île Longue, la presqu'ile de Quélern et la presqu'île de Crozon. Eutre les deux dernières est l’anse de Camaret, qui offre un bon mouillage.

Le passage de l’Iroise donne accès à la rade de Brest; il est situé entre la presqu'île de Crozon et la chaussée des Pierres-Noires.

En continuant de suivre les côtes de la Bretagne, toujours formées de rochers ou de falaises, on arrive à l'anse de Dinant, puis au Beyar-c'haor ou pointe de la Chèvre, et à la bair de Douarnenez, où l’on trouve la rade de Donarnenez, qui est peu sûre, et le port de pêche de Douarnenez. Après, on rencontre la baie des Trépassés et le Beg-ar-Razx ou pointe du Raz, haute de 100 m.et du plus imposant aspect.

On est là à l’extrémité de la Cornouaille (Cornu Galliæ), et les côtes déchirées et sans ports de cette terre de granite sont aussi dangereuses que le sol qui les borde est triste et aride. Les rochers et les falaises, sur lesquels la mer, toujours en fureur, se précipite avec une incomparable violence, font de ces quartiers les parages les plus justement redoutés.

À à kilom. à l'O. de la pointe du Raz, est l'ile de Sein, entre laquelle et la pointe du Raz est situé le Razx de Sein, détroit extrêmement dangereux. L'ile de Sein, longue de 3 kilom., se continue à l'O. par une chaussée de rochers et de hauts-fonds, qui se prolongent jusqu'à 20 kilom. L'ile est un rocher presque stérile, habité par d’intrépides pêcheurs, renommés pour le courage qu'ils mettent à porter des secours aux bâtiments qui sont en danger.

L'ile de Sein renferme un port de relâche.

Au temps des Druides, Sein était la résidence de neuf prêtresses qui rendaient des oracles,

Du haut de la falaise qui forme la pointe du Raz, on jouit d’une vue justement célébre par

* On a établi, en 1859, un port de commerce à Brest mème, dans l'anse de lorstrein. Les paquebots à vapeur de la ligne du Havre à New-York font escale à Brest. k

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la beauté du paysage, et près de là est l'Enfer de Plogoff'; c'est un abime où la mer s’engouffre, avec un bruit épouvantable, au milieu de rochers rougeàtres et pittoresques.

Au delà est la baie d’Audierne, dont la côte est basse, sablormeuse et bordée de dunes.

Audierne, port de commerce, offreune bonne relâche sur cette côte ditficile ; mais une barre en rend l’entrée dangereuse, bien qu’on ait déjà exécuté divers travaux destinés à améliorer l'entrée de ce port.— La pointe de Pen-marc'h (tête de cheval) est une haute falaise noire, entourée de récifs et surmontée d’un phare. Au delà et jusqu’à la Loire, la côte suit une direclion constante au S.-E. Jusqu’à Lorient, le premier grand port que nous ayons à mentionner depuis Brest, les seuls abris de la côte sont les petits ports de relâche ou de pèche de :

Pont-Labbé, Bénodet, Quimper, sur l'Odet, à 17 kilom. de la mer, Concarneau, port d’échouage à l'embouchure du Moreau, Pontuven et Quimperlé. — À 16 kilom. au S.-0. de Concarneau, sont les les de Glénan, au nombre de neuf et entourées d’écueils ; elles sont habitées par des pêcheurs, et défendues par le fort Cigogne.

Lorient, place forte, arsenal maritime, port de guerre et de commerce, est situé au fond de la baie de Saint-Louis, à l'embouchure du Scorf, qui s’y jette dans le Blavet. Le port de Lorient est grand, sûr et commode, et sa rade offre un mouillage excellent et étendu. Lorient a été fondé, en 1728, par la compagnie des Indes, — Port-Louis, situé à l'entrée de la rade de Lorient, à l'embouchure du Blavet, a un bon port qui pourrait recevoir des vaisseaux de ligne; mais le voisinage de Lorient a arrêté le développement de Port-Louis; ce n'est aujourd’hui qu'un port de relâche et de pêche. — Hennebon, sur le Blavet, fait un commerce assez actif.

À 6 kilom. de l'embouchure du Blavet est l'ile de Groix, rocher élevé, couvert de landes et de quelques terres cultivées; ses habitants se livrent presque tous à la pêche de la sardine. L'ile de Groix est défendue par le fort Lacroix.

Marais salants du golfe de Gascogne,

BRETAGNÉE, FOITOU, AUNIS, SAINTONGE, }

Après l'embouchure du Blavet et jusqu'au Croisic, la côte perd les caractères que nous avons constamment observés depuis Saint- Malo; elle devient basse, présente sans cesse une alternative de baies sablonneuses, quelquefois bordées de petites dunes, et de pointes rocheuses mais peu élevées;

Jusqu'à la presqu'ile de Quiberon, la côte est basse et sablonneuse. L'isthme étroit, sablonneux et couvert de dunes, qui réunit la presqu'ile, n’est à proprement parler qu’une plage d’alluvions modernes, mais la presqu'ile ellemême est haute et accidentée; la pointe de Conguel la termine au S., et le fort Penthièvre la défend au N, en fermant l'isthme. La baie de Quiberon est à l'E. de la presqu'’ile ; son rivage septentrional est formé de grèves sablonneuses ; elle offre partout un bon mouillage, mais son entrée est dangereuse, En 1795, les Anglais y débarquèrent un corps d'armée, qui fut battu par Hoche après un sanglant combat. Le Port-Maria, à Quiberon, est un port d’échouage et de relâche; c'est le passage de France à Belle-Isle. Au S. de Quiberon est Belle-lsle, l’ancien domaine de Fouquet. Belle-fsle à 40 kilom. de circonférence; ses côtes, très-découpées et rocheuses, forment la rade et le port du Palais, port de commerce et de reläche. Le sol est d’une fertilité remarquable. Les Anglais s'emparérent de Belle-Isle en 1761, mais ils la rendirent en 1763, à la paix de Paris.

Entre Belle-Isle et la Bretagne, il faut signa ler une chaîne d'ilots rocheux, de récifs et de banes, dirigés du N.-0. au S.-E., entre la pointe de Conguel et l’île de Hoëdic, à l'E. de laquelle sont encore des bancs et des roches, qu'on appelle les Cardinaux. C’est là que commença ia honteuse bataille navale de 1759, qui se termina, dans la baie de Quiberon, par la déroute et la fuite déplorable d’une partie de la flotte que commandait l’aniral Conflans.

Après les grands monuments celtiques de Carnac, situés sur le rivage de la baie de Quiberon, on arrive au Morbihan !, golfe de 20 kilom. de longueur, parsemé d’iles fertiles, peu profond, fermé au S. par la presqu'ile de Rhuys, et qui s'ouvre sur la baie de Quiberon par une entrée assez étroite. On trouve sur les rives du Morbihan : Locmariaker, port de relâche; — Auray, dont le port est bon et commerçant; — Vannes, qui n’a qu'un petit port presque envasé. Vannes est l'ancien Dariorigum, métropole des Vénètes, l’un des plus puissants peuples de l'ancienne Gaule. « Ils possèdent, dit César, un grand nombre de vaisseaux et surpassent leurs voisins dans l'art de la navigation. »

Les côtes de la presqu'île de Rhuys sont très-découpées et généralement basses et sablonneuses, à l'exception des pointes. La presqu'ile est arrosée par un grand nombre de petits cours d’eau, dont les vallées sont cou-

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A l'E. de la presqu'’ile de Rhuys, on trouve l'embouchure de la Vilaine, sur laquelle sont les deux ports de la Roche-Bernard et de Redon, le premier à 12, le second à 50 kilomètres de la mer. Redon a une importance commerciale considérable, à cause de sa situation à la jonction de plusieurs cananx et rivières.

Le rivage de la rade du Croisic est bordé de dunes, et de nombreux marais salants y sont établis. Ce sont les plus importants du département de la Loire-Inférieure, qui fournit annuellement de 50 à 60 millions de kilogr. de sel, Le port du Croisie est grand et bon. À 10 kilomètres de cette ville, est l’écueil redouté appelé Le Four; c'est un plateau rocheux, de 4 kilomètres de longueur, sur lequel on a établi un phare.

Aprés avoir doublé la pointe du Croisic, haute et rocheuse, on entre dans la Loire, dont l'estuaire est encombré de bas-fonds.

Sur la rive droite du fleuve, on remarque la pointe de Chemoulin, le fort de la Ville-Martin et ‘Saint-Naxaire, qui possède une bonne rade et un port très-utiles dans des parages peu sûrs. — Sur la rive gauche de la Loire, on trouve le fort Mindin, en face de Saint- Nazaire, et Paimbæuf, qui est situé à 20 kilomètres de la mer et sert d’avant-port à Nantes. -— Nantes, à 60 kilom. de l'Océan, est un grand port de commerce et de grande pêche; c'est notre principal port d'expédition en Afrique et dans la mer des Indes, — En sortant de la Loire, on double le Pointeau, qui est à 7kilom. au S. de la pointe de Chemoulin et marque, avec cette dernière pointe, l'embouchure du fleuve; puis, après avoir doublé la pointe de Saint-Gildas, on entre dans la baie de Bourgneuf, sur laquelle on rencontre les ports de Pornic et de Bourgneuf et l’île Bouin.

La presqu'ile qui se termine par li pointe de Saint-Gildas, est montueuse ct bordée de banes de roche, comme la côte comprise entre Naint-Gildas ot Pornic; mais, depuis Pornic jusqu'au goulet de Fromantine, le littoral de

1 L'extraction du sel des eaux de l'Océan, ou le salunge, se fait par l'évaporation des eaux de la mer, à la chaleur du soleil ; elle s'exécute pendant l'été, dans des marais salants, c'est-à-dire dans des bassins œillets) où l'eau de Ja mer est amenée par des camaux, et dans lesquels s'accomplissent l'évaporution de l'eau et la cristallisation du sel qu'elle contient,

la baie de Bourgueuf est bas, sallonneux cet couvert de marais salants, et la baie de Bourgneuf elle-même est tout entière encombrée de bancs de sable; les attérissements ont beaucoup diminué son étendue.

Sur toute la côte de la baie de Bourgneuf et du Bas Poitou, les attérissements ont, en effet, causé de grands changements ; plusieurs ports ont été comblés; le détroit qui séparait l’île Bouin du continent, avait au xvr° siècle 4kilom.; ce n’est plus aujourd’hui qu'un fossé de quelques mètres, appelé l'étier du daim! ; en revanche l'ile Bouin s'est considérablement agrandie. À Bourgneuf, les débris d’un vaisseau anglais de 64, échoué, en 1752, sur un banc d’huitres, sont aujourd'hui au milieu d’un champ cultivé, dont le niveau est de ÿ mètres au-dessus de l'Océan. Le Marais vendéen, de 30,000 hectares de superficie, a été aussi produit parles envasements. Le détroit qui sépare Noirmoutier se comble de plus en plus; on le passe à gué, à marée basse, depuis 1766, et un jour, Noirinoutier sera réuni au continent, comme l'ile Bouin l’est déjà. Les sédiments de la Loire, chassés par les courants, sont peutêtre la cause des attérissements qui s'opérent sur les côtes du Bas Poitou ; mais on a observé aussi que de grands changements avaient eu lieu, depuis deux siècles, dans le niveau du sol, sur les côtes de l’'Aunis et de la Saintonge.

« J'ai constaté, dit M. Babinet*, que toute Ja côte de France qui borde l'Atlantique s'élève, de siècle en siècle, d’une quantité sensible. Les cales des vaisseaux établis à Rochefort, du temps de Louis XIV, sont aujourd'hui de plus d'un mètre au-dessus des cales modernes. Les marais salants du littoral de l'Aunis passent successivement à l'état de marais gals, c'està-dire abandonnés par la mer, non pas que celle-ci se retire, mais bien parce que le sol se soulève réellement... Jen est de même à Brouage, petite ville forte du temps de Richelicu, et d'où lu malaria a chassé tous les hahitants, Les murs de la ville portent encore les anneaux où s’anarraient les vaisseaux de Louis AU; mais les fossés ne pourraient admettre aujourd'hui que de faibles barques, el encore a moment de lt haute mer, »

Pornic, auquel nous revenons, à un port peu important, mais une bonne rade, qui offre une relâche importante en temps de guerre.

Le port de Bourgneuf, quoique petit, est très

* Elier, estiev ou ester (æstuarium), bras de mer étroit où remonte la marée,

* De la constitution du glohe, dans Va Revue des Deux Mondes, 1855, €. XI, p. 1519,

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fréquenté et fait beaucoup de commerce; on y à exécuté divers travaux pour arrêter l'invasion des sables qui menaçaient de le détruire.

L'ile de Noirmoutier est à l'O. de la baie de Bourgneuf. Ses côtes sont escarpées et rocheuses au N. et au N.-0.; partout ailleurs elles sont basses, bordées de sables mouvants et de dunes, et la longue presq'ile, basse et sablonneuse, qui forme le Sud de l'ile, est protégée par des digues en pierres. Cette presqu'ile, couverte de pâturages, est appelée le Barbastre. Les digues de Noirmoutier ont 18 kilom. de développement; elles protégent des terres conquises sur la mer, dont le niveau est de 4 mètre et demi audessous de la haute mer ; sans cesse renversées par l'Océan et rétablies avec opiniätreté, ces diques rappellent celles de la Hollande. Au centre de l'île sont 200 hectares de marais salants. Le petit port de Noirmoutier, tout ensablé, est précédé de la rade de la Chaise, qui est très-bonne et reçoit de grands navires. Noirmoutier est séparé du continent, au Sud, par le goulet de Fromantine, où est établi un bac pour passer le détroit. À marée basse, on se rend dans l’île, piétons et voilures, par le Goa ! ou gué qui s'étend à l'O. de Beauvoir, en traversant une grève sablonneuse, de 5 kilom.

d'étendue, qui est silloraée de filées, espèces de canaux creusés par les courants ?.

Depuis le goulet de Fromantine jusqu'à la pointe de l’Aiguillon, c’est-à-dire sur tout le littoral du Marais vendéen, pays bas et plat, la côte, à l'exception de quelques pointes rocheuses, continue à être basse, sablonneuse et bordée de dunes. La mer découvre le plus souvent des plages de sable ou de vase, et quelquefois. aux environs des Sables-d'Olonñc par exemple, des bancs de roche calcaire,

Les dunes du Bas Poitou n'ont guère plus de 45 à 20 m. de hauteur et 1 kilom. de luwgeur; elles n'occupent dans le département de la Vendée que 9,857 hectares, et cependant elles y ont fait de grands ravages pr leur marche rapide, qui n'était pas moindre de 20 mm, par an. Un écrivain du dix-septième stôcle explique ainsi qu'il suit la formation des dunes et les causes de leur marche : « La violence des vagues jette le sablon à la côte de li mer, sur laquelle étant promptement

! Goa, gouas, goua ou gois, gué, de goiser, passer à guë; tous ces mots appartiennent au patois vendéen,

* Voy. Annuaire stat. et hist. du dép, de la Vendée pour IS10, À vol, in-19, Luçon,

UEUUR, GÉNÉRALE,

séché durant le reflux, il est poussé par le vent au plus haut du rivage; en sorte que peu à peu il s’en élève de grandes montagnes.» IL paraît constant, en elfet, que ce sont les lames de fond, pendant les grandes marées, qui soulèvent et entrainent le sable sur le rivag”; mais c’est le vent d'Ouest qui le met en mouvement, le rejette dans l'intérieur des terres, forme et modifie sans cesse ces monticules mouvants. L'arundo arenaria, appelé dans le pays duranme ou duream, croit spontanément dans les dunes de la Vendée; ce roseau, abandonné à lui-même, aurait fixé les dunes; mais les paysans, au lieu de le multiplier, le coupaient pour en faire de l’engrais ou des balais, ou pour chauffer les fours, et envoyaient pâturer dans les dunes leurs bœufs et leurs ânes. Les ravages occasionnés par les dunes devenaient tellement graves, qu’on s'occupa sérieusement, dès 1836, de les tixer ; actuellement une partie de ces sables est « herbée, » c'est-à-dire plantée d'oyats et de duranmes.

De nombreux marais salants sont établis sur plusieurs points du rivage du département de la Vendée; ils produisent 50 millions de kilogrammes de sel.

On rencontre sur la côte de ce département les deux ports de Saint-Gilles et des Sables-d'Olonne, la baie de l’Aiguillon et le port de Marans, sur la Sèvre. Saint-Gilles, à l'embouchure de la Vie, est un port de pêche, qui offre une relâche importante dans les mauvais temps et pendant la guerre. Le port des Sables-d'Olonne est petit, mais très-sûr. Le sable l'ayant presque obstrué, de grands travaux ont été entrepris pour le recreuser et pour approfondir le chenal; on y a établi un bassin à flot et des écluses de chasse pour le ncttoiement du chenal. Ce port méritait tous ces soins, car sa position en fait un abri précieux, dans ces redoutables parages, pour les caboteurs de Bordeaux et de Nantes, et, en temps de guerre, c'est une relàche des plus nécessaires. Toute la côte du quartier des Sables-d'Olonneest encombrée de bancs de sable et partout dangereuse ; de tout le littoral français, c'est la partie où l'on compte annuellement le plus grand nombre de naulrages.

À l'Ouest de Saint-Gilles, est l'ile d'Yeu, sa côte occidentale est escarpéc ct formée par des falaises de granite, hautes de 2 m. et s'enfonçant à pie dans une mer très-profonde; la côte orientale au contraire est basse, sablonneuse et bordée de bancs de roche qui découvrent à basse mor. Presque entièrement couverte de bruyères, l'ile d'Yeu m'est habitée

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