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Région du Sud

La région du Sud comprend :

La Provence, la Crau et la Camargue,

Le comté de Nices,

Le Comtat-Venaissin,

Le Bas Languedoc (partie méridionale de l'Ardèche, le Gard, l'Hérault, l'Aude),

Le Roussillon,

La Corse.

Le Midi de la France a un climat, des productions et un aspect qui le distinguent complétement dés autres régions agricoles de la France. Les prairies et le gros bétail disparaissent presque entièrement; la culture arbustive est prédominante, et les céréales ne viennent qu’en quatrième ligne dans l’ordre d'importance des cultures.

La région du Sud a des aspects très-variés.

Montueuse en Provence, dans ie comté de Nice, dans la partie du Bas Languedoc où elle est adjacente au plateau central, dans le Roussillon et dans la Corse, elle présenté de belles et vastes plaines sur le pourtour de la Méditerranée, dans le Comtat, la Provence méridionale, }e Bas Languedoc et le Roussillon. Les deux cin-

puis mis à sec et cultivés. Ils ne dalent que du seizième siècle,

En même temps on a commencé la construction de 242 kilom. de routes agricoles, qui ouvriront des débouchés à l’agriculture du pays de Dombes,

? Les parties montueuses de la région de l'Est,la Savoie surtout, renferment beaucoup de terres incultes, de landes et de rochers; le total du sol non cultivé dans la région de l'Est s'élève à 1,267,000 hectares.

3 La superficie du comté de Nice est de 250,000 hectares. Le sol est semblable à celui de la Provence; le liltoral appartient à la zone des orangers ; l'intérieur est un pays montueux, mal boisé et pauvre. Nous n'avons encore aucunes données exactes sur la stalislique de ce pays.

FRANCE. io!

quièmes de la région sont d’une grande fértilité ; mais les trois autres cinquièmés se composent dé bois où de désertst, comme dans la Camargue, dans la Crau, dans les montagnes déboiséés des Basses-Alpes, des Alpes-Maritimes et du Var, et dans les landes ét les maquis de la Corse. Il ést impossible, avec les différences que présentent entre elles les diverses parties du Midi dé la France, d'assigner un caractère général à la région ; il faut en étudier séparément toutes les contrées.

La Provence et le Cofntat-Venaissin offrent trois aspeëts fort différénts : dans les Alpes, dans la Crau ét la Camargué, et dans les parties fertiles et cultivées. Les sommets des Alpes dé Provence formént des plateaux calcaires, couverts de bellés pelouses d'herbe et de plantes aromatiques, parmi lesquelles dominent la mélisse et la lavandé. Ces prairies étant à peu près les seules qui existent en été sous ce climal sec et brûlant, il en est résulté l'usage de là transhumancé, c'est-à-

ire dé méneïr pâlurer dans lés Alpes tous les moutons de la plaine, pendant l'été, et de les ramener passer l'hiver dans les steppes de là Crau et de la Camargue, où l'herbe est alors moins fre. Lé pâturagé ét le déboiserriént ont absolument transformé et dévasté le massif dés Alpes françaises (Dauphiné et Provence).

La plus grande partie des Alpes provençalés (départ. des Basses-Alpes et du Var) n'est plus qu'un désert dé 500,000 hectares livré à la dépaissance ?. C’est surtout dans les vallées de Barcelonnette, d'Embrun et du Verdon, que l'on constate toute l'étendue du mal. Les montagnes étant dépouillées de leurs arbres, par la main des honunes, et de gazon, par la dent des troupeaux, aucun obstacle n’arrète plus les ellets des orages et de la fonte des neiges ; la terre des montagnes est enlevée et entraînée dans les valléés par les eaux, le roc est mis à nu, et le fond des vallées, livré sans défense à la fureur des torrents et comblé de pierres, de rocs et dé gravier apportés par les eaux, dévient absolument stérile et inhabitable. Il n’y à plus de terres à labourer, plus dé bois pout'sé chauffer l'hiver, dans ces froides et misérables contrées 5; aussi se dépeuplent-elles de jour en jour. Il n’y a plus en moyenne que 21 habitants par kilomètre

‘ La région contient environ 1,100,000 hectares de bois et 1,850,000 hectares de landes et terres incultes.

? Le déboisement date du quatorzième siècle, (Rene des sociétés savantes, Il, 773.)

5 Dans les Alpes et dans la Lozère, un se chauffe avec de la bouse de vache séchée au soleil, et on fait cuire en une seule fois le pain de toute l’année,

carré dans les Basses-Alpes; il y a dix ans, il y en avait encore 22. La suppression de la transhumance, qui amène chaque été plus d'un million de moutons dans ces montagnes, est le seul moyen d'arrêter le progrès du mal ; quand les troupeaux ne détruiront plus les gazons, dévorés jusqu'à la racine et qui ne peuvent ainsi se reproduire de graine, l'herbe repoussera, consolidera ce qui reste d’humus el l’augmentera, et le reboisement pourra se faire aussi quand les jeunes pousses des arbres ne seront pas annuellement dévorées !.

La Crau, plaine de cailloux roulés et agglutinés par un ciment ?, est située à l'E. du Rhône, entre Arles, Salon, l'étang de Berre, la mer et le Rhône; elle a 12,000 hectares d’étendue. Pas un arbre, aucune culture n'existent dans ce désert. Les pluies de l'automne y font pousser, au milieu des cailloux, le thym, la lavande, la centaurée et l'absinthe ; c’est alors qu'on fait descendre dans ces steppes les moutons transhumants qui ont passé l’été sur les Alpes. — La Camargue est une ile basse, malsaine, couverte de marécages et d’étangs, espèces de savanes paludéennes appelées Rozelières; elle est entourée par les bouches du Rhône, qui l'ont formée de leurs alluvions. On n’y récolte que des jonts (sagnes) et des roseaux (rollets) ; on y trouve quelques pins, et çà et là des pâturages, qui nourrissent des bœufs et des chevaux à demi sauvages, et les moutons transhumants pendant l'hiver.

Sur quelques points, à Château-d’Avignon entre autres, on a commencé la culture du riz, qui a pris déjà d'assez grands développements.

Le département des Bouches-du-Rhône, en yÿ comprenant la Crau et la Camargue, compte 180,000 hectares de landes; mais il cullive en grand l'olivier, surtout dans l'arrondissement d'Aix, dont les huiles sont si renommées.

Les bassins de l’Argens et de la Siagne, dans le département du Var, ainsi que le littoral de ce département, sont au nombre des plus belles parlies de la région et de l’Europe. Grasse, Antibes, Cannes et Nice sont les centres d’une grande culture de fleurs destinées à la fabrication des essences, des extraits et des parfums; des champs entiers sont couverts d’héliotropes, de cassies, de tubéreuses, de violettes

! De grands travaux de reboisement ont été comimencés en 1862 sur les montagnes déhoisées de la France, principalement dans les Alpes. 40,000 heclares étaient déjà reboisés à la fin de 1864; on plante 10 ou 12,000 hectares par an.

Le poudingue qui furme le sul de la Crau, s'appelle sistre,

de Parme, de jasmins, de rosiers et de géranium-rosats{. — À l'olivier, qui est sa principale cuiture, le Var joint celle de là vigne, des fruits et du châtaignier ; on sait quelle est la réputation des marrons du Luc, L'oranger commence à pousser en pleine terre à Hyères, mais il ne devient abondant qu'à partir de Cannes ; les espèces que l'on cultive sont : le bigaradier* et l'oranger chinois ; le citronnier ebonde entre Monaco et Savone ; le bergamotier ne devient commun que sur le territoire italien. — Enfin, le chène-liége est très-commun dans les forèts de l'Esterel.

Le Comtat-Venaissin ou département de Vaucluse est un pays fertile, bien arrosé par ses rivières et par un bon système d'irrigations. Il cultive un peu le mûrier, mais surtout l'olivier, la vigne et la garance ; c'est dans les paluds, anciens marais desséchés, que l'on récolte la garance, qui est ici de la meilleure qualité.

En traversant le Rhône, on arrive dans le Bas Languedoc, puis dans le Roussillon ; toute cette contrée est entourée comme d’une ceinture par la chaîne des Cévennes et des Corbières, et s'incline vers la mer sur les pentes de ces montagnes. La partie montueuse du Bas Languedoc est souvent composée de garrigues, c’est-à-dire de landes calcaires et rocheuses, autrefois boisées et aujourd'hu seulement couvertes çà et là de genèts et d'herbes aromatiques ; les chènes-verts, qui y abondaient autrefois, ont complétement disparu, et les chèvres, ainsi que les moutons, empêchent tout reboisement. Le seul produit de ces terrains de dépaissance est le chêne au kermés, qui y forme des buissons. En-dessous des Garrigues, le Bas Languedoc cultive : là vigne, surtout dans l'Hérault et l’Aude#, le mûrier, principalement dans le Gard et le midi du Vivarais, qui sont les grands centres de. la production de la soief, et l'olivier. La

* Pour tout dire ici ce qui regarde la culture des fleurs en France, les autres centres de culture sont Paris, Versailles, Rouen, Lille et Provins; cette dernière ville a la spécialité du rosier.

3 Dont les fleurs, et surtout les feuilles, servent à la fabrication de l'essence de neroli et de l’eau de fleur d'orange.

3 Pour ses fruits que l'on confit.

# L'Hérault cultive la vigne sur la moitié de son sul cultivable et produit près de 6 millions d'hectolitres de vin. Une partie est transformée en eau-de-vie, mais ni l'Hérault ni l'Aude ne produisent plus d'alcool. C'est la betterave qui donne aujourd'hui l'alcool don l'industrie consomme de si grandes quantités.

5 Avant la maladie du ver à soie, la France produisait pour 100 millions de francs de cocons ; en 185

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cuiture agricole, moins négligée qu’à l'E. du Rhône, est en progrès, produit de bon blé, et l'on peut citer au nombre des meilleures parties de la France les plaines de Nimes, de Pézénas et de Béziers!.

Les plaines du Roussillon, baignées par la Tét et dotées d’un bon système d'irrigations, qui les a transformées en une véritable huerta, produisent en abondance de l'huile, des fruits, des vins de liqueur, du miel excellent et du blé. Ailleurs, le sol est montueux, boisé, couvert de pâturages, ou déboisé et en friche.

La Corse est presque partout un désert ; 400,000 hectares de terres incultes et de ma-quis, c’est-à-dire de landes couvertes d'arbousiers, de myrtes, de bruyères arborescentes, de cistes et de lentisques, refuges ordinaires des bandits, occupent la moitié de l'ile. Des collines déboisées, des plaines insalubres, quelques cultures, de magnifiques forêts sur les montagnes, composent l’autre moitié ?.

Le châtaignier abonde dans la Corse et dans les montagnes du Gard et de l'Hérault. Enfin, pour terminer la description de cette région, il faut dire que les moutons sont de race mérinos dans la Provence, de race roussillon naise dans le Roussillon, et que ceux des Cévennes appartiennent à la race du Larzac.

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