Chevaux de gros trait (force et pesanteur
Chevaux de roulage et de hallage.
5. Chevaux de selle de petite taille ; Pour la cavalerie légère 4.
La France ne produit nulle part les chevaux de grande vitesse; les chevaux de course qu’elle élève appartiennent à la race anglaise.
Les chevaux de luxe et de cavalerie de réserve sont fournis par la Normandie.
* Nous devons la plus grande partie des r-"seignements relatifs à nos races d'animaux domestiques à l'amitié du savant professeur de zoologie appliquée à l'agriculture et à l'industrie, au conservatoire des Arts et Métiers, feu Baudement.
% Chevaux de carabiniers et de cuirassiers.
3 Chevaux de dragons et de lanciers.
+ Chevaux de chasseurs et de hussards.
5 Les grands chevaux sont produits par les pays à climat marin et constant baignés par l'océan Atlantique, la Manche, la mer du Nord et la Baltique, c’est-à-dire par le Poitou, la Bretagne, la Normandie, le Boulonnais,la Flandre, l'Angleterre, la Hollande, le
Les chevaux de trait léger sont plus spécialement élevés dans le Perche, la Bretagne, le Poitou et l’Ardenne.
Les chevaux de gros trait sont principalement fournis par le Boulonnais, la Flandre, le Poitou et la Franche-Comté; on en trouve aussi dans les pays qui produisent les chevaux de trait léger.
Le cheval de cavalerie légère est élevé surtout dans le Limousin, l'Auvergne, les Pyrénées, la Bretagne!, la Lorraine et le Morvan.
Plusieurs de nos anciennes races chevalines, surtout dans les catégories des chevaux de luxe (Normandie) et des chevaux de selle de petite taille (Limousin), ont disparu aujourd’hui et ont été remplacées par de nouvelles sortes de chevaux, provenant du croisement des anciennes races françaises avec le cheval anglais, qui leur a donné plus de taille et de vitesse, qualités que nos besoins actuels exigent absolument.
Le tableau suivant fait connaître les principales sortes ou qualités de chevaux que l’on élève actuellement en France.
Au Nord de la Seine :
Race flamande (plaine de Bourbourg) ?. — Cheval de gros trait.
Race boulonnaise (Boulonnais, Vimeux et pays de Caux). — Excellent type du cheval de gros trait.
Cheval ardennais. (Ardenne). — Cheval de trait léger, d'artillerie et de cavalerie de ligne.
Entre Seine et Loire :
Cheval anglo-normand (Cotentin aux environs de Valognes, plaine d'Alençon, vallée d’Auge, le Merlerault et plaine de Caen 5.) —
Hanovre, le Holstein, le Mecklembourg et la Poméranie. Dans ces contrées, le cheval trouve une nourriture constamment abondante dans les pâturages et y acquiert plus de développement.
# C'est elle qui fournit les bidets.
* J'indique dans le texte les principaux centres de production des races, et dans la carte, autour de ces centres, les circonscriptions dans lesquelles se répandent les races.— Voir la carte n° 72 de notre Atlas.
3 Nous remplaçons le mot race par le mot cheval, quand il est question des sortes de chevaux provenant de croisement anglais avec l'ancienne race, attuellement détruite ou très-modifiée.
# On remarquera que nos herbages du littoral, depuis le Poitou jusqu'à la Flandre, nourrissent les grosses races chevalines. Il y a cependant une exception à signaler: ce sont les bidets de la Hague, dans le Cotentin; cette excellente race de petits chevaux se produit et s'élève à côté de la grande et forte race normande.
5 On élève dans les herbages de la plaine de Caen des chevaux venus de diverses localités et de diverses
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Cheval de luxe’, de cavalerie de réserve et de ligne, et d'omnibus. — L'ancienne race normande est partout remplacée aujourd’hui par une variété anglo-normande
Race percheronne (Perche. — Le type de la race est à Mortagne et à Mondoubleau.) — Excellents chevaux de trait léger, pour le service des omnibus, de la poste et de l'artillerie.
Race bretonne (Bretagne et Anjou). — Trèsbonne race, donnant des chevaux de gros trait sur le littoral de la Manche, des chevaux de trait léger dans le Léon, et des bidets dans les parties montueuses du pays. La cavalerie de ligne, l'artillerie et le train trouvent de bonnes remontes dans la Bretagne, et les chasseurs d'excellents hunters.
Au Sud de la loire :
Race poitevine (Entre l'embouchure de la Loire et celle de la Gironde). — La race poitevine fournit des chevaux de trait léger et est employée surtout à la production du mulet.
Chevaux limousins et auvergnats (Limousin et Auvergne). — Chevaux de selle et de cavalerie légère. — L'ancienne race du Limousin n'existe plus?, et l'élève du mulet tend à remplacer dans ces provinces l’élève du cheval anglo-limousin.
Dans l'Est de la France :
Cheval lorrain (Lorraine). — Cheval de cavalerie légère. — L'ancienne race lorraine est également détruite et remplacée par des métis anglo-lorrains.
Race franc-comtoise ou suisse (Franche- Comté). — Cheval de halage et de gros trait.
Cheval de Savoie. — Les chevaux de la Savoie sont d’origine suisse ou franc-comtoise, ou d'origine percheronne, ou dérivent du mélange de ces deux races.
Race du Morvan. — Excellent cheval de selle; mais la race morvandelle disparait peu à peu, remplacée par la race comtoise.
Dans le Sud de la France :
Race navarrine (Navarre, Béarn, Bigorre, Comminges et comté de Foix). — Cheval de cavalerie légère. — La race navarrine est déjà très-mèlée de sang anglais.
sortes. Cette plaine est plutôt un centre d'élevage qu'un pays de production.
* C'est-à-dire: grand carrossier, carrossier léger, cheval de selle et cheval de chasse ou hunter.
“os avait presque complétement disparu avant 760,
Le cheval landais (Landes) se rattache à la race navarrine. |
Race camargue (Delta du Rhône). — Les chevaux de la Camargue, comme ceux des Landes, sont à demi sauvages ; on les emploie, dans la Camargue, au dépicage des grains. — La race camargue s'est répandue sur tout le littoral, depuis le Var jusqu'à l'Aude. ,
Le nombre des chevaux de selle s’est accru considérablement depuis 1840 ; à cette époque, on achetait encore beaucoup de chevaux à l’étranger pour la remonte de notre cavalerie; aujourd’hui la production chevaline, en France, suffit aux besoins des remontes.La Normandie fournit à elle seule la moitié des chevaux dont l'armée a besoin.
Baudets et mulets.
Les baudets du Poitou sont d’origine espagnole et ont été introduits en France au commencement du dix-huitième siècle. La grande et belle race asine du Poitou a son centre dans l'arrondissement de Melle (Deux-Sèvres), et de là se répand dans les Deux-Sèvres, la Vendée, la Vienne, la Charente et la Charente-Inférieure, où elle sert à la production des mulets. Le Poitou fait les plus belles mules de l’univers. Les autres centres de production du mulet sont, après le Poitou, la Gascogne, le Béarn, le Limousin, l'Auvergne et la Savoie .
Races bovines*!.
L'espèce bovine rend à l'homme trois services principaux : elle donne du lait (et par suite le beurre et le fromage), de la viande de boucherie et est employée aux travaux agricoles. On peut, précisément d'après ces services, partager les racesbovines en trois grandes catégories :
Les races de boucherie,
Les races laitières,
Les races de travail.
Les deux dernières finissent bien, comme la première, par arriver à la boucherie, mais elles sont moins précoces que les sortes qui sont élevées spécialement pour la produc:ion de la viande.
Dans l’infinie variété qui caractérise si heureusement son climat, son sol géologique et ses produits, la France possède ces trois sortes
! Les principales variétés de la race asine sont: les baudets du Poitou; l'âne des Pyrénées, répandu dans tout le Midi; l'âne commun ou du Berry, répandu dansle centre et le Nord.
# Voy. la carte n° 71 de notre Atlas.
de races bovines. Au Nord, dans le versant de la Manchg, sont les races laitières de Bretagne, de Normandie et de Flandre ; on les retrouve ause dans ls pâturages du Jura et le la Savoie ; c ns le bassin de la Mayenne, sur le plateau de la \endée et dans le Charolais, que sont les races les plus précoces‘; enfin, c'est dans le S.-0. de la France (aux Pyrénées etdans la Gascogne) et sur le plateau central, que se trouvent les races de travail. Il est vrai que la France ne possède aucune espèce qui égule en précocité et en aptitude à l'engraissement la race anglaise de Durham, que l’on regarde comme le type des animaux de boucherie; mais si cette espèce a d’incontestables avantages, elle a aussi ses défauts ; elle donne une viande inférieure et trop chargée de graisse; elle est lymphatique, délicate et exige des conditions spéciales pour prospérer.
On a fait de nombreux croisements de nos races avec le Durham pour obtenir plus de précocité et conséquemment une plus grande production de viande; de tous ces croisements, un des plus heureux est celui de la race Mancelle.
Au Nord de la Loire (races laitières) :
Race bretonne (Basse Bretagne entre Saint- Pol-de-Léon et Vannes). — Elle est renommée pour la bonté de son lait et de son beurre ?. « Cette petite race est par excellence celle des landes arides; elle trouve le moyen de vivre et de pulluler où les autres mourraient de fai A ses qualités déjà connues est venue depuis peu s’en ajouter une qu’on ne soupçonnait pas à cette race; on a découvert qu’en la plaçant dans de meilleurs pâturages et en lui donnant une nourriture plus choisie, elle engraissait rapidement et finissait par foire à peu de frais des bœufs de boucherie d’un rendement extraordinaire et d’une exquise qualité 5. »
Race normande ou cotentine (Cotentin, Bessir: et pays de Bray). — La race normande, l’une des meilleures de la France, donne du lait, du beurre #et de la chair. « Elle se partage en deux variétés ; la grande, qui est préférée pour la boucherie, et la petite, qui est la lai-
1 Ces animaux sont abattus à trois ou quatre ans; les bêtes de travail ne sont livrées au boucher qu'à sept ou huit ans.
® Parmi ies heurres de Bretagne, celui de la Prévalaye (ps: ‘eunes) est le plus estimé.
5 L. pelatra :,Les animaux reproducteurs, art. de la Revue des D. ‘'enc?s, 4955, €. IT, p. 179.— Nous nous soma” boat (servi dc *.t excellent travail.
* Le beuris C'higu. et estui de Gournay. — Les heurres de Normarncir fouruissent les fr: quarts du beurre qui <2 consomiue à Paris.
GÉUGRAPHIE GÉNÉRALE,
tiére par excellence. » On estime que la Normandie produit annuellement 100,000 bœuts gras; Paris est le principal débouché de cette énorme production!.
Race flamande. — Le type pur de la race est à Bergues et dans la Flandre flamande ; de là elle se répand dans l’Artois, la Picardie, la Champagne, la Brie, l'Ardenne et l'Ile-de- France. La race flamande est essentiellement laitière, et comme telle on la regarde comme à peu près arrivée à la perfection; elle n’est pas non plus sans qualités pour la boucherie, et, à ce point de vue, quelques-uns la placent au premier rang parmi nos races.
Les deux races flamande et normande four nissent du lait, du beurre et de la viande à la consommation de Paris e qui mange la meilleure viande de bœuf et de veau qui soit «u monde ;» elles donnent toutes les deux naissance à l’industrie de l’engraissement des veaux, qui s'exerce dans la Brie, la Sologne le Gâtinais et la Beauce, ainsi qu’à la produciivu des fromages ?.
Race mancelle. (Le centre de production est à Sablé). — La race mancelle fournit pour le marché de Paris presque autant de bœufs gras que la race normande. On la croise avec la race durham, et elle semble destinée à disparaitre devant la nouvelle race issue de ce croisement; « le Maine parait donc devoir ètre pour la France ce qu'est en Angleterre le Nord du Yorkshire, c’est-à-dire le centre de la production des cour!es-cornes (durham). »
Au Sud de la loire (races de travail) :
Race parthenaise (Plateau granitique de la Vendée). — On l'appelle encore race vendéenne, nantaise, de Gätine et de Cholet. — Les bœufs maraîchins (marais de la Saintonge et de la Vendée) se rattachent aussi à la race parthenaise. Cette race est assez précoce, facile à engraisser et donne une viande d'excellente qualité.
Race charolaise (Charolais et Brionnais), à laquelle se rattachent !:3 races nivernaise et bourbonnaise. — « Elle 6:t «> crande taille et d’une constitution v' 0.00 tait d’abord une race de travail: 51: queique temps, de
‘ La Normandie exporte aussi beaucoup de bœufs en Angleterre.
* Les meilleurs fromages de France sont ceux : de l'Auvergne, de Bergues, de la Brie, de Camembert, de Compiègne, de Géromé ou de Gérardmer, de la Guiole, du Jura, de Livarot, de Macquelines, de Marolles, de Méru, de Mons-en-Puelle, du mont Dore, de Neufchtel, d'Olivet, de Pont-l'Evêque, de Roquefort, de Sassenage (fromage bleu), de Senecterre et de Sept-Moncel.
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nouveaux débouchés s'étant ouverts par le perfectionnement des communications, elle a pris un essor remarquable pour la boucherie. Cet{o région n’envoyait pas autrefois de bétail gras à Paris; aujourd’hui elle en fournit presque autant que la Normandie elle-mème. Il en est résulté ce qui arrive en pareil cas, la race tend à se dédoubler. Une moitié reste affectée principalement au travail, l’autre ne travaille presque plus, et tend surtout vers les qualités de précocité et de rendement qui donnent le plus de viande. Sous ce rapport, la race charolaise avait des dispositions naturelles que l'art des éleveurs s’est attaché à perfectionner. Au point où ils sont aujourd’hui parvenus, grâce à des soms intelligents et persévérants, les choruln: elavés exclusivement pour la boucherie serrent de près les races anglaises! . » La race charolaise alimente le marché de Lyon et
elui de Paris ; elle produit annuellement environ 59,000 bœufs gras, et se substitue peu à peu aux diverses races de la Bourgogne, du Nivernais, du Morvan, du Bourbonnais et du Berry.
Race morvandelle (Morvan). — C'est une remarquable race de travail; mais on trouve plus avantageux, en raison des progrès de l’agriculture et de l'amélioration des voies de communication, de la remplacer par la race charolaise; aussi disparaît-elle peu à peu.
Race auvergnate (Auvergne, Velay, Marche et Berry méridional). — Le type pur de la race et le centre ‘d'élevage sont à Salers. La race auvergnate est l’une de nos plus précieuses, et est exploitée au triple point de vue du travail, de la laiterie et de la boucherie.
Race d'Aubrac ou de l'Aveyron (Gévaudan, Rouergue, montagnes d’Aubrac, mont Mézen etmontagne Noire).— Les excellents pâturages des montagnes d’Aubrac sont le centre d’élevage de la race d’Aubrac, petite et trapue, et comme la précédente, bonne pour le travail, la laiterie® et la boucherie.
Race limousine (Limousin, Périgord, Angoumois et Saintonge). — Bille est plus petite, moins forte que la race de Salers et n’est pas hiticre; elle travaille beaucoup et fournit en-
1 L, ve LAvERGNE, loc, cit, p. 195.
3? Les bœufs morvandiaux étaient employés à débarder les hois des forêts du Morvan; tant que les chemins n'ont pas été améliorés, il a été nécessaire de conserver cette belle race d'animaux infatigables. Aujourd'hui cette force est moins nécessaire; on préfére donc élever des bœufs pour la production de la viande.
5 Le lait des vaches auvergnates ct d'Aubrac sert principalement à falwiquer d'excellents fromages (Cantal, la Guiole).
viron 20,000 bœufs par an à la boucherie parisienne.
Nos autres races de travail sont : la race du Quercy (Quercy); la race agénaise (Agénais et rive droite de la Garonne), appelée aussi marmandaise et garonnaise, de stature colossale et d’un bon rendement; la race baradaise (Bazadais), de grande taille également et aussi d’un bon rendement à la boucherie; la race gasconne (Gascogne orientale et Toulousan), de taille moyenne; la race des Landes et des Pyrénées (Médoc, Landes, Navarre, Béarn, Bigorre, Comminges, comté de Foix et Roussillon), de petite taille et trés-agile; la race camargue, à demi sauvage et vivant dans les steppes du delta du Rhône,
Dans l'Est de la France (races luitières) :
Races franc-comloises. — Les deux variétés franc-comtoises sont la race fémeline et la race tourache; la première est une race de plaines; on la trouve sur les bords de la Saône, du Doubs, de l'Oignon et dans les plaines de la Bresse ; elle fournit du lait aux fromageries du Jura! et à la consommation lyonnaise ; elle a une grande aptitude à l’engraissement . La race tourache est une race de montagnes et trèsrustique ; on la trouvait dans le Jura, entre la Franche-Comté et les cantons suisses de Neutchâtel et de Vaud; elle n'existe presque plus aujourd’hui*, et est remplacée par la race suisse fribourgeoise.
Races savoyardes. La Savoie compte quatre races de bêtes à cornes : deux indigènes et deux d’origine suisse. Les races indigènes, aujourd’hui les moins nombreuses, ont pour caractères: l’une, la couleur brune du pelage et le mufle noir; l’autre, la robe tachetée et le mufle couleur de chair. Les deux races d'origine suisse sont: la race d'abondance (d'origine fribourgeoïise) et la race de la Tarentaise (d'origine schwitz). Bien que très-bonnes laitiéres, ces deux races n’ont plus en Savoie la beauté et les qualités des races suisses. La Savoie fabrique du fromage dit de Gruyères et vend beaucoup de jeune bétail et de vaches laitières à tous les départements du bassin du Rhône situés au Sud de Lyon.
Après avoir indiqué les principaux pays de production ou d'élevage, il convient de faire connaître ceux où l’on engraisse, soit à l’herbage, soit à l’étable, les bœufs du pays même et ceux que l’on amène de divers centres d'élevage moins riches. Les deux grands centres
‘Le Jura fabrique beaucoup defromage de Gruyéres. ? Ou La trouve encore à Clairval,
d'engraissement à l'herbe sont : la Normandie (vallée d’Auge), qui engraisse les bœufs coten tins et ceux de Cholet, du Limousin et de la Bretagne; leNivernais, le Charolais et le Brionnais. — Les principaux pays d’engraissement à l'étable sont : le Limousin, le pays de Cholet, la Bresse et la Flandre.
Le ‘uffle est employé dans les Landes, comme le bœuf, aux transports et aux travaux agricoles. ï
Races ovines !.
L'espèce ovine rend à l’homme deux importants services : elle lui donne de la chair et de la laine, et produit un excellent fumier?.
On distingue parmi les races ovines les grandes et les petites, et il est à remarquer que les grandes races ovines, comme les grandes races chevalines et bovines, se trouvent dans les pays voisins de la mer, c'est-à-dire dans les pays à climat constant et à riches pâturages.
Les principales grandes races de la France sont : la race flandrine ou flamande (Flandre), l'artésienne (Artois et Somme), la picarde (Oise et Somme) et la cauchoïse (pays de Caux).
Les petites races, ou races des bruyères, vivent dans les landes de l'Ouest, du Sud, du centre et de l'Est de la France; elles sont rustiques, vivent de peu et ne donnent qu'une laine grossière; mais quelques-unes (les moutons de Sologne et du Berry surtout) se font remarquer par l'excellence de leur chair. À la race des hruyères appartiennent les moutons des Alpes5, de l’Ardenne, de l’Aubrac, de l'Auvergne, de la Bresse, de la Bretagne, des Landes, du Bas Languedoc, du Limousin, de la Marche, du Morvan, du Rouergue, des Causses, de la Sologne, du Berry et de la Vendée (race bouquine), du Vivarais, du Lyonnais et des Vosges.
Le midi de la France et la Savoie possèdent plusieurs races laitières très-estimées : la race de la Maurienne (Savoie), dont le lait sert à fabriquer de bons fromages; — la race du
1 Je me suis beaucoup servi pour la rédaction de ce paragraphe de l'Agriculture française de M. Gossin. — Voy. la carte n° 73 de notre Atlas.
# En France, on exploite le mouton surtout au point de vue de la production de la laine ; en Angleterre, on l'élève spécialement au point de vue de la boucherie.
3 La race des Alpes a cédé le terrain aux mérinos, el est peu nombreuse aujourd'hui, En Savoie, elle a été croisée avec la race mérine.
Larzac (plateau de Larzac, Gévaudan, Velay et Auvergne méridionale). On a remarqué!
que ces plateaux calcaires du Larzac, qui rappellent les downs de l'Angleterre, nourrissent comme eux des races supérieures. La meilleure est celle du Larzac, ‘dont les brebis sont excellentes laitières; c'est avec leur lait que se fabrique le fromage de Roquefort. « Il ya dans le Larzac tel troupeau de brebis qui rapporte jusqu’à 25 francs par tête, et il est douteux qu'aucune race anglaise donne plus de revenu » — La race du Lauraguais, dont le centre est dans le Lauraguais et qui de là se répand dans l'Aude, le Gers, Lot-et-Garonne, Tarn-et-Garonne et les parties basses de l’Ariége. Les brebis du Lauraguais fournissent du lait à Toulouse et à beaucoup de villes du Midi. — La race béarnaise (Béarn).
— La race millerotte (Millery et autres communes des environs de Lyon).
Les diverses races de moutons qui précédent comptent environ 10 millions de têtes; les 26 autres millions appartiennent aux races suivantes.
Race du Roussillon. — Elle vit dans les Aspres et la Selanque?. Cette race présente les caractères les plus voisins de ceux des mérinos.
Race mérinos. — La race mérinos, d’origine espagnole, est précieuse par la finesse de sa laine. Elle a été introduite en France pendant le règne de Louis XVI, mais son adoption par les cultivateurs n’a eu lieu qu'après les premières années de la révolution. La race mérine a été élevée et perfectionnée à Rambouillet, et elle a servi à améliorer, au point de vue de lalaine, nos anciennes races françaises.
La race de Mauchamp® n’est autre chose qu'une modification de la race mérinos, trèsremarquable par une belle laine longue, fine et soyeuse, dont les qualités la rapprochent du cachemire, et deat l'industrie tire un grand parti pour les étofies de luxe et les châles.
Les mérinos et les métis mérinos se trouvent surtout le long des rives de la Seine, de l'Oise, de la Marne, de l'Aisne, dans la Brie, la Beauce et dans la Provence.
Races anglaises. — La race dishley, type des moutons de boucherie, a été introduite spécialement dans la région septentrionale de la France, et y est élevée pure ou croisée avec les races françaises, dans le but de les rendre
! M. LL. de Lavergne,
% On appelle la Salanque, la partie de la plaine du Roussillon qui avoisine la Méditerranée.
5 La race de Mauchamp a été créée dans la ferme de Mauchamp (Aisne); le troupeau est aujourd'hui à Juvincourt (Aisne, arrondissement de Laon).
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plus précoces et pius aptes à l'engraissement. Les dishleys purs et leurs croisements se remarquent surtout dans le Nord du département du Pas-de-Calais.
La race anglaise new-kents, croi'ée avec uos races solognote et berrichonne, a produit la race de la Charmoise (Loir-et-Cher), déjà renommée comme race de boucherie ; elle est, en effet, précoce, bien conformée et fournit une viande abondante.
Races porcines.
L'espèce porcine ne donne que de la viande, mais cette viande entre environ pour un tiers dans notre alimentalion nationale. La France possède d'excellentes races porcines, renommées pour la délicatesse et la saveur de leur chair; les principales sont: la flamande, la champenoise, la normande, l'angevine, la craonnaise!, la meilleure de toutes, la poitevine, la limousine, la périgourdine, la race du Quercy et la race de la Bresse.
Les races anglaise et anglo-chinoise, plus précoces et plus aptes à l’engraissement, se sont répandues en France, où elles sont élevées pures ou croisées avec les nôtres.
Chèvres.
De tous les animaux domestiques, la chèvre est peut-être le plus productif; elle donne du lait en abondance, du beurre, des fromages excellents? et du suif; son poil sert à faire de très-honnes étoffes ; la chair du chevreau est ure nourriture saine et délicate, et sa peau est nécessaire à la ganterie. Mais la race caprine exerce tant de ravages, que partout on en réduit le nombre ; il faut ajouter cependant qu'élevée à l'étable, comme on le fait au mont d'Or, près de Lyon, et n'étant jamais laissée en liberté, la chèvre cesse d'être nuisible. Les chèvres du mont d'Or produisent jusqu'à 600 litres de lait par an, dont on fait des fromages excellents. Le Vivarais et les Garrigues de l'Aude élèvent une grande quantité de chères, et le premier de ces deux pays prépare les peaux de chevreau pour la ganterie. En Corse, la chèvre est très-multipliée.
On élève aussi en France les races caprines d'Angora ct de Kachemir.
Volailles.
Les principales races gallines de la France l 8
‘ Craon est dans le département de la Mayenne. ? Ceux du mont d'Or et des montagnes des Maures,
sont : les races de la Bresse! et de la Flèche? qui fournissent des poulardes et des chapons renommés, la race de Houdan5, la race de Crévecœurt les races de Gournay et de Pavil- 1y5, et la race saintongeaise ou de Barbezieux 6, qui donne les chapons de Périgueux. « Rien dans le monde ne vaut les volailles » fournies par nos belles et bonnes races françaises, qu'il serait bien regrettable de voir s’altérer par des croisements avec les races étrangères”? que l'on a introduites depuis quelques annéesen France. — Les canards de Rouen et de Toulouse, les oies de Toulouse et du pays de Dombes, et les dindons du Berry, sont aussi renommés que nos races gallines $.
La volaiile donne à l’agriculture un revenu qui dépasse 500 millions de francs, dont la moitié à peu près est produite par les œufs?.
Vers à soie.
Le principal centre d'élevage des vers à soie et de la production de la soie est dans les départements de l'Ardèche, de la Drôme, du Gard et de Vaucluse10.
Abeilles.
Los abeilles, si nombreuses dans le midi, produisent, par leur travail, environ 16 millions de francs de miel et de cire. Le miel dit de Narbonne est justement estimé; il est dû aux abeilles des Pyrénées - Orientales. Les Basses-Alpes, le Gâtinais, Argences, dans le Calvados, et Salins, recueillent de très-bon miel ; Ja Savoie donne le miel de Chamonix, un des meilleurs que l'on connaisse ; enfin la Bretagne produit une grande quantité de miel commun.
— On compte plus de 1,600,000 ruches en France.
‘ Cantons de Bourg, Coligny et Montrevel,
® Sarthe.
3% Seine-et-Oise et Eure-et-Loir,
* Calvados et Orne,
$ Normandie.
Saintonge, Angoumois et Périgord.
? Les principales sont : les races cochinchinoise, brahmapoutra, bentam, javanaise, les poules russes, espagnoles, hollandaises, de Bréda, de Hambourg, de Padoue, de la Campine, du Brésil et Dorking.
* On élève aussi en France le canard d'Aylesbury, de la Caroline, de l'Inde et de la Hollande, et l'oie d'Égypte, de la Guinée et du Canada,
V On vend à l'Angleterre environ 170,000,000 d'œufs par an; ce commerce se fait pur Gravelines,
9 Voy. pages 192 ct 200,