Allemagne méridionale
Les parties les plus fertiles et les mieux cultivées de la région sont : la vallée du Rhin, plaine de 180 kilom. sur 16 ou 17, d'une fécondité merveilleuse, et les premières élévations de la Forèêt-Noire ; la vallée du Necker ; les vallées du Rauhe Alp; la Franconie; la Bohème en général et surtout le cercle de Saatz; la Hanna, en Moravie, contrée comprise entre Olmütz, Brünn et Kremsier ; la vallée du Danube entre Linz et Vienne ; la Galicie ; la Vénétie et le littoral de la Dalmatie.
La Hongrie et ses dépendances (Croatie, Esclavonie, Banat, Transylvanie) forment une des plus riches contrées de l’Europe. Une terre privilégiée, qui est un des plus grands centres de production de céréales, et de production à bon marché, et qui fournit, chaque année, plusieurs millions d'hectolitres de blé excellent à l'Allemagne du Nord, à l'Angleterre et à la France, mérite quelques détails spéciaux. Ses immenses prairies nourrissent 800,000 chevaux, petits, mais excellents pour la cavalerie légère, 6 millions de bœufs et 25 millions de moutons. Elle produit en abondance : le blé (dans toute la partie située à l'Est d'une ligne m née d'Unghvar à Fünfkirchen) ; le seigle (Croatie, Haute Hongrie); l'avoine, qui sert à faire le pain des Slowaques, montagnards des Karpathes; le maïs (plaine de la Theiss); le rix (Baaat) ; les légumes; les fruits ; 20 millions d'hectolitres de vins excellents; du tabac renommé; de
très-bon chanvre (comitat de Bacs); du /in (dansles Karpathes) ; des graines oléagineuses (vallée inférieure de la Theiss) et de la soie (dans toutes les parties méridionales). Ses fo. rêts sont immenses et peuplées de chênes magnifiques, dont les glands nourrissent 5 à 6 millions de porcs à la chair exquise. Le fer, tous les autres métaux et la houille abondent dans ce pays, doué de tous les dons de Ja ñature et traversé par les plus belles voiés navigables de l'Europe.
La Transylvanie, surtout dans sa partie centrale (le Mezæseg et le Burzenland), est éga-
‘ lement d'une grande fécondité ; elle produit
en abondance les céréales.et surtout le maïs : elle. possède aussi de beaux vignobles, de riches prairies et de vastes forèts.
La Hongrie contient :
10,100,000: hectares de terres à céréales.
2,800,000 —. de prairies.
450,000 — de vignes.
6,700,000 — de pâturages.
6,250,000 — deforêts.
200,000 — de jardins.
Elle récolte en moyenne :
20,000,000 hectolitres de blé, 20,000,000 — de maïs,
48,000,000 — d'avoine.
10,000,000 — d'orge.
12,000,000 — de méteil.
7,000,000 — de seigle.
Elle peut exporter 10 millions d'hectolitres de blé et 10 millions d'hectolitres d’autres céréales.
L'ouverture récente des chemins de fer qui permettent à la Hongrie d'exporter ses produits doit être le point de départ d'une augmentation considérable dans la production de cette contrée, et invitera ses habitants à améliorer les nicihodes et les instruments, à supprimer les jachères et à diminuer l'étendue des pâturages pour les convertir en terres à blé. — La Hongrie vend son blé à l’Allemagne du Nord, à l’Autriche, à la France et à l'Angleterre ; elle l'envoie à la France par les chemins de fer qui unissent Pesth et Kehl, ou par Trieste et Fiume à Marseille ; elle l'expédie aussi de Trieste ou de Fiume en Angleterre. Fiume et Trieste, surtout cette dernière ville, sont les ports d'exportation des produits de la Hongrie, qui s'y rendent par trois grandes artères, savoir :
La Save, que l'on remonte en bateaux à vapeur jusqu'à Sissek, ville située au confluent de la Kulpa, De là, une bonne route conduit de Sissek à Fiume. Un chemin de fer part aussi de Sissek et aboutit à Steinbrücken sur la grande ligne de Vienne à Trieste,
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Le chemin dé fer de Pesth à Pragérhof sur ja ligne de Vienne à Trieste (ouvert en 1861).
La Drave, que l’on remonte en bateaux à vapeur jusqu'à Kottori, station sur la ligne ferrée de Pesth à Trieste !.
Les contrées les moins fertiles de l’Allemagne du Sud sont : la vallée du Haut Danube, les parties marécageuses des vallées du Danube, de la Theiss et de la Save, en Hongrie et en Esclavonie, les parties rocheuses des Alpes Allemandes, les montagnes dévastées et dénudées de la Dalmatie, les plateaux de la Carriole et les lagunes du littoral de la Vénétie.
Les forêts se trouvent principalement dans les Karpathes et les Alpes. Les provinces où l'on rencontre les grandes masses forestières sont : la Hongrie, la Transylvanie, le Danat, l'Esclavonie, la Croatie, l’Istrie, la Carniole, la Carinthie, la Haute Styrie, le Tyrol et la Forèt- Noire, dont les belles forêts de sapins sont des modèles d'aménagement. Les essences dominantes sont : le chêne, le hêtre, le noyer, le pin et le sapin. Les fôrets des Alpes du Tyrol, de la Carinthie et de la Haute Styrie couvrent plus de la moitié du sol et alimentent les lorges de ces provinces. Les forêts de l'Istrie fournissent des bois de chène très-durs ? et précieux pour les constructions navales de Trieste et de Pola ; "n les coupe dans les forêts de Mantona et d’Albona. Les mélèzes des montagnes de la Moravie et les sapins blancs du Bœhraerwald donnent des bois de résonnance très-recherchés pour la fabrication des instruments de musique à cordes.
Les prairies se rencontrent dans la Bohème, la Galicie, la Bukowine, dans le centre de la Hongrie, où. les steppes herbacées, appelées Pusxtas, forment d'immenses pâturages, dans les pays alpins (Autriche, Salzbourg, Styrie, Tyrol, Carinthie), dans la vallée du Necker et dans la Forèt-Noire.
Les principaux produits de l'Allemagne méridionale sont : le seigle, qui est comme dans le Nord la base de la nourriture, et comme tel se récolte partout ; le blé, cultivé en Hongrie, dans le Banat, en Vénétie, dans la Moravie, la Stvrie et la Galicie; l'orge, en Bohème ; l'avoine, dans les Karpathes et les Sudètes; le sarraxin, dans les parties pauvres et déboisées des pays alpins; le maïs, dans la Vinétie, le Tyrol italien, la Transylvanie, les vallées du Necker et du Rhin ; le rix, dans la Vénétie, et la pomme de terre, qui est cultivée partout. — On
‘Cf. dans la Revue des Deux Mondes du 15 novembre 1861, l'article de M. F. Bontoux.
* Steinheiche, chènes de pierre,
récolte les légumes dans le Palatinat, la vallée du Necker, le Tyrol et la Hongrie ; — du lin, dans la Galicie, la Hongrie ! et la Transylvanie, en Bohème et en Moravie, dans la Baviére, le duché de Bade et le Wurtemberg ; du chanvre, dans la Galicie, la Hongrie, la Transylvanie et la Vénétie ; — du houblon, dans la vallée du Rhin, dans le Wurtemberg, la Bavière et dans la Bohème (cantons de Saatz, d'Auscha et du Grünland); le houblon de la Bohême est renommé et alimente les importantes brasseries de la Bohémie et de la Moravie. — Les principaux centres de production du tabac sont : la Hongrie? avec la Croatie, l'Esclavonie et la Transylvanie, la Galicie ‘orientale, le Tyrol italien, la Vénétie, le duché de Bade, le Palatinat et la Hesse rhénune. L'Autriche consacre à la culture du tabac 40,000 hectares, fournissant 40 millions de kilogr., dont la dixième partie est exportée ; la Hongrie produit à elle seule 30 millions dekilogrammes. — Le centre principal de la culture de la betterave et de la fabrication du sucre est la Bohême ; puis viennent la Moravie, la Hongrie et la vallée du Rhin. — Laculture et la filature de la soie ont pris d'immenses développements depuis quelques années ; les pays de production sont : le Frioul, la Vénétie, le Tyrol italien, la Hongrie du Sud, le Littoral hongrois, la Dalmatie, l'Istrie. La Bohème, la Moravie, l'Autriche, la Carniole et la Styrie, depuis quelques années, produisent d’assez grandes quantités de soie. — La Vénétie, le Tyrol méridional, le littoral de l'Istrie et de la Dalmatie cultivent l'olivier et produisent de bonnes huiles.
La vigne est l’objet d’une culture très-importante dans le duché de Bade, le Wurtemberg , la Bavière, la Bohème, la Moravie, la Basse Autriche , la Styrie, la Hongrie, la Transylvanie, la Croatie, l'Esclavonie, le Banat, le Tyrol méridional, la Vénétie, l’Istrie et la Dalmatie.
Dans le duché de Bade, les vignobles se trouvent principalement dans la vallée du Necker (Palatinat), le margraviat de Bade et le Brisgau ; on y récolte des vins rouges dans le Palatinat, et ailleurs de bons vins blancs. — La vigne est une des principales richesses du Wurtemberg; les plants de ce pays sont originaires des meilleurs vignobles de France et de Hongrie; .on y récolte de bons vins,
4 On cultive beaucoup de lin au pied des Karpathes de l'Ouest ; c'est cette région qui fournit la matitre première aux fabriques de toiles de la Bohème, de la Moravie, de la Silésie et de l'Autriche.
# Le tabacest surtout cultivé en Hongrie sur la rive gauche de la Theiss,
dits du Necker, dans les vallées du Rems, du Bas Necker, de la Tauber et du Kocher. — En Bavière, c'est la Franconie qui est le principal pays à vignobles ; elle donne de bons vins blancs aux environs de Wurizbourg, des vins ordinaires dans le pays de Bamberg et dans le canton de Schweinfurt.
L’Autriche renferme 1 million d'hectares de vignobles et produit de 25 à 30 millions d’hectolitres de vins, dont les ? sont fournis par la Hongrie. — La Bohéme cultive la vigne sur les coteaux de l'Elbe ; ses vignobles, plantés avec des ceps de Bourgogne , fournissent de bons vins. (entre autres le Podskalky ) comparables aux meilleurs crus bourguignons.
— La Moravie et la Siyrie produisent des vins communs, — La Basse Autriche donne à la consommation viennoise 4 million d’hectolitres de vins ordinaires, qu'elle récolte sur le Kahlenberg et dans le Steinfeld, — La Hongrie, douée d’un sol remarquablement propre à la culture dela vigne, compte un grand nombre de districts viticoles ; les principaux sont : les montagnes porphyriques du Hagyalla !, où l'on récolte les fameux vins de Tokay , et le bassin du lac de Neusiedl, qui produit les vins rustes, semblables aux vins de Tokay. Le Sonilgar et le Schomlauer, excellents vins blancs qui ont le parfum de la fraise, se récoltent dans le comitat de Veszprim, et le Malvoisie se fait à Calmata, dans la Haute Hongrie. — La Croatie, le Banat et la Transylvanie possèdent des crus justement renommés ; les vins du Tyrol ont un parfum particulier; dans la Vénétie, les vins du Frioul sont les meilleurs ; enfin, la Dalmatie donne aux gourmets le Malvoisie de Raguse.
La culture des arbres fruitiers est très-importante dans l'Allemagne du Sud ; les centres principaux de production sont : la vallée du Necker (dans le Wurtembery) et la Bohème, qui exportent de grandes quantités de fruits (surtout de pommes) pour l'Angleterre; les premières ondulations de la Forèt-Noire, du côté du Rhin; la Franconie; l'Autriche; le versant Sud de l'Erz-Gebirge hongrois, et le littoral de l’Istrie et de la Dalmatie.
= Races chevalines*. Le Mecklenbourg, l'Oldenbourg, le Holstein et le Sleswig élèvent une belle race de chevaux de carrosse et de luxe, également estimée pour la grosse cavalerie , et dont il se fait une exportation considérable. On trouve dans le Hanovre, le
‘ Prolongement des Karpathes.
? Je dois à l'obligeance de feu M. Baudement presque tous les renseignements qui m'ont permis ‘le rédiger cet alinéa et les suivants,
Brunswick et les provinces baltiques de la
Prusse, un cheval assez semblable à celui du Mecklenbourg, mais moins développé. — Au centre de l’Allemagne , on produit plusieurs sortes de chevaux, tenant plus ou moins du cheval de l'Allemagne septentrionale, et se rapprochant du type asiatique à mesure qu'on avance au Sud-Est. Les sortes principales se trouvent dans la Bohème, la Moravie et la Silésie, et dans un autre groupe de provinces composé de la Carinthie , de la Styrie et du Salzbourg. — Le Sud-Est de la région renferme plusieurs sortes dérivées du type oriental : la race hongroise , petite, mais rapide et rustique, excellente pour la cavalerie légère, et dérivant du cheval tartare ; la race transylvane (dans les cercles de Hermanstadt et de Cronstadt), petite et élégante, dérivant du cheval barbe ; la race du Karst et le cheval polonais, en Galicie.
Races bovines. Si l'Allemagne est pourvue de nombreuses races de chevaux, qui fournissent en abondance à tous ses besoins, elle possède également de bonnes races bovines, dont voici la liste. — La race du Sleswig.— La race d'Angeln!, bonne laitière, dans le Sleswig. — La race des Marsch* ou des polders du Holstein, dans l'Ouest du Holstein; la race de Breilenburg (Holstein) 5, — La race hollandaise et ses dérivés (laitière) est répandue dans le Hanovre, l'Oldenbourg, la Westphalie, le Mecklenbourg, le Brandebourg, et jusque dans la Poméranie et la Prusse royale, — La ace de la Geest, sur les collines sablonneuses du Nord-Ouest de l'Allemagne, dans le Hanovre, l'Oldenbourg etle Mecklenbourg. — La race du Westerwald, dansle Nassau, — La race du Glanet du mont Tonnerre, dans le Palatinat. — La race de l'Odenwald,
1 La presqu'ile d’Angeln, d'où est sortie cette excellente race,est au Sud-Est du Sleswig et comprise entre le golfe de Flensbourg et la Schlei.
% Les Marsch forment une région d'alluvions constituées par de l'argile micacée ; ils sont situés sur le littoral du Sleswig-Holstein, entre l'Elbe et Ribe, et ont une largeur de 5 à 20 kilomètres.
SM, Tisserand (Études économiques sur le Danemark, le Holstein et le Sleswig) divise ainsi qu'il suit les races bovines du Sleswig-Holstein. La race de Tondern (laitière), dans le Nord-Ouest du Sleswig, oceupant les parties littorales du duché entre Ribe et Tondern; — les races des Marsch, comprenant la race d'Eiderstedt (presqu'ile située sur la rive gauche de l'Eider) ; celles du Déthmarschen (entre Elbe et Eider) et de Kremp (bonnes races de boucherie, souvent croisées avec la race Durham), et la race de Wilster (bonne laitière); — la race de Breilenburg (au centre du Holstein), dérivant de la race des Marsch ; elle est laitière; — la race d'Angeln, petite, mais excellente laitière, dans toute la partie orientale du Sleswig- Holstein,
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ALLEMAGNE
dans la Hesse-Darmstadt méridionale, — La race du Vogelsberg, dars la Hesse-Darmstadt du Nord et dans la Hesse-Cassel, — Dans la Saxe ducale, un mélange des races voisines avec Ja race hollandaise. — La race du Voigtland (très-bonne pour le travail et la boucherie) et Ja race de la Lusace, dans la Saxe royale, où J'on trouve aussi des mélanges nombreux de ces races avec les races hollandaises et suisses. — La race du Spessart et du Rhæn-Gebirge, dans la Basse Franconie. — La race de Franconie, dans la Haute Franconie et la Saxe-Cobourg. — La race d'Anspach ou de Triesdorf, dans la Franconie centrale. — La race d'Egerland, dans les parties de la Haute Franconie et du Haut Palatinat voisines du Bœhmerwald, et dans la vallée de l’Eger en Bohème (bonne race laitière, de travail et de boucherie). — La race de Kelheim, dans le Haut Palatinat. —- La race du Baierwald, dans la Basse Bavière, analogue à la race autrichienne de Mariahof. — La race d'Algau, excellente laitière et très-recherchée en Allemagne, dans la Bavière, le Tyrol et le Wurtemberg.— La race de Hall (vallée du Kocher) dans le Hohenlohe (Wurtem:erg du Nord-Est). — larace du Limpurg, dans la vallée du Kocher.
—La race du Necker.-— La race de la Forét- Noire, dans tout le massif, — La race de la Souabe inférieure, au Sud d'Ulm, dans les vallées de l'Iller et du Mindel. — Les bêtes à cornes du duché de Bade sont en général des mélanges des races suisses et wurtembergeoises. — Les races du Tyrol sont : la race du Vorarlberg, comprenant : la race de Moniafone ; la race de Zillerthal (dans la vallée inférieure de l’Inn), rustique, sobre, laitière, et apte à l'engraissement ; — la race de Dux (vallée au Sud du Zillerthal), laitière comme la précédente ; — la race d'Ober-Innthal (haute vallée de l'Inn), laitière, précoce et donnant une viande très-bonne. — On trouve en Autriche : la race de Pinxgau, dans le Salzbourg, grande, rustique, et, dans le Pongau, surtout laitière et apte à l'engraissement; elle est répandue dans la Haute Bavière sous le nom de race de Miesbach: — la race de Mürsthal, laitière, dans les vallées de la Mürz et de la Mur en Styrie, et se répandant dans la Basse Autriche; — la race de Mariahof, laitière, dans le Sud-Ouest de la Styrie et dans la Carinthie; — la race de Kampeten ou de Helmer-Blassen, dans le Hausruckwald; — la race de Wels et la race d'Helm, dans la Haute Autriche; — la race de Gfœhl, dans le mont Manhart et l'Ober-Wienerwald, — La Bohême, grand centre d'élevage de races
indigènes et des races de la Suisse, de la S'vrie, du Tyrol et de la Frise, possède les races laitières d'Egerland (dans la vallée de l’Eger), de Stadl, dans la Bohème occidentale, et de Tell, dans la Bohème orientale. — La race hongroise est élevée dans l'Alfæld, c'est-à-dire dans les plaines de la Hongrie eentrale, où existent ces pâturages naturels appelés Pusztas : elle existe aussi dans la Transylvanie, la Croatie, l'Esclavonie, la Moravie, la Moldo-Yalaquie, la Bukowine, l'Ukraine, la Wolhynie, la Podolie et jusqu'aux steppes de l'Asie les plus voisines, point de départ des Hongrois et de leurs gulyas ou troupeaux. Les bœafs hongrois sont blancs ou gris-cendré; leur cornure est très-grande ; ils sont hauts de jambes et élancés, élégants, légers et rapides, forts et rustiques ; leur chair est excellente et nutritive; ils sont aptes à l’engraissement ; leur cuir est très-dur et très-bon, et leurs allures rapides en font des bêtes de travail aussi bonnes que le cheval. — La race des Karpathes peuple les montagnes de ce nom, sur le versant de la Hongrie et sur celui de la Galicie. — La race podolienne ou de Galicie, race de travai! et née des races indigènes mèêlées à la race hongroise.
Races ovines. L'Allemagne possède 60 millions de moutons, de race indigène, de race mérine et métis-mérinos. — Races indigènes. Le grand mouton allemand à longue laine est nombreux dans toutes les parties du Sud et de l'Ouest. Les polders du Iolstein nourrissent une race très-grande et très-féconde, n:ais à laine grossière !. Dans le Sleswig, les raçes indigènes ont été améliorées par le croisement avec les races anglaises.
Dans les landes du Hanovre paissent de nombreux troupeaux à laine grossière. — Dans les montagnes de la Hongrie, de la Transylvanie et de la Galicie, il existe diverses races spéciales et curieuses, d'origine hongroise et valaque, à cornes de 1 mètre, et presque toutes laitières. Le mouton noir de Transyl-vanie sert aux habitants comme le renne aux Lapons ; il fournit à la pelleterie des peaux d'agneau, qu'on exporte en grandes quantités; il donne du lait avec lequel on fait des fromages, de la viande excellente, de la laine pour fabriquer des couvertures, et sa peau sert à vêtir les montagnards. — Le mouton hongrois, dit mouton de Zakel, est élevé dans les Karpathes du Nord et du centre; les brebis sont très-laitières, et c'est avec leur
! La race des polders, appelée aussi la race frisonne, provient de la race du Texel et donne beancoup de viande,
lait que l’on fait le fromage renommé de Liptau. — La race indigène de Galicie, conservée chez les’ paysans, est 'très-laitiére et donne des toisons communes, mais longues et abondantes,
* Les mérinos sont élevés principalement dans Ja Saxe, qui possède la belle race électorale, d’origine mérine pure, améliorée au point de vue de la finesse de ia laine, et qui s'est répandue dans toute l'Allemagne, dans le Brandebourg, la Posnanie, la Bohème, la Moravie, la Silésie, l'Autriche, la Styrie et la Carniole, la Hongrie, la Galicie et, dans le Wurtemberg, sur les sommets du Rauhe Alp. Les mérinos de ces divers pays appartiennent aux divers types de l'Escurial, Negretti, Rambouillet, Infantado, et surtout au type électoral. Dans tous ces grands centres de production de la laine, on a aussi croisé les races indigènes avec les divers types mérinos, et on a obtenu de beaux résultats ; des soins intelligents et persévérants y sont donnés à l'élève des mérinos et des métis-mérinos ; aussi obtient-on parlout de très-belles laines qui sont l’objet d’une exportation considérable et qui alimentent les fabriques de draps de Moravie, de Bohème, de Silésie et de Saxe, aussi remarquables par leur beanté que par leur extrême bon marché.
Les grands marchés à laine de l'Allemagne sont : Berlin, Breslau, Posen, Stettin, —