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contraire, est aride et peu productif; mais à | Morena, et traversée par la Guadiana. C'est, en
force de travail et d'intelligence, on l’a transformé et on y a établi une assez belle culture. — Les Asturies produisent des bois de construction, du maïs, des pommes, du cidre, des fruits, des noisettes qui s'exportent en Angleterre, et on y élève de bons chevaux. — La Galice est une des provinces les plus fertiles et les mieux cultivées de l'Espagne ; les montagnes sont boisées et couvertes de chènes, de châtaigniers ou de pâturages ; les vallées, arrosées par un grand nombre de rivières et de ruisseaux, renferment de belles prairies ; partout le sol riche est cultivé avec ardeur par une population intelligente, forte et laborieuse. La Galice produit: maïs et céréales, fruits excellents, châtaignes, oranges, citrons, vius (ceux de Vigo sont assez bons) et légumes; on y élève des bètes à cornes, une excellente race asine et des moutons.
Plateau central. — Le royaume de Léon est couvert, sur de vastes espaces, par de grandes bruyères, dontles racines sont transformées en charbon pour alimenter les forges, ou sont employées par les paysans pour s'éclairer. Les pâturages des hautes montagnes du Léon servent en été à nourrir les moutons transhumants. Le Léon fabrique de l'huile avec la faine des hêtres qui y sont très-nombreux; il produit beaucoup de cerises dans sa partie occidentale, et du beurre excellent dans tout le bassin du Sil, qu'on appelle le Vierxo. — La Vieille-Castille, bien que donnant beaucoup de blé, est encore un pays pauvre et couvert, surtout dans la province de Soria, de steppes arides et de montagnes décharnées. Ces hautes steppes (parameras), sans eau et sans arbres, n'ont d'autre végétation que des massifs de grands genêts et des taillis de chènes rabougris. Les hautes montagnes de la Vieille-Castille, comme celles du Léon, sont couvertes d'herbes fraiches et savoureuses, qui servent en êté de nourrilure aux moutons transhumants. I y a beaucoup de vignes dans la Vieille-Castille, mais le vin y est mal fait et mauvais. — La Rioja, grande vallée de 136 kilom., traversée par l’Ebre et bien arrosée, produit des fruits, de l'huile, de la soie et des légumes ; des troupeaux de moutons pâturent dans les montagnes qui entourent cette riche vallée. — La Nouvelle-Castille est, dans la province de Guadalaxara, une contrée riche en bétail et en blé. - La anche (Manxa, terre desséchée) est une région géographique qui renferme les provinces de Tolède, de Cuenc. de Ciudad- Real (Nouvelle-Castille) et d'Albacète (Murcie) ;
elle est comprise entre le Tage et la Sierra
général, un pays aride, sec, toujours plat, sans arbres, et présentant çà et là quelques flaques d’eau salée; la végétation n’est composée que de plantes salines propres à fabriquer la soude et que mange le bétail, lorsque les sauterelles, qui ravagent d'ordinaire ces plaines immenses, ont épargné quelque chose. La Manche es peu peuplée et très-pauvre; on y récolte cependant du blé dans quelques cantons ; on f élève d'assez bons chevaux, des taureaux de combat et beaucoup de chèvres ; les mules de Ciudad-Real et les mulets d’Almagro sont re.
nommés. En hiver, ces plaines se revêtent, grâce à l'abondance des pluies, d'une épaisse végétation ; c'est alors que les moutons descendent des hautes montagnes du Léon et des Castilles et viennent sur ces pâturaues et sur ceux de l’Estrémadure. — L'Estrémadure, pays très-fertile et qui pourrait être un des principaux centres de production agricole de l'Espagne, s’il était cultivé, n’est couvert que de vastes pâturages déserts (Dehesas de pasto), abandonnés en hiver aux troupeaux de moutons qui ont passé l'été dans les hautes prairies du Léon. La population, peu nombreuse et trop paresseuse pour cultiver la terre, élève des bêtes à cornes et se livre à la contrebande et quelquefois au brigandage.
Région méridionale. — L'Andalousie et le royaume de Grenade! ont un climat trèschaud ; là où il y a de l’eau et où le sol est arrosé, comme dans les végas de Grenade et de Motril?, la terre est d’une fertilité prodigieuse; mais, en genéral, l’eau manque; il n’y a pas de chemins, pas de routes et pas assez d'habitants ; avec des bras et des voies de communication, l’agricuiture produirait des merveilles. De grands espaces déserts sont couverts de palmiers-nains ; les forèts ne se rencontrent que dans la province de Huelva et dans la Sierra Segura. Les parties cultivées produisenten abondancelesoranges, les limons, la grenade, la figue, les amandes, les caroubes, les câpres, la vigne à raisins secs (province de Malaga), le vin (environs de Cadix), tous les fruits de l'Europe centrale, les dattes, la cochenille, le coton et la canne à sucre (littoral de la province de Malaga), on cultive aussi dans cette zone très-chaude, le cocotier, l'indigotier, le poivrier de Cayenne et le cacaotier. On récolte beaucoup d'huile dans toute l'An-
* A cette région appartient aussi la province portugaise des Algarves.
% La véga de Grenade est arrosée par le Xenil; la véga de Motril, par le rio Grande de Orgival.
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dalousie, mais elle est mauvaise, quoique les olives soient excellentes. Le nord de l’Andawusie et le sud de l’Estrémadure produisent degrandes quantités de blé, qui pourraient être encore augmentées. Les autres productions de l'Andalousie sont : le maïs, l'orge, le tabac, le miel et la cire, le pois chiche, cultivé en grand dans la province de Jaen, la réglisse et | le liége (province de Malaga). De beaux pâtu- : rages engraissent de nombreuses bêtes à cornes, surtout dans les vallées de la province d'Almeria; la province d'Huelva nourrit des pores avec la glandée de ses forêts; la pro vince de Jaen élève des mulets, et les provinces de Jaen, de Séville et de Cadix, des chevaux. — Le royaume de Murcie est divisé en deux parties : la haute terre, qui forme la province d'Albacète et dont les steppes ont été décrites p.648, et la province de Murcie, terrasse littorale appartenant à la région méridionale de l'Espagne. Le tiers du sol de cette terrasse se compose de : rres irriguées (regadios), qui forment la hue: :7 de Murcie, baignée par la Segura et dont la culture est trèssoignée!, Les deux autres tiers des terres, qui ne sont arrosés que par les pluies, sont appelés secanos. Celte province produit de la soie, des fruits, des oranges, des citrons, de l'huile, du vin, et dans les secanos, du blé, de l'orge et du mais. — Le royaume de Valence, excepté dans sa partie septentrionale, qui est formée de plateaux arides et incultes, ofire presque partout un sol bien arrosé, et d'une grande fertilité. La province d’Alicante, à Elche, a une culture spéciale, celle du palmier?. Au centre du royaume de Valence, la vallée du Guadalaviar descend en pente douce des montagnes à la mer; les Maures y avaient établi un remarquable système d'irrigation et une huerta que les Valenciens ont su conserver. La huerta de Valence est cultivée avec le plus grand soin; on y fait, dit-on, jusqu'à huit coupes de luzerne; elle produit du très-beau chanvre, de la soie, des olives, du vin, des caroubes, de la cochenille, des melons, du blé, du maïs, etc. Deux cultures spéciales, et faites en grand, existent dans la province de Valence, celle de l'oranger et celle du riz; on récolte le riz autour de l'Albufera. Au Nord du royaume, la plaine de Castellon, arrosée par le Myarès, est fertile
* Cette huerta comprend la plaine d'Orihuela, située dans la province d'Alicante, mais arrosée aussi par la Segura. La plaine d'Orihuela est, comme toutes ces huertas, splendide de végétation et trés-féconde.
*Le palmier est ici cultivé en grand pour les dattes et aussi pour fournir des palmes à la fête des Ranieaux.
et ses produits sont les mêmes que ceux de la province de Valence.
$ 4. Ethnographie, races et langues.
— Les habitants les plus anciens de l'Espagne sont les Ibères, les Phéniciens, les Grecs et les Celtes. Les Ibéères ont peuplé jadis toute la péninsule et étaient arrivés, au moins chez les Turdetani!, à un certain degré de civilisation. - Les Phéniciens®? établirent plus de deux cents colonies dans le pays de Tarsis, dont Cadix (Gades) et Malaga étaient les plus importantes ; ils fondérent aussi Tarragone (Tarraco), au Nord-Est. — Les Grecs s'établirent sur la côte orientale à Emporiæ (Ampurias) et à Sagonte (Murviedro, près de Valence). — Les Celtes conquirent une partie de l'Espagne, se mêlérent aux Ibéres ct formérent une nouvelle population, les Celtibéres, qui occupa le centre et les côtes occidentales de la péninsuleÿ.
Au troisième siècle avant notre ère, les Carthaginois soumirent toute l'Espagne jusqu’à l'Ébre ; ils fondèrent Carthago nova (Carthagène), Barcino (Barcelone) et Portus Magonis (Port Mahon). À leur tour et après de longues guerres, les Romains chassèrent les Carthaginois, soumirent les Espagnols, et après avoir achevé la conquête de l'Espagne, ils la transformèrent pendant leur longue domination; ils y établirent leur langue, leurs lois, leurs usages et leur religion. Puis, au cinquième siècle de l'ére chrétienne, l'invasion des Barbares jeta en Espagne : les Suêves, qui s’étabhrent au Nord-Ouest, dans la Galice et le Portugal du Nord jusqu’au Douro ; les Vandales, qui se fixérent un instant dans la Bétique #, et les Wisigoths, y. devinrent les .maitres de toute la péninsu : . La domination des Goths finit en 712; les Arabes s'emparèrent alors de presque toute l'Espagne et en restèrent les maîtres jusqu’à la fin du treizième siècle ; depuis cette époque jusqu'en 1492, ils n’y possédérent plus que le royaume de Grenade; en 1499, Grenade fut prise par les Espagnols, et en 4610 les A:abes, qu'on appelait alors les
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{ Ils habilaient le pays de Tarlessus ou Tarsis, c'est-à-dire le littoral entre la Guadiana et le détroit de Gibraltar.
# Le nom ancien de l'Espagne, Hispania, parait ve nir d'un nom phénirien.
5 Voy. dans : Moncisberichte der kæn. preussischen Academie der Wissenschaften su Berlin (année 1864), un travail et une carte de Kierenr sur la délimitation des populations celtiques de l'Ibérie.
4 C'est des Vandales que l'Andalousie tire sonnom.
5 Leiitre de Aîdalgo, encore en usage en Espagne raur désigner un gentilhnmme, est l'abrégé de hijo del Godo, fe de Goth.
Morisques, furent chassés en masse de toute l'Espagne.
Tels sont les divers éléments qui ont constitué par leur mélange !a nation espagnole ; en résumé on y distingue :
Les J"°.e8, fond primitif et essentiel de la nation ;
Les Celtes, de race hindo-européenne ;
Les Phéniciens. . .
Les Carthaginois.
Les Arabes.
Les Grecs. de race hindo-euro-
Les Romains... . . . | péenne, appartenant
Les Suèves, Vandales, | aux familles grecque,. Wisigoths. . italienne et germanique.
de race sémitique ;
L'Espagne est habitée actuellement, dans presque toutes ses provinces par un peupie appelé les Espagnols (Españoli), qui forme les dix-neuf vinglièmes de la population; l'autre vinglième se compose des Basques, qui habitent les Provinces Basques et les inontagnes de la Navarre. Les Espagnols sont une nation celtibérienne d'origine, mêlée de quelques éléments latins et gothiques, et arabes dans le Sud; ils parlent une langue presque entièrement latine. Les Basques sont des Ibères restés purs et ayant conservé leur langue; c'est une belle race, active et intelligente. La population de l’Andalousie est également de la plus grande beauté; elle offre incontestablement un des plus beaux types de l'espèce humaine.
Sans compter le basque, débris de l'ancien idiome des lbères, il existe x l:pagne deux langues distinctes, l’espasito? et ic alan.
Au dixième siècle de l’ere chrétienne, on y parlait le romanxo, qui dérivait du latin modifié et altésé par le contact des idiomes celtibérien !, gothique et arabe ; il s’en forma plus tard deux dialectes : le castillan, au centre, le gallego, à l'Ouest. Dès le treizième siècle, le castillan était devenu une langue importante, et au seizième siècle, il était en usage dans toute l'Espagne. Le castillan, dont le type le plus pur se conserve à Tolède, est parlé dans les deux Castilles, dans ie Léon, l'Aragon, !a Manche et l'Estrémadure; des dialectes plus ou moins différents existent dans la Navarre méridionale, Murcie, l'Andalousie et dans les Asturies ; le dialecte de cette dernière province s'appelle le bable. — Le gallego est parlé dans la Galice. ’
Le catalan est un dialecte de la langue limousine établie en Catalogne, pendant que cette province dépendait de la France méridionale ;
‘ Les aspirations gutturales si fréquentes en espawol, paraissent être d'origine ibérienne.
ilest parié dans la Catalogne, dans le royaume de Valence et dans les îles Baléares.
85. Géographie historique.— L'Espagne fut divisée par les Romains en trois grandes provinces : Ja Tarraconaise, à V'Est d'une ligne menée de l'embouchure du Pouro à Almeria ; la Lusilanie, entre le Dora ct la Guadiana; la Bétique, entre la Gua:hiana et a Méditerranée. Plus tard, vers la fin de l'Empire, l'Espagne fut partagée en six provinces :