POLE BORÉAL
On n’était pas encore fixé, au commencement de ce siècle, sur la question de savoir s’il existait ou non une communication entre l'océan Atlantique et le Grand océan par la mer Polaire et le détroit de Behring. Pour résoudre ce problème, les Anglais ont fait une série d'expéditions qui ont amené la connaissance à peu près CE des Terres Arctiques jusqu'au 78° lat, N
Les voyageurs qui ont fait les expéditions de la mer Polaire sont :
Scoresby (1817 et 1822), qui a navigué dans les parages du Grœnland et a atteint, en 4817, le 80° 1/2 lat. N.
John Ross (1818 et 1829-33). C'est dans son second: voyage: qu'il découvrit la presqu'ile Bnothia et le pôle magnétique boréal.
Parry, qui a fait quatre voyages de 1818 à 1827. — Le plus important de ces voyages est le second: (1819-20), pendant lequel il à découvert les détroits de Lancastre, de Barrow, du Prince-Régent et la côte septentrionale de l'île Melville. En 1897, il s'avança en traîneau sur la glace, au N. du Spitzherg, jusqu'à 82° 85" lat. N., et acquit la conviction qu’il existait une mer Polaire libre, ouverte et sans glaces.
Franklin (1819-22). Ce premier. voyage, entrepris par terre avec Richardson, eut pour résultat la reconnaissance d'une partie -du littoral de l'Amérique septentrionale entre les embouchures des rivières Mackenzie et Copper- Mine.
Le capitaine Clavering et le physicien Sabine (1822-23), dont l'expédition au Spitzherg et sur la côte orientale du Grœnland avait pour but de déterminer la forme de la Terre et de faire des expériences relatives au pendule,
Le capitaine danois Graah, qui a relevé les côtes occidentales du Grœnland en 1823-24 et les côtes orientales'en 1829.
Franklin et Beechey (1825-27). Ces deux navigateurs devaient combiner leurs efforts pour savoir si le passage existait ou non. Bee-
chey devait pénétrer dans la mer Polaire par le détroit de Behring, et Franklin par le Territoire de la compagnie d'Hudson. Ces deux voyages n'eurént d'autre résultat que de relever le littoral de l'Amérique septentrionale sur la mer Polaire, entre le détroit de Behring et la rivière Copper-Mine. Les deux expéditions qui devaient se rejoindre, rebroussérent chemin avant de s'être rencontrées.
En 1845, Franklin repartit d'Angleterre pour se rendre du détroit de Barrow au détroit d: Beluing. En 1848, on n'avait encore reçu aucune nouvelle de l'expédition ; inquiet sur le sort de Franklin et de ses compagnons, le gouvernement anglais envoya plusieurs bâtiments à sa recherche, À ce moment commencèrent une série d'expéditions qui durérent douze ans (1848-59) et qui ont amené, avec la découverte du sort de Franklin, la connaissance presque complète de la géographie des Terres Arctiques.
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Les expéditions envoyées à la recherche et au secours de Franklin étaient commandées par Austin, Belcher, Collinson, Inglefield, Kane, Kellett, Kennedy et Bellot, Mac--Clintock et Hobson, Mac-Clure, Ommaney, Osborne, Penny et Steward, Raë, Richardson, James et John Ross.
Detoutesles découvertes faites par ces hardis uavigateurs, la plus importante est celle du détroit du Prince-de-Galles, par. Mac-Clure, dans son voyage de 1850-54. Arrivé au détroit de Behring (1850) par le cap Horn, Mac-Clure s'avança sur le cap Barrow et vers l’embouchure de la rivière Mackenzie ; puis il découvritla Terre Baring, partie méridionale de la grande terre de Banks, laquelle est séparée d'une autre grande terre, celle du Prince-Albert, par un détroit auquel il donna le nom du Prince-de-Galles ; c'était le fameux et impraticable passage du N.-0. qu’il venait de trouver, et qui communique en effet! avec le détroit de Melville, et de là, par les détroits de Barrow et de Lancastre, avec la mer de
-Baffin.
On sait maintenant que Franklinavait trouvé, avant Mac-Clure, le passage du N.-0. En effet, aprés avoir exploré le détroit de Wellington jusqu'au 70° lat. (1845), il suivit Ja côte de l’île Cornwallis et se dirigea sur la Terre du Roi-Guillaume, soit en passant à l'E. de la Terre du Prince-de-Galles, par les détroits de Peel et de Franklin, ou en passant à l'O., par le canal de Mac-Clintock ; à ce point la nouvelle route qu'il venait de suivre se raccordait avec les découvertes précédentes de Back, Dease et Simpson, et avec celles qu'il avait faites lui-même en 1895. On sait aussi que ses vaisseaux furent pris dans les glaces du détroit de James Ross, à 20 kilom. au N.-0. de la Terre du Roi-Guillaume (de septembre 1846 à avril 1848)4, et que l'expédition essaya de gagner l'embouchure de la rivière Back; maïs officiers et matelots, tous périrent en: se rendant à la rivière Back, ou dans l'ile de Montréal, qui est à l'embouchure de cette rivière 5. :
* Quand il est libre de glaces.
* Franklin mourut pendant ce temps-là, en 1847.
5 Le résultat que l'on avait voulu obtenir était atleint, mais à quel prix? On avait constaté qu'une communication, mais à peu près impraticable, existait entre l'Atlantique et le Grand océan par la mer de Baffin êt le détroit de Behring, En effet, on peut passer *
1° Par les détroits de Lancastre, de Barrow, de Melvilleet du Prince-de-Galles (route de Mac-Clure),
% Par les détroits de Lancastre, de Barrow, de Peel, de Franklin, de Victoriaet de Dease (route de Franklin), &* Par les détroits d'Hudson, de Fox, de Fury et