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et Dur
clé cédé par l'Empire qu'à la paix de Ryswyck, cn 1697. Mulhouse a été acquis en 1798.
C'est par Bâle que la Coalition a lancé en 1814 sa principale armée contre la France.
La route de Bâle à Paris, en effet, a cela d’important qu’elle est la seule qui permette aux armées venant d'Allemagne de pénétrer en France, en gardant bien établies leurs communications avec l'Allemagne. Il faut remarquer aussi que cette route passe, au S. des Vosges, dans la trouée de Béfort, qui tourne la chaîne des Vosges et rend cette forte barrière inutile; elle arrive ensuite par Vesoul sur le plateau de Langres, excellente défense naturelle, il est vrai; mais ce boulevard une fois forcé, l'ennerñi se trouve dans le bassin de la Seine, dont la disposition est tout à son profit. En effet, la Seine coule du S.-E. au N.-0., recevant l’Aube et la Marne, à droite, l'Yonne et son affluent l’Armançon, à gauche, toutes ces rivières coulant parallèlement à la Seine, se jetant dans le fleuve assez près de Paris, et amenant ainsi, sans lui présenter d'obstacles, l'ennemi à Paris.
Aujourd'hui, le territoire est mieux défendu qu'en 1814; Béfort est actuellement une grande place forte et forme un camp retranché destiné à appuyer les opérations d’une armée!, et Langres est devenu une place de guerre importante. Ainsi une nouvelle invasion trouveait sur cette route, presque ouverte en 1814, de puissants obstacles, sans compter que l’objectif principal, Paris, est devenu aussi un grand camp retranché ?.
Paris, en effet, est entouré : 1° d’une enceinte bastionnée, comptant 94 bastions, suivant presque partout de longues lignes droites favorables à la défense ; et 2° d'une série de forts détachés, dont nous allons donner la liste,
! « Après les désastres de 1814, le gouvernement de la Restauration songea à prémunir la France contre de nouvelles invasions. 11 fit étudier la situation de nos frontières de l'Est par le général Haxo. Ce deruier reconnut qu'au point de réunion des Vosges et du Jura, la dépression du terrain formait un col facilement accessible et mal défendu à cette époque par Béfort, qui n'avait qu'une citadelle. Il proposa de remédier à ce danger en faisant de Béfort nne grande place de guerre, qui serait la clef de cette porte de a France. » Rapport à la chambre des Pairs sur le chemin de fer de Dijon à Mulhouse ; Moniteur du 11 juin1846. — Béfort, toutes nosantres places nouvelles et tous les nouveaux ouvrages ajoutés aux anciennes, ont été construits par le gouvernement de Louis- Philippe.
? La neutralité de la Suisse, établie par le traité de Westphalie, et qui a couvert si complétement notre trontière, de 1648 à 1814, est censéelf ermer encore la route de Bâle et la trouée de Béfort; mais cette neutralité, violée pour la première fois en 1798, par le Directoire,n'a pasété respectée en 1814 par la Coalition:
Au Nord, à Saint-Denis, il y a : la couronne de la Briche, la double couronne du Nord et le fort de: l'Est, couverts par un système d’inondations. — A l'Est, entre Saint-Denis et la Marne, appuyés sur les hauteurs qui sont au Nord de Paris, les forts d’Aubervilliers, de Romainville, de Noisy-le-Sec, de Rosny, de Nogent et de Vincennes. — Au Sud, entre la Seine et la Marne, le fort de Charenton, puis les forts d’Ivry, de Bicètre, de Montrouge, de Vanves et d’Issy. — A l'Ouest, la forteresse du Mont-Valérien.
2. Frontière du Jura.— Entre le Rhin et le Rhône, c’est-à-dire entre Bâle et Genève, la limite de la France, partout adjacente à la Suisse, peut être divisée en quatre parties :
4° Entre le Rhin et le Doubs, la limite est tracée par une ligne vague, qui se dirige à l'O, entre ll et la Birse, entre la Largue et le Male, passe au S. de Delle, laisse à la Suisse Porentruy, puis atteint le Doubs à Brémoncourt, à l'O. de Saint-Ursanne. — 2% Entre le Doubs et le Jura, la limite coupe deux fois le Doubs dans le coude de Saint-Ursanne et suit cette rivière jusqu'aux Brenets, village situé au S. du saut du Doubs, près du Locle. — 3° Aux Brenets, la limite quitte le Doubs et suit les crètes du Jura central jusqu'à la Chapelle-des-Bois, puis elle coupe l’Orbe et en laisse la source à la France, ainsi que le lac et le plateau des Rousses. — 4° Enfin, la limite, de nouveau tracée par une ligne arbitraire, se dirige entre les Rousses et Saint-Cergues ‘, entre Gex et Copet, suit quelque temps le Versoix, coupe le London au S.
-de Saint-Genis et atteint le Rhône un peu à
l'O. du confluent du London.
Avant 1792, la France était protégée depuis le Rhin jusqu’au Rhône par la neutralité de la Suisse qui couvrait, comme on l’a déjà dit,
! C'est dans cette partie de la frontière que se trouve la vallée des Dappes, que la France et la Suisse se sont partagée par le traité de Berne du 8 décembre 1862. La vallée des Dappes, d'une superficie de 2,000 hectares et peuplée d'environ 100 habitants, avait été cédée à la France en 1802, puis rendue à la Suisse en 1815; un acte du congrès de Vienne, du 49 novembre 1815, contirmé par une nouvelle déclaration du congrès d'Aix-la-Chapelle, restitua la vallée des Dappes à la France. En effet, cette vallée coupait uotre frontière et la route des Rousses à la Faucille et à Saint-Cergues, et sa possession était absolument nécessaire à la défense de la France. La Suisse protesta contre la décision qui rendait les Dappes à la France, et la vallée resta inoccupée par les deux pays jusqu'en 1862. Le partage a été fait de facon à laisser à la France le mont des Truffes, ses versants et la route des Rousses à la Faucille et à Saint-Cergues ; le reste de la vallée à été réuni au canton de Vaud (Voy. le Moniteur du A avril 186).
le Sud de l'Alsace, la route de Bâle à Paris et en même temps toute la frontière du Jura. On ne saurait douter que si Ja France «a résisté à l'invasion de 174! de 1794, elle le doit en grande partie à ce , ‘on ne l’a pas attaquée de ce côté quand elle l'était par tous les autres.
L'an ‘°nne monarchie avait le droit d'occuper :itairement le pays de Porentruy, qui appartenait à l'évêque de Bâle, et de fermer ainsi les passages par lesquels l'ennemi aurait pu pénétrer sur le territoire français, à travers l'extrémité du Jura septentrional. En 1793, la République s'empara de Porentruy ; mais on nous l'enleva en 1814, sans nous rendre notre ancien droit d'y mettre garnison.
Telle qu’elle est cependant, la frontière du Jura est bonne‘; elle présente des obstacles sérieux, des défilés difficiles, des montagnes boisées, de nombreux cours d'eau, et l'on peut rendre facilement impraticables toutes les routes qui traversent le Jura, parceque le sol de ces montagnes est composé de roches tendres.
La frontière du Jura est défendue par la grande place d’armes de Besançon, et en avant par Montbéliard et Blamont, sur les routes de Porentruy à Besançon; par le château de Joux, sur la route de Neufchâtel à Besançon; par la place des Rousses, sur la route de Genève à Besançon. En arrière du Jura et de Besançon, vient la ligne de la Saône, défendue par Auxonne, sur la route de Besançon à Paris par Dijon.
Trois routes et un chemin de fer relient la frontière du Jura à Paris. Les routes sont celles de :
20. Paris à Besançon par Langres, suivant la route n° 48 jusqu’à Langres, et de là à Besançon par Gray.
21. Paris à Besançon par Dijon, suivant la route n° 18 jusqu'à Troyes, rt de là à Besancon par Chatilloi-sur-Seine, Dion, Auxonne ct Dôle.
22. Paris à Gex, par Melun, Auxerre, Chalon, Lons-le-Saunier, les Rousses, Gex, se prolongeant sur Genève.
Le chemin de fer est celui de Paris à Lyon par Dijon, avec ses deux embranchements de Dijon à Besançon et de Dijon à Pontarlier.
Besançon est lié à Strasbourg par une route qui passe par Mons i. :, Béfort, Colmar et
Sile massif du Jura pective s tené, au Ne 4, par lle, et, au Sud, par Genése, k5 nn ces de Port et de Lyon rendent le succès de psie'tles rianœuvres trés-difficile,
Schelestadt. ll est réuni à Lyon par deux routes. la première suit la Saône et passe par Mäcon, Chalon et Dôle; la seconde passe par Bourg, Lons-le-Saulnier et Poligny. Besançon est lié aussi avec Béfort et Strasbourg, d’un côté, et avec Lyon, de l’autre, par des voies de fer.
La Franche-Comté, qui forme cette frontiére, & été acquise par Louis XIV, à la paix de Nimègue en 1678. La principauté de Montbéliard, conquise en 1793, n’a été cédée par le Wurtemberg que par le traité du 7 août
3. Frontière des Alpes. — La limite de la France, dans la troisième section de la frontière de l'Est*, en partant du confluent du London dans le Rhône, contourne le canton de Genève et atteint la rive méridionale du lac de Genève, qu’elle suit entre le canton de Genève et le canton du Valais; à Saint- Gingolf, la limite se dirige au Sud et suit un épais contre-fort du mont Blanc, qui sépare la France du Valais, et atteint la chaine des Alpes au mont Blanc. Depuis le mont Blanc jusqu'à Colla-Longa, dans les Alpes maritimes, la limite est tracée par la crête des Alpes Grées, des Alpes Cottiennes et des Alpes maritimes, et suit dans toute cette étendue la ligne de partage des eaux, excepté sur un point, à l’hospice du Petit Saint-Bernard qui, situé sur le versant français, appartient à l’Italies. À Colla-Longa, la limite quitte la crète des Alpes maritimes et la ligne de partage des eaux pour suivre jusqu'à la Méditerranée une ligne conventiounelle et arbitraire. Cette ligne se dirige d’abord de Colla-Longa sur la Tinea, qu’elle atteint à 10 kilom. au Nord de Saint-Sauveur et qu’elle suit jusqu’au confluent de la Molières ; de là, elle se dirige à l'Est, en suivant généralement des contre-forts des Alpes maritimes, coupe successivement la Borreone, la rivière de la Madone delle Fenestre, Ja Gordolasca et atteint la Roya à 5 kilom. au Nord de Saorgio. De ce point la limite va joindre la Bendola, qu'elle suit pendant quelques kilomètres, et :e dirigeant au Sud-Ouest, elle va recouper : Len à
* Telle qu'elle a été constituée pr : ë ü Turin du 24 mars 1860, qui cède à la France ia Savoie el l'arrondissement de Nice, et par le traité de Paris du 2 février 1861, en vertu duquel le prince de Monaco vend à la France, pour 4 millions de francs, les communes de Mentone et de Roquebrune.— La principauté de Monaco ne se compose plus que de la ville de Monaco et de son territoire; enclavée dans le département des Alpes-Maritimes, cette principauté est comprise dans le système des douanes françaises.
* L'hospice étant la propriété de l'ordre de Saint- “aurice, on a voulu que cet ordre continuñl à avoir ses propriétés en Italie,
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au Sud de Breglio; puis se dirigeant au S., elle coupe la Bevera et finit à l'embouchure du Saint-Louis, petit ruisseau qui se jette dans la Méditerranée, entre Vintimille et Mentone.
Dans toute cette étendue la France est adjacente : d'abord à la Suisse ‘, entre le London et le mont Blanc, et depuis le mont Blanc, au royaume d'Italie.
La frontière des Alpes a été rendue bien meilleure depuis 1815, par la transformation de Lyon en une grande place forte et par l'acquisition de la Savoie. Lyon ferme aujourd'hui le débouché des routes de Turin et rend moins facile une invasion venant de Genève, com: en 1814. L'acquisition de la Savoie r'ociuic surtout l'élat de choses antérieur. Avant le iaite du 24 mars 1860, par lequel nous avons acquis cette province, l’on disait avec rarson que les clefs des Alpes étaient ï Turin; en effet, tous les passages impor- ‘rats de la chaine des Alpes appartenaient au Piémont. Si cet élat n’était pas absolument indépendant de l'Autriche, les clefs des Alpes n'étaient plus à Turin, mais à Vienne, et notre frontière était directement menacée par l’Aulriche, maîtresse de l'ftalie®. Maintenant les passages sont à la France et à l'Italie, et chacune des deux puissances possède ce que la ligne de partage des eaux lui assigne.
La grande route de Lyon à Turin, par le mont Cenis, est actuellement protégée contre toute attaque venant d'Italie par la forteresse de Lesseillon, qui avant 1860 appartenait au Piémont et barrait la route de Turin aux Français. Lesseillon ferme absolument le passage.
En arrière de la Savoie, les anciennes défenses de la France forment encore d’excellentes barrières : Fort-l'Écluse, sur la route de Genève à Lyon; Pierre-Châtel, sur la route de Chambéry à Belley; Fort-Barraux et Grenoble sur l'Isère.
‘ Deux provinces de la Savoie, le Chablais et le Faucigny (arrondissements de Thonon et de Bonneville) avaient été ncutralisées par les traïtés de 1815 (Art. 92 i «acte du 9 juin, et Art. 5 du traité du 20 nov. 1815) ct étaient reconnues comme appartenant au systéme ‘de la neutralité de la Suisse. Ces dispositions avaient été prises contre la France et au protit dun Piémont ; en cas de guerre, en effet, le Piémont évacuait Ja Navoie, la Suisse l'oc‘upait, et la France ne pouvait traverser ni la Savoie, ni le mont Cenis, pour entrer on Italie.
# « Ce n'est pas la configuration du sel, disait le vomte Walewski dans sa circulaire du 27 avril 1859, qui couvre, du côté des Alpes, ln frontsère de la France ; les passages des Alpes ne sont pas entre nos mains, et il nous importe au plus hant point que la clef en reste à Turin, uniquement à Turin, »
UÉOGR, GÉNÉRAL! ,
Entre le mont Tabor, aux sources de la oria Riparia, et le pic de l'Enchastraie, à la source du Var, de la Tinea et de la Stura, la frontière, tracée par les Alpes Cottiennes, est ouverte par les cols du mont Genévre, d'Abriés,, d’Agnello et de l’Argentiére; mais Briançon ferme le col du mont Genèvre et l'entrée de la vallée de la Durance ; Queyras ferme le débouché d'Abriès; Mont-Dauphin, celui d’Agnello; et Tournoux, le col de l’Argentière. En arrière de ces places, les vallées de la Durance et du Verdon sont défendues par les places secondaires d'Embrun et de Sisteron, sur la Durance, etde Colmars, sur le Verdon.
Entre le pic de l'Enchastraie et l’embouchure du ruisseau de Saint-Louis, la frontière est bien meilleure qu’elle n'était avant l'acquisition du comté de Nice. Le Var, Entrevaux et Antibes, qui formaient notre seule barrière, deviennent des défenses de seconde ligne, tandis que nos défenses avancées sont sur un terrain très-favorable à la défensive. De l'Enchastraie au col de Tende, les Alpes maritimes ne sont percées par aucun col praticable à des opérations militaires un peu importantes. Le col de Tende est le seul passage, et il est demeuré au Piémont, qui reste maître de cette route; mais la route de Tende à Nice, la seule par laquelle on puisse nous aborder, est défendue naturellement par la position de Saorgio, par le col de Brouis (836 m.), dans le contre-fort entre Roya et Bevera, et par le col de Braus (1006 m.), situé dans le contrefort entre la Bevera et le torrent de Scarene.
La route de la Corniche, qui conduit de Vintimille à Nice, peut être trop facilement détruite pour compter comme route militaire.
Ce qui fait surtout la force de la frontière des Alpes, c'est que le Rhône supérieur, l'Isère, la Durance et le Var, sont séparés les uns des autres par de hautes chaînes de montagnes, qui empêchent une armée qui opère dans l'une de ces vallées, de s’appuyer sur les opérations exécutées dans les autres. Aussi les invasions qui ont été tentées sur la frontière des Alpes ont-elles toujours eu peu de résultals. En 1692, le duc de Savoie envahit la vallée de la Durance tt s'avança jusqu'à Gap, mais il fut repoussé par Catinat. En 1709, il fut encore obligé de batire en retraite devant le maréchal de Berwick qui, de Briançon, déjoua toutes ses tentatives. Du côlé du Var, cinq invasions ont été essayées, et toutes ont été infructueuses. Les altaques sont celles du
connétable de Bourhon et de Charles-Quint, pendant le règne de François [‘'; celle du prince Eugène, en 1707, qui échoua devant Toulon, habilement défendu par le maréchal de Tessé; celle des Impériaux, en 1746, qui vinrent assiéger Antibes et furent repoussés par le maréchal de Belle-Isle ; enfin l'attaque de Mélas, en 1800, qui fut arrêté sur le Var par Suchet. Aussi, en 1844, la Coalition, laissant les Alpes et le Var, se porta directement de Genève sur Lyon, pour faire tomber, en prenant Lyon, les Alpes, le Var et les places de la Durance et de l'Isére.
La frontière des Alpes est reliée à Paris par deux routes et par deux chemins de fer. Les deux chemins de fer sont ceux de Paris à Lyon par Dijon, et de Paris à Lyon par le Bourbonnais. De Lyon, la route de fer se prolonge : sur Genève; sur Chambéry et Tuvin; sur Grenoble; sur Marseille, Toulon et Nice.
Les routes sont celles de :
23. Paris à Lyon, par Melun, Montereau, Sens, Auxerre, Chalon et Mâcon.
24. Paris à Lyon, par Fontainebleau, Briare, Nevers, Moulins et Roanne.
Lyon est le nœud de cinq routes importantes venant de Besançon, Genèvé, Chambéry (Turin), Grenoble et Marseille,
La frontière des Alpes à élé formée par l'acquisition de la Bresse et du Bugey, faite par Henri IV, en 1601 ; — du Dauphiné, par Philippe Vi: de la Provence, par Louis XI.
Louis XIV à ajouté, en 1713, la vallée de Barcelonnette, el Napoléon IL, en 1860, la Savoie et le comté de Nice.
& Frontière du Sud ou des Pyrénées. — La frontière des Pyrénées est généralement honne; mais aucun danger ne menace la France de ce côté, à moins que l'Espagne ne devienne un champ de bataille pour l'Angleterre, comme elle l'a été de 1808 à
La limiic! est en général indiquée par la crèle des Pyrénées depuis le cap de Cerbera, sur la Méditerranée, jusqu'aux sources de la Nive. Deux exceptions principales doivent être signalées : les sources de la Sègre sont à la France: le val d'Arran, où nait la Garonne, est à l'Espagne.
À partir des sources de la Nive, les Pyrénées courent à l'O, pénètrent en Espagne et ne servent plus de limite à la France. La
4 Voy. le texte du traité de limites entre la France et l'Espagne, conclu à Bayonne le 2 décembre 1856, dans le Moniteur du 9 avril 1859.
ligne de démarcation suit un moment le contre-fort qui sépare les vallées de la Nive et de la Bidassoa, et après, tournant à l'O., elle suit une ligne arbitraire et contournée, qui va rejoindre la Bidassoa à Chapitelacoarria, à environ 14 kilom. au-dessus de son embouchure, et longe cette rivière jusqu’à la mer. Cette partie de la frontière du Sud est assez mauvaise et tout ouverte, car la vallée de Bastan (sources de la Bidassoa) est à l'Espagne, ainsi que la chaîne des Pyrénées et l'important contre-fort d'Atchiota. Malgré ces défauts, la nature montucuse du terrain permet de défendre pas à pas le territoire. Sous la République, on à résisté aux efforts des Espagnols, el si, en 1814, la frontière a été si facilement forcée par Wellington, cela tient à un ensemble de causes et de faits qui ne se reproduiront jamais.
La frontière des Pyrénées se divise comme la chaîne elle-même en trois sections :
Les Pyrénées orientales, depuis le cap de Cerbera;
Les Pyrénées centrales, depuis le pic de Corlittes
Les Pyrénées occidentales, depuis le mont Cylindre.
Les Pyrénées orientales sont traversées par trois routes : la route de Perpignan à Figuères, par le col du Pertus; c'est la grande route de Paris à Barcelone et à Saragosse; elle est défondue par Bellegarde; — la route de Perpignan à Campredon, s'embranchant au Boulou sur la précédente et aboutissant à Pratz de Mollo; — la route de Perpignan à Urgel, par le col de la Perche, défendue par Montlouis.
Montlouis, Bellegarde, Port-Vendres, en premiére ligne, et Perpignan en arriére, sont les principales places fortes des Pyrénées orientales. Le pays est bien disposé pour la défense, comme le prouvent les campagnes de 1675, 1677 et 1795-94. En ellet, les Pyrérénées forment une premie’e ligne, en arrière de laquelle se trouve le Tech, rivière parallèle aux Pyrénées et défendue par Pratz de Mollo, ot Fort-les-Bains ; puis vient le massif du Canigou, et au delà, la Tèt avec Perpignan, grande place forte. Le Tech et la Têt peuvent très-bien servir à la défense des Pyrénées orientalescontre une attaque faite par la grande route du col du Pertus; mais on peut marcher, quoique difficilement, sur Perpignan par les sources de la Têt ou par celles du Tech. Montlouis et Pratz de Mollo ont pour but de défendre la tête de ces vallées. Au delà de Perpignan, les Corbières orientales, l'Aude et le canal du Midi sont autant de lignes de dé-
lens’ parti sur Midi Le mèm man prelél perm dans Le entiè quels ouver par Je lites sont | et cot louse.
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lensc. dont on pourrait encore tirer un utile parti pour arrêter l'ennemi dans sa marche sur Toulouse, notre grande place d’armes du Midi ei le point objectif de la frontiére.
Les Pyrénées centrales se défendent ellesmêmes ; leur large base de 120 kilom., le manque de cols praticables et de routes, l'àprelé sauvage de ce chaos de montagnes, ne permettent point à une armée de s’aventurer dans ce massif.
Les Pyrénées occidentales ne couvrent pas entièrement la frontière. On vient de dire quels étaient les vices de la limite du S.-0.; ouverte à l'invasion, elle n’est défendue que par les accidents du sol et par quelques petites places mal situées. Bayonne et l'Adour sont les principales défenses de cette section et couvrent les routes de Bordeaux et de Toulouse.
C'est par les Pyrénées occidentales que se sont faites les grandes invasions de France en Espagne et réciproquement. C’est par la route de Vitioriu à Bayonne que les Espagnols, en 1794, et Wellington, en 1814, ont pénétré en France; c'est par cette même route que les Français ont envahi l'Espagne en 1794, en 1808 et en 1823.
Les Pyrénées occidentales sont traversées par quatre routes : la grande route de Paris à Madrid, par Bayonne , Saint-Jean-de-Luz, Hendaye, run et Vittoria; — la route de Bayonne à Pampelune, par les cols de Maya et de Bélate et la vallée de Bastan ; — la route de Bayonne à Pampelune, par Saint-Jean-Pied-de-Port, la vallée de Baigorry, la vallée des Aldudes, le col d'Ibagneita, Roncevaux et Gubiri; — la route de Pau à Jacca, par Oloron ct le vol de Somport ou de Ganfrane, défendue par la nouvelle place du Portalet t.
Toutes ces routes, excepté la derniére, aboutissent à Bayonne, objectif de la section et centre principal de la défense des Pyrénées occidentales, L'Adour et ses affluents, la Nive, le Gave de Pau, le Gave d'Oloron et la Nivelle, qui coulent tous parallélement, sont d'assez bonnes lignes de défense. Bayonne à pour postes avancés : Hendaye sur Ja Bidassoa; le forL du Socoa et le fort Sainte-Barbe, qui défendent Saint-Jean-de-Luz et l'embouchure de la Nivelle; Saintslean-Piedsde-Port, qui
On a ouvert en 1864, entre Saint-Sauveur et Gavarnie, dans la vallée de Luz, une belle route qui doit être prolongée jusqu'à Barbastro, en Espagne. Parmi les travaux d'art les plus remarquables de la route de Saint-Sauveur à Gavarnie, on doit citer le pont de Saint-Sauveur.
couvre la Nive ; enfin Oloron et Navarreins, petites places peu en état de défendre les Gaves.
Ce qui a mieux valu que toutes les forteresses pour couvrir notre limite des Pyrénées, depuis l'avènement des Bourbons au trône d'Espagne, Ça été la politique d'alliance entre les deux pays, politique résumée dans le mot fameux : « Îl ny a plus de Pyrénées. »
Trois chemins de fer et trois routes principales conduisent de Paris à la frontière d’Espagne, sur Perpignan, Toulouse et Bayonne.
Une bonne route transversale réunit Bayonne.
et Perpignan par Orthez, Pau, Tarbes, Saint- Gaudens, Saint-Girons, Foix et Quillan. Un chemin de fer réunit aussi Bayonne et Perpignan, par Orthez, Pau, Tarbes, Saint-Gaudens, Toulouse, Carcassonne et Narbonne.
La frontière d'Espagne a été complétée par le traité des Pyrénées qui a donné à la France, en 1659, le Roussillon et la Ccrdagne francaise.
$ 2. Littoral !,