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PROVINCES

•>"*• Influence du relief du sol sur la formation historique. — Le système orographique d'un pays contribue à en expliquer l'histoire. En France, le relief du sol a déterminé d'abord les grandes voies historiques qu'ont suivies la conquête romaine, les invasions des Germains et des Sarrazins. Puis, lorsqu'un état politique relativement stable succéda à l'instabilité des dominations mérovingienne et carlovingienne, il a présidé à la formation de notre unité nationale.

«« Le morcellement féodal. — Charlemagne, par ses expéditions et ses conquêtes au delà du Rhin, des Alpes et des Pyrénées, avait mis la Gaule à l'abri des invasions. Sous ses successeurs, les envahisseurs Normands, venus par les embouchures des fleuves, furent plus redoutables par leur barbarie que par leur nombre, et ne tardèrent pas à se fondre dans la masse de la population.

Le démembrement de l'Empire de Charlemagne détacha de l'ancienne Gaule une longue bande de terre comprenant le plateau Lorrain et la vallée du Rhône, où les anciennes populations gallo-romaines étaient fortement mélangées de Germains Cette zone avait pour limites à l'Est le Rhin et les Alpes. Là commençait seulement la véritable Germanie.

Dans la Gaule purement française, le morcellement du royaume en un grand nombre de parcelles féodales, correspondit aux divisions naturelles du sol. C'est ainsi, par exemple, que la péninsule Bretonne forma un tout à part ; que dans le bassin Parisien, la plaine Champenoise, terminée par les falaises de la Brie, s'isola de la.plai>ie Parisienne ou de ta France. De même, les hautes vallées de la Garonne, de l'Aude, et la plaine Méditerranéenne qui environnent de Toulouse à Avignon le Massif central, constituèrent une autre unité politique, le Languedoc.

■w* La conquête royale. — La conquête royale, qui a refait l'unité française, s'est conformée aussi, dans sa marche, à la disposition du relief.

Hugues Capet ne possédait que Vile de France et ÏOrléanais, mais là était déjà le véritable centre de la France.

Les premières acquisitions des Capétiens furent le Vexin français, le Gâtinais, la Vicomte de Bourges (1068 à 1100), situés tous les trois dans la plaine du nord ; puis, sous Philippe-Auguste, l'Amiénois, le Vermandois, \ Artois, le Boulonnais et le Valois. Au commencement du treizième siècle, il ne manquait que la Champagne au roi de France pour qu'il possédât tout le bassin Parisien.

Bientôt la conquête gagna les pays voisins, et, par les routes naturelles qui environnent le Massif central, s'avança vers le Midi.

La confiscation de la Normandie (1204 sur le roi d'Angleterre, Jean sans Terre, donna à Philippe-Auguste l'embouchure de la Seine; celle du Maine, de YAtijou, de la Touraine et du Poitou ouvrit la route du sud-ouest.

Sous Philippe Hî, le Hardi, la réunion du Languedoc à la couronne (1270) tourna le Massif central, établit la royauté française à la fois sur la Garonne, la Méditerranée et le Rhône.

Sous Philippe le Bel (1313), Lyon assura à la France un poste capital dans la vallée du Hhône et sur les flancs du Massif central.

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