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Polo (1271-1295), l'événement géographique le plus import ini de toul le Moyen âge. Marco- Polo, reçu à la cour du Khan mongol qui régnait à Pékin, remplit des fonctions importances, et visita à loisir le Turkestan, la Mongolie, la Chine, le Bengale. Au quatorzième les voyages d'Kurupéens et d'Arabes en Chine se multiplièrent encore.
Mais l'Inde était le but principal que l'on se proposait d'atteindre. Au quinzième siècle, le Vénitien Niccolo Conti parti par Damas et le Tigre, parcourut les côtes de l'Hindoustan, le Dékan, le Bengale, la Birmanie, Malacca, Sumatra, Ceylan, et revint en Europe par Socotora, Aden et la mer Rouge. 11 avait ainsi visité les pays des épices et suivi les routes principales adoptées alors par le commerce arabe et vénitien.
La conquête de l'Inde. — Vasco de Gama doublant en 1498 le cap de Bonne-Espérance, trouva une route qui permit de se passer de l'intermédiaire des Arabes et des Vénitiens. Oràceàlui les Portugais établirent de nombreux comptoirs dans l'Inde, et l'Europe eut sur toute l'Asie méridionale des connaissances géographiques de plus en plus précises. Hollandais, Anglais, Français, créèrent à l'envi des Compagnies pour l'exploitation des richesses des Indes orientales. Un moment Dupleix réussit à établir sur les royaumes indigènes la suprématie de laFrance; mais les guerres malheureuses soutenues en Europe par Louis XV, ne permirent pas de continuer son œuvre : les Anglais l'emportèrent (1763), et c'est sur les débris de notre domination qu'ils ont fondé leur grand empire colonial actuel.
Conquête de la Sibérie. — Au Nord, les Cosaques Russes avaient franchi l'Oural en 1580, sous la conduite à'Yermak; dès 1639 ils poussèrent jusqu'à l'océan Pacifique : jamais domination ne s'est étendue plus rapidement sur un plus vaste pays que celle de la Russie sur la Sibérie: elle déborde aujourd'hui sur la dépression Caspienne, que la conquête de Merv lui livre entièrement.
Les Jésuites en Chine — En Chine et dans le Tibet, les missions des Jésuites rendirent à la géographie des services signalés pendant le dix-septième et le dix-huitième siècle. Les cartes qu'ils ont dressées des province*, chinoises font encore autorité.
État politique actuel de l'Asie. — Aujourd'hui l'Asie peut être considérée comme une dépendance politique de l'Europe: le tzar de Russie est maitre de tout le Nord; au Sud
la reine d'Angleterre est impératrice des Indes; son protectorat s'étend virtuellement sur l'Asie Mineure. Anglais et Russes rivalisent pour faire prévaloir leur influence sur les États de l'Iran, Perse et Afghanistan.
La France tient l'Indo-Chine par la Cochinchi?ie; elle menace par le Tonkin la Chine, que la Russie assiège au Nord par les provinces de l'Amour et par la D/.oungarie.
Principaux voyages contemporains. — Tout cela crée un ensemble d'intérêts politiques et commerciaux de premier ordre qui favorisent singulièrement les progrès de la géographie.
C'est aux massifs montagneux, aux plateaux déserts que s'attaquent maintenant les voyageurs. Les voyages de Kiepert et surtout de Tchihatche/f {1818- I8b3) en Asie Mineure, celui de Palgrave en Arabie (1862-1863), du Major Goldsmith (1870-1872) sur les frontières de la Perse et de l'Afghanistan, ont dissipé une foule d'erreurs de détail.
En 1857, les frères Schlaginweit ont pénétré les premiers par le Sud dans l'Asie centrale, frayant ainsi la voie aux explorateurs anglais et hindous qui s'efforcent d'établir une route commerciale entre la Chine méridionale et le golfe du Bengale.
Des explorateurs français ont essayé de pénétrer de même dans le midi de la Chine, les uns par le Mé-Kong comme Lagrée et Garnier, les autres par le Tonkin, comme Dupuis.
Par l'Est, le savant allemand Richthofen, et le missionnaire français David (1872-1874) ont atteint la Mongolie, après avoir traversé la Chine.
Par le Nord et le Nord-Ouest, ce sont les voyageurs russes qui travaillent à fixer la géographie de l'Asie centrale. Le plus illustre est Prijevalsky qui a traversé à plusieurs reprises la Mongolie, la Dzoungarie, le désert de Gobi et le Tibet.
Il faut citer enfin la célèbre navigation de Nordenskiôld de la mer de Kara au détroit de Bering (voir le chapitre sur le Pôle Nord, p. 22-2), qui a permis de dresser la carte définitive des côtes septentrionales de l'Asie.
On pourra désormais préciser les détails de la géographie de l'Asie, reconnaître par exemple le relief du Tibet et l'altitude des chaînes de montagnes qui le parcourent, relever le cours supérieur des fleuves qui arrosent l'Indo Chine; mais il n'y a plus, dans la masse énorme des terresasiatiques, de grandes découvert esàfaire.