DES LIMITES D£ LA FRANGE A LA MOBT DE LOUIS XV
N** ^ . Réunion de la Lorraine à la France par le traité de Vienne, conclu après la guerre de la succession de Pologne, en 4 758.
Depuis la paix de Nimègue, nul traité n'avait donné au territoire français un tel accroissement. La France s'agrandissait de la Lorraine et du Barrois , qui lui étaient cédés par l'Empire. Ainsi se trouva terminée cette série de tentatives faites depuis Louis XIII pour réunir la Lorraine à la France.
Nous donnons ici l'histoire des traités relatifs à cette affaire.
>l ^ Sous le duc Charles IV (i 624-1 675). — Le duc Charles soutient la duchesse- de Chevreuse , Gaston et les seigneurs mécontents contre le cardinal de Richelieu (4627-9). Cette politique l'engage dans une série de guerres contre le roi de France.
, { Terminée par le traité de i , l'«gaerre,1631. J y.^ ^^^^ |LeduccèdeMarsalpoar3aD8,
GÉO&RAPHIB HUTOBIQUE
2* guerre^ 1632, t 3" guerre, 1633. }
)téhi.ilié« i^ te traité de 1^ '>"" *"" ^*^^> ""»**" ' *^ ^ pour 4 ans.
Et Clermout pour toujours.
liTerduD) 1633«
par le traité de lïancyyl633...
Charles lY passe,
en 1634, au ser- [En 1641 il signe le traité de tite de l'enit>ôreur.
ô« guerre, 1641.
sont cédés à la France.
Le duc cède IHancy pour 4 ans.
Il cède pour toujours Clermont.
— Stenay.
— Jamieti et
iJaint-Germaili, par léipiel j^^^g^i estlémantelé^- il fait
f rhommage t)oiir le duché de \ Bar.
Terminée par le traité de /Nancy est démantelé. Yincennes, 1661, réglant! Clermont, les clauses du traité deslMoyenTlc, Pyrénées. ^ c'est le der- 1 Sierck , nier traité signé par Maza-< Sarrehourg , rïn. — La Lorraine est ou- 1 Phalsbourg, verte et affaiblie. — Le der- 1 Le duc cède un Chemin de Metz nier Tassai de la idoOJroimél en Alsace; il fait rhomtnage est souoûs. \ pour le duché de Bar.
! Charles IV institue Louis XlV son héHtier et lui promet Marsal comme gage de sa parole; mais refuse de la livrer.
t. , .,^ , / Confirmatif de celui de Yincen- Terminée par le traité de ^ Nomény,1663 (Louis Xltgah!eBla«al.
7* guerre, 1670. Charles lY passe au eervicedes impériaux, et meurt en 1675.
2« Depuis le duc Charles IV (^ 675-4 758). -.Depuis 4670 la Lorraine est occupée par Louis XIV. Le duc Charles V reste dans TEmpire à la tête des armées impériales, et y meurt. Charles V n'avait pas voulu accepter les clauses du traité de Nimègue.
Léopold , son successeur , accepta celles du traité de Rys* wick relatives à la Lorraine , et régna sur son duché.
En 4698, le traité de partage de la monarchie espagnole donnait la Lorraine à la France ; Léopold devait recevoir une compensation. Mais cette convention n'eut pas de suite.
Enfin, le traité de Vienne donna la Lorraine au roi de Pologne , Stanislas Leczinski ; il était convenu qu'à la mort de Stanislas le duché de Lorraine serait réuni à la couronne^
En 4 766, Stanislas étant mori| h Lorrains devint m effet une province française 1
N*' 2. Traité d' Aix-la-Chapelle , iignè après la guerre à$ la
succession d'Autriche ^ en 474S,
Cette guerre n a valu aucun accroissement de territoire. La France était cependant yictorieuse et maîtresse des Pays-^Bas , de la Savoie et du comté de Nice» La mauvaise politique du gouvernement rendit nuls les succès des armées ; nous ren*dîmes nos conquêtes , et on consentit même à renouveler l'ar-^ ticle du traité d'Utrecht relatif à Dunkerque. Dunkerque de^^ vait rester fortifié du côté de la terre ; mais du côté de la merg il devait rester sur le pied fixé par les anciens traités, c'est-à-dire démantelé.
Le traité de Versailles {^ 785) fit enfin cesser cette honte« La France fut libre dès lors de rendre à Dunkerque son port et ses murs.
N® S. Acquisition de ta torse ^ 4Î68.
L'Ile de Corse appartenait depuis le moyen âge aux Génois. Jamais les Corses n'avaient été toitiplétetilent soumis ; et lorsqu'au dix-huitième siècle la puissance maritime de Gènes fut entièreniient anéantie , les Corses , sous la conduite de Paoli , proclamèrent leur indépendance ; et comme les Génois imploraient l'appui de la France ^ la Corse appela l'Angleterre à son secours. « Que l'Angleterre , dit un historien éminent , Tint if à s'emparer d'une lie située à quelques heures de Toulon et « de Marseille) et elle avait aux portes de la France une citchff délie, comme elle en avait déjà une aux portes de l'Espagne : « avec la Corse, Minorque et Ûibraltari elle chassait la France a et l'Espagne d'une mer qui semble leur domaine natureL a II fallait à tout prix empêcher un tel événement. Gboiseul « résolut de prendre la Corse pour la France ; d'en faire uon (( pas seulement une colonie précieuse par son Voisinage , 6es « ports , ses forêts, mais , malgré sa position, sa langue et ses (( mœurs , une partie intégrante du territoire français. Un
(( traité fut conclu, par lequel Gènes céda la Corse à Louis XV , « qui en prit le titre de roi , et décréta la réunion de cette lie « au royaume de France (i). »
L'opinion publique ne parait pas avoir compris , à ce moment, l'importance politique de cette réunion. En effet, on lit dans les mémoires de Choiseul (2) le passage suivant :
(( L'Angleterre a senti mieux que l'on ne l'a senti en France, l'avantage de cette acquisition (de la Corse). Elle a vu qu'en temps de guerre cette île était un point essentiel pour le soutien du commerce de la France dans le Levant ; elle a prévu que cette possession consolidée, procurerait à Votre Majesté lô moyen facile de donner la loi à toutes les côtes dltalie; elle a vu que les marines de France et d'Espagne pourraient former le projet de combattre la marine d'Angleterre dans l'Océan , et celui de la primer dans la Méditerranée , avec infiniment moins de dépenses qu'il n'en peut coûter à l'Angleterre pour soutenir Gibraltar et Mahon.
<t Je crois que la Corse peut assurer à Votre Majesté et à l'Espagne cette domination dans la Méditerranée. »