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Cartes précises

Les procédés dont je viens de parler, ne peuvent fournir que des cartes d'une exactitude très limitée. Pour avoir le canevas d'une carte précise, nous sommes ramenés à une triangulation ou à la détermination directe des coordonnées astronomiques d'un nombre de points suffisants.

i°. — Nous supposons tracées un certain nombre de chaînes de triangles convenablement distribuées à travei's le pays dont nous

voulons dresser la carte. La figure 166 représente schématicpiement pour la France les trois méridiennes de Bayeux, de Paris, de Sedan, et les perpendiculaires d'Amiens, de Paris, de Bourges, de Rodez et des Pyrénées. Ces chaînes forment la triangulation depreiiiirronlrc, d'une précision aussi grande (|ue possible, triangulation qui est à la fois scientifique et pratique (géodésique et géographique).

Elle sert de point d'appui à la triangulation de second ordre, formée de chaînes plus courtes, ellesmêmes composées de triangles plus petits. Les opérations sont identiques pour les doux ordres; seule la précision diffère : on doit aller plus vite à mesure que le travail devient plus considéral)le. On n'a plus de bases à déterminer, puis-

Fig. 106.

CO^ISI'Iiril'IO,\ DES r MITES

qu'on se rarcorile aux lriaii<^les des chaînes de premier ordre dont par hypothèse les côtés sont connus. L'instrument utilisé est un théodolite porlalil'.

Ija triangulation île Iroisiriuc ordre coiupreiul des triangles encore plus petits dont les sommets sont les points les plus remarf|uables de la région (clochers, tours, sommets de montagne, arbres,...). Pour aller plus vite, on ne mesure que deux angles de chatpie triangle; on trouve le troisième en soustrayant de ileux droits la somme des angles mesurés. Les côtés ne dépassent pas 10 kilomètres.

Ce [)remier travail exécuté, on calcule les coordonnées géographiques de tous les sommets; on trace les méridiens et les parallèles suivant la projection choisie; [)ar interpolation on reporte sur le papier les sommets des ti'iangles.

L'". — On passe alors à la topograpliie proprement dite, l'ar des procédés rapiiles, la triangiilalioii lopograpliiqiie trace des triangles dont les côtés ont moins de '\ kilomètres. Elle utilise le théodolite, mais plus habituellement le graphomètre et la planchette. On exécute en même temps un nivellement à la règle éclimètre.

De plus en plus on utilise les méthodes tachéométriques, donnant les distances par la grandeur des images. A mesure que l'espace à représenter devient plus petit, on se contente de distances mesurées an pas et de levers à vac avec oricnlalion a|)proximalive à la boussole.

11 s'agit ici non plus de science, mais d'utilité publique : la précision est suCfisante quand l'erreur correspond à une épaisseur de trait (dixième de millimètre) sur la carte à la plus grande échelle usuelle. Or à l'échelle de 1 : 10.000, le kilomètre est représenté par 10 cm.; le dixième de millimètre vaut donc un mètre. Une erreur d'un mètre est donc toujours négligeable, puisqu'elle ne correspond sur la carte à rien de pratiquement mesurable. A fortiori quand l'échelle est moindre. Les levés de la Carie de l'état-major (qui est vendue au 50.000° et au 80.000") ont été pris au 40.000° (le kilomètre vaut 2,5 cm.; le dixième de millimètre de la minute vaut donc le 250'' du kilomètre, soit 4 mètres; il vaut S mètres sur la carte de l'état-major usuelle).

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