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IV. elle se transmet instantanément

V. elle agit indépendamment du déplacement actuel du corps agi. 1°. — La première hypothèse comprend cette autre que l'action

se transmet à travers des masses quelconques sans être aucunement modifiée par ces masses.

On en a cherché une démor^stration directe en interposant des plaques dans l'appareil Cavendish-Boj's entre les sphères qui agissent l'une sur l'autre (§ 224). Eôtvos trouve une autre démonstration dans l'emploi de sa balance (§ 245). Reconnaissons cependant qu'aucun phénomène astronomique ne fournit une preuve incontestable. Celles que Laplace allègue, n'ont certes pas un caractère crucial.

« La première de ces suppositions est un résultat nécessaire de l'égalité qui existe entre l'action et la réaction, chaque molécule devant attirer la Terre entière comme elle en est attirée. » C'est remplacer une hypothèse par une autre. « Elle est confirmée d'ailleurs par les mesures des degrés des méridiens et du pendule; car au travers des irrégularités que les degrés semblent indiquer dans la figure de la Terre, on démêle les traits d'une figure régulière et conforme à la théorie. » Voilà vraiment une belle preuve, et bien convaincante. La troisième preuve est tirée de ce que l'aplatissement de Jupiter est considérable et (ju'il explique les mouvements des nœuds et des périjoves de ses satellites : ce qui prouve que la

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forme inlliio '?iir l'atlrnction totale, mais ne prouve pas f(ue toutes les molécules agissent comme si elles étaient seules.

Nous ne doutons pas tle la proposition I; encore faut-il nous donner des raisons qui aient un sens.

?°. — La proposition II est démontrée par les expériences directes. Dans le vide les corps tombent éji^alement vile; donc la force de la gravité est proportionnelle à la masse définie comme paramètre d'inertie. A formes identiques, les pendules ont une période indépendante des substances qui les constituent. Les planètes dont certainement les constitutions ne sont pas les mêmes, subissent de la part du Soleil des actions proportionnelles à leur inertie : ce que prouvent les lois de Kepler.

Si l'on admet que l'inertie d'une niasse ne dépend pas de l'existence des masses voisines, la proposition I se déduit de la proposition 11.

307. La gravité est-elle exactement en raison inverse du carré des distances?

Personne n'en doute, mais il n'est pas inutile d'expliquer ce que signifie la proposition, et de dire quelques mots d'une discussion célèbre entre Clairaut et Buiï'on.

1°. — Laplace trouve la meilleure démonstration delà loi en raison inverse du carré des distances dans le repos presque absolu des périhélies des orbes planétaires. Aussitôt l'hypothèse de Newton énoncée, on avait cherché ce qui arriverait pour des actions suivant une autre puissance de la distance.

En particulier si l'action est en raison inverse du cube de la distance, dès que le mobile attiré commence à s'approcher du centre d'attraction, il s'en approche toujours en décrivant une spirale.

Si l'action est en raison inverse de la distance, le mobile attiré décrit une courbe dont les apsides (points de plus grande courbure) sont non plus à 180° les unes des autres, mais à 127°.

Laplace trouve que si, à partir de la seconde, on fait varier la puissance seulement du di.x-millième, les apsides se déplacent à chaque révolution d'une quantité considérable par rapport à leur déplacement réel, déplacement réel qui du reste s'explique parfaitement dans l'hypothèse de Newton.

Nous devons conclure que la loi d'attraction contient certainement un terme en 1 :/-.

Mais la question n'est pas résolue par là, tant s'en faut.

2". — Nous devons regarder la loi de Newton comme rigoureuse, dit Laplace : « Elle est celle de toutes les émanations qui partent d'un centre, telles que la lumière; il paraît que toutes les forces dont l'action se fait apercevoir à des distances sensibles, suivent cette loi. On a reconnu depuis peu que les attractions et les répulsions électriques et magnétiques décroissent en raison du quarré des distances. »

Argument piteux et qu'on excuse chez Laplace d'autant plus difficilemont que, 60 ans avant, Clairaut en avait fait justice. « Si l'on a reconnu, dit Clairaut, que la lumière et les odeurs répandent leur action suivant la proportion inverse du quarré des distances, c'est moins par un fait que par le raisonnement suivant.

« Dès que l'on conçoit le corps lumineux et odoriférant comme un centre qui chasse les corpuscules de tous les côtés, il est certain que, la même quantité de ces corpuscules tombant sur des espaces proportionnels aux quari'és de leur éloignement, il en résulte un effet réciproquement proportionnel à ces quarrés, supposé toutefois que la vertu de chaque corpuscule se conserve la même.

« Or si l'on veut appliquer cet argument à l'attraction, le sujet de l'application n'ayant plus lieu, l'analogie devient sans force et tombe d'elle-même. Quand on imaginerait que du corps attractif, il se détacherait sans cesse des corpuscules en tous sens,cela suffirait-il pour lui faire attirer un autre corps?... Et si l'on fait dépendre l'attraction de quelque vertu métaphysique que Dieu aurait donnée à la matière par des raisons qui nous sont impénétrables, par quel moyen fixerons-nous cette attraction si ce n'est pas des faits? » Bravo, Clairaut!

Voilà pour la première analogie; la seconde est encore plus sotte. Il est de toute évidence que les lois des attractions électriques et magnétiques ont été découvertes par analogie avec celle de Newton, et sont d'une preuve plus difficile que la loi de Newton. En faire cas pour démontrer celle-ci, est tourner dans un cercle vici^ix.

3°. — ^lais Laplace ne s'en tient pas là : « La loi de la pesanteur réciproque du quarré des distances est donc au moins extrêmement approchée, et sa grande simplicité doit la faire admettre tant que les observations ne forceront pas de l'abandonner. Sans doute il ne faut pas mesurer la sim[)licité des lois de la nature par notre facilité à les concevoir. Mais lorsque celles qui nous paraissent les plus simples, s'accordent parfaitement avec tous les phénomènes, nous sommes bien fondés à les regarder comme étant rigoureuses. »

Raisonnement parfaitement idiot.

Laplace fait le plus extraordinaire mélange de deux critériums qui n'ont rien de commun : la simplicité des lois de la nature, la conformité des conséquences d'une hypothèse avec les phénomènes observés. Il faut choisir.

Depuis 60 ans, Clairaut avait placé sur son vrai terrain la question de la simplicité des lois de la nature. « La nature est simple, dit-il, pour celui qui la voit d'un seul coup d'œil et par les vrais rapports des choses; mais elle peut nous paraître compliquée à nous qui ne la connaissons que par des faits détachés... Pour donner une idée plus nette de la manière dont on peut regarder comme simples ces fonctions qui révoltent M. de Buffon par la multiplicité de leurs termes, soit imaginé que les Géomètres... se soient toujours servis de figures courbes pour exprimer des quantités dépendantes d'une variable. Telle courbe paraîtrait alors beaucoup plus simple qu'une

LOI DE LA GRAVITATION k'C,

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