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IV. — Le versant de la Manche

Dans celte partie méridionale de l’Angleterre qui s’étend de la péninsule comique au Pas-de-Calais, se déroule une suite de plages où les baigneurs accourent l’été: Weymout, au bord de l’admirable baie de Borland ; plus loin Boumemouth qu’on a comparée à Arcaehon en raison de ses plantations de pins.

Bournemouth est assez bien abritée des vents du nord et du nord-est ; de plus, le sable et le grès sur

LE VBRSANT DE LA SIANCIIE

lesquels la ville est bâtie absorbent la pluie et contribuent à diminuer l’humidité de l’atmosphère. Les médecins anglais la recommandent comme séjour d’hiver aux maladesatteintsd’aiïectionsdesbronchesou des poumons.

Après les campagnes gracieuses et salubres de la côte du comté de Soutbampton, le Comté de Sussex a, après la station de bains de Worthing, les grèves de Brighton. La fortune de Brighton lui vient sans doute de ce qu’elle est en quelque sorte un faubourg de Londres : elle s intitule quelquefois London-super-Mare. Mal abritée du côté de l’est, le vent du nord s’y fait parfois sentir d’une façon désagréable, excepté pourtant sur les promenades Madeira (Madeira-Walks) qui sont abritées par la jetée. « Le séjour de Brighton, disent A. Doyon et P. Spillmann, peut-être favorable aux malades depuis la fin de 1 automne jusqu’au mois de janvier ; mais pour devenir une véritable station climatérique hivernale, il faudrait a Brighton un grand jardin d’hiver ou palais de cristal protégeant complètement des vents d’est, du nord et du nord-ouest, et permettant aux malades de faire de l’exercice chaque jour de quatre à six heures. »

A l’est de Brighton, près du petit port de Newhaven, le village de Seaford a une station de bains beaucoup moins fréquentée de celles d’Eastbourn, située sur le revers oriental du promontoire de Beachy-Head, et surtout de la pittoresque Ilaslings. « La vallée dont elle occupe 1 entrée en s’élevant en amphithéâtre, les escarpements qui la dominent au nord, les falaises percées t casernes, le château qui se dresse sur un rocher à ouest de la ville, les maisons élégantes d’Uastings et . , n 3 Loonard’squi bordent la grève, forment un ta- ! eau d ensemble qui n’a point de pareil parmi les villes de la cote » (E. Reclus),

En face de Portsmouth est l’ile de Wight, « minia-

l’anglkterrb

ture de l’Angleterre, perle du Détroit, corbeille de fleurs et de fruits jetée à la surface des eaux. » Outre son climat d’une douceur telle que les Gguierset lesfuchsiasycroissent en pleine terre, et que les myrtes tapissent les murs de ses maisons, elle a des falaises rongées par les vagues, des col li nés vêtues degazons G ns, de grands chênes, des tilleuls et des ormes centenaires. L’East Hiding de la Médina est le plus joli coté de nie; le West-Riding en est le plus sévère. Aussi est-ce à Ryde, à Shauklin, à Yentnor que viennent s’abattre en été les essaims de baigneurs, tandis que les touristes se bornent à visiter les parties sauvages de la côte occidentale, depuis Gurnets-Bay jusqu’aux rochers de Freshwater. a Les personnes qui prennent des bains de mer en Angleterre, dit le colonel de la Moskowa, se divisent en deux catégories: la première est celle des gens à qui il faut, été comme hiver, du bruit et du mouvement autour d’eux; ceux-là vont à Cowes, à Ryde, et surtout à Brigkton, où ils retrouvent un peu de ce qu’ils ont laissé à Londres: des réunions fashionnables, l’agitation et les ressources d’une grande ville, les jouissances du monde et de la vanité. Dans la seconde catégorie il faut classer tes baigneurs d’humeur douce et rêveuse qui aiment à se reposer de l'étourdissement de la capitale. Ceux-là fuient, pendant la belle saison, les soirées, les bals et les concerts, et cherchent les plaisirs de la solitude et le spectacle d’une belle nature. Shauklin est de tous les ports de l’île le plus agréable et le mieux fait pour convenir aux touristes qui cherchent le calme. Bordée d’un côté par les culver-clifls, dont les masses crayeuses et blanchâtres se dessinent d’une manière pittoresque sur la couleur de la mer, et d’un autre coté par les clilïs de Dunnose, la baie de Sandown et Shauklin, suivant une douce courbure, sur un espace d’environ quatre milles et demi ».

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