‹ Géographie médicaleChapitre 290 sur 663 · II. — Bassin du Sir-Daria · texte numérisé non relu

II. — Bassin du Sir-Daria

Le Sir-Daria, l’ancien Iaxarte, descendu des revers de 1 Asie centrale, en entrant dans la province du même nom, traverse «de tristes plaines dont lèvent fouette les sables salés, les rougeâtres argiles, les armoises, les ternes euphorbes et les salicornes couleur de sang; il siffle aussi dans les roseaux des lagunes, mais il n’en chasse pas le tourment des mois d'été, les moustiques, et il y mène quelquefois des escadrons de sauterelles. » (O. Reclus). De rigoureux hivers succèdent aux torrides étés de ces steppes effroyablement nus où le voyageur ne peut se reposer à l’ombre d’un arbre. En hiver le thermomètre descend à 30 ou 40 degrés au-dessous de zéro, en été il monte à 33 ou 40 degrés au-dessus. Pourtant, malgré ces extrêmes du climat, sur les bords du Sir et partout où il peut porter ses eaux, la terre se vêt de verdure et de fleurs. L’air est d’une transparence admirable et le bleu doux est la couleur générale de la contrée. « Tout est de nuance turquoise, le ciel, les pierres, le plumage des corbeaux et des merles, et jusqu’aux murs des monuments » (De Ujfalvy).

Tachkent est la ville la plus populeuse de la contrée, car elle compte plus de cent vingt mille âmes. Ses maisons basses, cachées par la verdure, s’éparpillent sur une immense étendue. Malgré cela les fièvres palu-

FERGHANA

idiennos y sont assez fréquentes et la lèpre n’y est pas rare; il existe aux environs de la ville un monastère peuplé uniquement de lépreux.

Tchimkanl, « la ville verte », est fréquentée par un .assez grand nombre de valétudinaires russes, parce que le koumis qu’y préparent les Ivirghiz passe pour être le meilleur du Turkeslan.

Ivhodjent est célébré et redoutée à cause de la chaleur étoutîante qui oppresse ses habitants pendant l’été.

Page 1