VIII. -- Turkestan afghan
Le Turkestan afghan appartient à la région du Pamir. C’est un pays montagneux où se retrouvent toutes les merveilles de la nature alpestre, où des pyramides rocheuses s’élancent dans le ciel, couronnées d'un éternel diadème de neiges, où les torrents dévalent bruyamment au sein des gorges profondes, où dorment les lacs bleus enchâssés co mme des saphirs dans la rude monture des granits.
Dans ces régions l’air est généralement très sec et d’une singulière transparence, excepté lorsque des brumes poudreuses sont apportées par le vent du désert. On a vu un thermomètre place à 1 ombre marquer 10 degrés au-dessous de zéro, tandis qu’au soleil il indiquait 70 degrés au-dessus de zéro. Le Pamir est en outre fréquemment parcouru par des vents d'une terrible puissance, qui descendent au sud-ouest dans les plaines aralo-caspiennes en faisant tourbillonner la neige et la poussière.
Celle région comprend: le khanat de Ouakban, à peine habité, bien qu’il soit traversé par le chemin le plus accessible du Pamir; le khanat de Badakchan, une des contrées les plus favorisées de l’Asie centrale pour la salubrité du climat, la pureté des eaux, la beauté
des ombrages, la fertilité des vallées, régions qui braveraient un immense été parce qu’elles ont un immense hiver sur les monts géants de l’horizon, et que de cet hiver jaillissent de grands torrents qui portent avec
TÜRKESTAN
eux une fraîcheur élernelle; le Ivhanat de Koundouz dont les basses vallées, sont des plus malsaines; les khanats de Khoulrn et deBalkh, au centre de l’ancienne Bac tri an e ; l’oasis de Saripoul, enfermée dans un cirque de montagnes où séjournent les ruisseaux; les oasis d’Andkoï et de Maïmene où les eaux sont rares et saumâtres. « Eau de sel, sable brûlant, mouches venimeuses et scorpions, c est Andkoï et c’est l’enfer ». dit un poêle persan.