VII. — Syrie
La Syrie présente trois climats différents : les neiges qui couvrent pendant une partie de l’année les cimes du Liban répandent une fraîcheur salubre dans l’intérieur, tandis que les parties maritimes plus basses éprouvent constamment une chaleur humide, et que les plaines voisines de l’Arabie sont exposées en été à une chaleur sèche. « Depuis les nombreuses calamités qui ont fondu sur ce pays et depuis la destruction des forêts, le climat est devenu plus sec, les rivières ont diminué de volume, les torrents se sont desséchés, en sorte qu’au lieu d’un pays découlant de lait et de miel, l’on n’a plus que de vastes étendues de rochers dénudés et de terres incultes. Les fleurs cependant sont restées : on les voit en grand nombre au milieu des frais gazons du printemps qui, eux-rnômes, disparaissent avec l’ardeur de l’été » (IL G. Lombard).
Il n’y a en réalité en Syrie que deux saisons : celle des pluies et celle de la sécheresse. Le printemps est la saison la plus agréable : il dure du milieu de mars au milieu de mai. Du commencement de mai à la fin d’octobre le ciel est presque constamment sans nuages. Au mois de mai, il se produit encore parfois des giboulées et
des orages. A l’approche do Pelé il s’élève encore quelques brouillards dans les montagnes, mais ils ne tardent pus à disparaître et alors l'atmosphère est d’une pureté admirable. Les vents d’ouest viennent quelquefois tempérer les ardeurs de l’été, par contre, les vents du sud et de l'est qui viennent de contrées brûlantes et arides, ont une influence pernicieuse. Le vent du sud que les Égyptiens appellent le « khamsin » parce qu’il souffle dans les cinquante jours qui suivent Pâques, est particulièrement désagréable : c’est une sorte de siroco.
Lèvent de l’est prédomine surtout dans la seconde moitié de mai et avant la saison pluvieuse. Privé d ozone, il absorbe toute humidité, énerve les habitants, provoque des maux de tète et de l’insomnie. Il dure souvent plusieurs jours de suite et élève le thermomètre jusqu’à quarante degrés.
Vers la lin d’octobre le ciel commence à se voiler de nuages, annonciateurs de la pluie qui ne tarde pas à tomber. Le mois de novembre est souvent fort agréable, mais la nature est entièrement morte. Le mois de décembre est orageux et ceux de janvier et février sont froids et pluvieux.
La malaria est de beaucoup l’endémie la plus répandue dans toutes les parties de la Syrie. La côte est plus particulièrement insalubre. L’intérieur des terres est moins gravement atteint. A mesure que l’on s’avance vers le nord, les fièvres diminuent, mais sans disparaître complètement des vallées du Liban et de l’Anti- Libarii La lèpre est également une maladie endémique en S\iie. L éléphantiasis se montre aussi, mais beaucoup plus rarement que la lèpre. La phtisie existe, mais elle est peu fréquente.
Alep est, après Damas, la plus grande ville de la Syrie: elle compte, dit-on, I20.0U0 habitants dans ses
ASIE OTTOMANE
murs. La ville, entourée de collines, se trouve dans une plaine basse, aux limites du désert. Les rues sont pavées de grandes dalles et plus propres que dans les autres villes de la Syrie. Le climat est assez froid en hiver et la glace et la neige n’y sont point rares: la movenne de celte saison est de — i- 6°, 3. Bien que tempéré par les brises de l’ouest, l’été est chaud : la moyenne de cette saison est de -t- 27°, 2. Grâce à la sécheresse de son climat, la ville est saine et la fièvre intermittente s’y fait rarement sentir. L’hiver y est court, puisqu’il ne dure que du 12 décembre au 20 janvier; la végétation commence dès février, mais déjà vers la fin de mai tout est brûlé et il ne pleut pas jusqu’en septembre où, après quelques averses, 1 on jouit encore pendant plusieurs semaines du beau temps. On retrouve à Alep la même éruption tuberculeuse qu’à Bagdad; elle prend ici le nom de boulon d’Alep. Elle atteint presquetous les habitants, principalement dans leur jeunesse : il est rare qu’un enfant né de parents alépins n’ait pas été atteint avant sa septième année. Willemin croit que la maladie n’est ni contagieuse ni inoculable. Le bouton se développe surtout au visage et à la face dorsale des extrémités; il débute par un tubercule rougeâtre, auquel succède une exulcération et une croûte noirâtre qui tombe au bout de neuf à dix mois, laissant une cicatrice indélébile. Les étrangers en sont rarement atteints; pou riant il est arrivé que la maladie se soit montrée chez des personnes qui avaient quitté Alep depuis un certain temps.
Antioche devenue Antakieh, dans la belle plaine de l’Oronte inférieur, est sale et peu salubre. En été la malaria décime ses habitants.
Alexandre'.le est encore plus malsaine. Pendant l'été une grande partie de sa population émigre au village