SYRIE
de Béilan où les sources vives dévalent dos collines. De même les habitants de Tarse se réfugient sur les versanls orientaux du Taurus ou sur les versanls occidentaux du Durban et de rAïman qui sont assez élevés pour être à l’abri des elîels de l’irapaludistne.
Orfaest une grande station de caravanes sur la route de Mossoul.
Latakieb, l’ancienne Laodicée, est une ville sordide et misérable. Taraboulous ou Tripoli, bien qu'heureusement située au milieu des vergers, n’est pourtant pas entièrement à l’abri des fièvres qui s’y montrent surtout en automne ; mais elles sont rarement dangereuses.
Beyroul jouit d'un climat très doux. 11 y pleut beaucoup en hiver et alors le sol est couvert de fleurs, de crocus et de cyclamens. Voici la moyenne des températures et des jours de pluie pour chaque mois de l’année:
Janvier. .
1 1 jours
de [>I nie.
Février. .
Mars .
Avril .
Mai
Juin .
Juillet.
Août .
Septembre .
Octobre. .
Novembre .
Décembre
La chaleur est supportable durant la majeure partie de l'année en raison de la proximité de la mer. F.e mois de septembre est un des plus chauds et des plus désagréables par suite du calme qui règne alors. Les
ASIE OTTOMANE
journées sont chaudes, claires, les nuits limpides, mais le sommeil est insupportablement troublé par les moustiques et les aboiements des chiens errants. J’ai conservé des nuits de Beyrout un souvenir presque douloureux. Aussi à celte époque beaucoup d’habitants quittent la ville et vont s’établir dans les premiers villages du Liban, à Beit-Meri, à Areya, à Aleih.
Traversons maintenant le Liban. « Sa tête, dit le poète arabe, est toujours coiffée de l’hiver, mais il a le printemps sur ses épaules, et porte l’automne dans son sein, pendant que l’été dort à ses pieds ». Après Chtora d’où part la roule qui mène au frais et verdoyant village de Ba’albek et aux ruines grandioses d’Héliopolis, suivons la fente de la Bekà’a, l’ancienne Célésyrie ou Syrie creuse et I’ouadi Barada qui va se perdre dans un réservoir lacustre, Bahr-el-Ateileh, vaste marécage que dessèchent les chaleurs estivales et d’où la malaria se répand sur fous les pays d’alentour.
Damas, Dimich-ech-châm des Arabes, la glorieuse partie des Omniades, est une des villes saintes de l’Islam. Pour les musulmans ech-Cham est l’œil de l’est, la joie de toute la terre, une copie ou un reflet du ciel, un paradis terrestre où coulent des ruisseaux d’eau vive et où les fruits sont à la portée de tous. En effet, les jardins de la Ghoutâ qui l’entourent sont magnifiques. Les noyers y portent de vigoureuses chevelures de feuilles vertes; les vignes et les lianes sautent de branche en branche, formant des guirlandes gracieuses; les grenadiers, les citronniers, les orangers, les abricotiers s’y couvrent de fruits dorés. Mais il ne faudrait pas entrer dans la ville. Damas, en effet, n’est qu’un amas de maisons lépreuses et sales, faites de boue et de paille hachée, un labyrinthe de ruelles infectes où s’entassent