‹ Géographie médicaleChapitre 310 sur 663 · II. — Pathologie · texte numérisé non relu

II. — Pathologie

La malaria se fait sentir dans toute la péninsule arabique, mais avec une intensité sans égale sur tout le littoral de la mer Rouge, du Golfe Persique et d« la mer des Indes, tandis que le haut plateau central en est presque complètement préservé. Aubert-Roche admet, en effet, trois terrasses superposées ae-dessus du littoral : la première, la plus basse, est exposée aux inondations, alternativement découverte ou couverte par la mer a la suite des pluies : c’est la plus insalubre et celle où la malaria se manifeste avec le plus d'intensité. La seconde

PATHOLOGIE

terrasse est formée par des collines qui ne sont jamais submergées et d’où il ne s’élève par conséquent que fort peu d’effluves pestilentiels. Enfin la troisième terrasse est constituée par des collines qui s’élèvenlà une grande hauteur et qui sont ainsi complètement à l’abri des fièvres; elles servent de refuge et de sanatorium aux habitants des régions inférieures qui reviennent y passer la saison des fièvres après les pluies et les grandes chaleurs.

La dysenterie est une maladie très répandue, aussi bien dans l’intérieur que sur le littoral, frappant les indigènes comme les colons étrangers. Les hémorrhoïdes sont également très fréquentes chez les Arabes, ainsi que la syphilis, la scrofule, la lèpre, l’eléphantiasis, les ophtalmies. Palgrave affirme qu’un Arabe sur cinq devient aveugle ou du moins a les yeux fortement affectés avant d'arriver à l’Age adulle.

Inutile de rappeler que le choléra et la peste ont fait de fréquentes apparitions en Arabie, apportés le plus souvent par les pèlerins se rendant à Médine ou à La Mecque. Le dragonneau ou ver de Médine est fréquent. En outre, il existe une maladie spéciale au littoral de la nier Rouge : la plaie de l’Yeinen, qui consiste en ulcérations serpigineuses et quelquefois assez profondes pour nécroser les os de la jambe et du pied. Celte affection frappe surtout les nègres du Sennaar, du Kordofau et du Darfour, puis les Arabes indigènesqui appartiennent à la classe misérable ; les Egyptiens et les Turcs en sont rarement atteints ; elle épargne entièrement les Européens.

En Arabie, « les colons étrangers subissent, comme les indigènes si ce n’est plus qu’eux, l’influence de la malaria ; ils succombent en grand nombre sur le littoral des deux golfes et principalement de la mer Rouge.

ARABIE

Les races caucasiques en sont plus maltraitées que les races indo-éthiopiennes qui n’en sont pourtant pas complètement préservées. Les méningites ou coups de soleil atteignent surtout les étrangers imprudents, tandis que les indigènes peuvent recevoir sur leur tète nue ou coilïée d’un simple fez [les rayons directes d’un soleil tropical. Enfin, si les colons prudents peuvent échapper aux premiers effets du climat, il est rare qu’à la longue la débilitation et l’anémie ne soient pas assez intenses pour qu’ils ne soient pas obligés de retourner dans leur patrie. Les femmes supportent mieux que les hommes le climat du littoral de l’Arabie » (Lombard).

Page 1