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IV. — Arabie turque

Le Hedjaz, insalubre sur les côtes, s’assainit à mesure (ju’on s’éloigne du rivage vers les montagnes dont certaines cimes atteignent 2.ÛU0 mètres. « Sur ces monts élevés, dit E. Beclus, on se croirait transporté dans les Apennins ou sur les Balkans. Des eaux courantes murmurent dans les ravins, entre les blocs de granit ; un gazon frais, émaillé de (leurs, tapisse les rochers; des «arbres fruitiers ombragent les maisonnettes ; on s étonne de voir passer sur les chemins poudreux les Bédouins hàlés au milieu de ces paysages gracieux qui semblent faits pour les bergers et les troupeaux d’Arcadie. »

t 0utre la misérable et insalubre Medinet-en-Nebi, cest-à-dire Médine, la ville sainte qui garde le tombeau du prophète, le Hedjaz compte deux cités célèbres dans le monde musulman : Djeddah et La Mecque. Djeddah, sur la mer Bouge, est le point de départ des pèlerins venus de l’Afrique centrale et occidentale, d’Algérie, de Tunisie, du Maroc, de la Tripolilaine. Ces pèlerins, exposés aux changements de climat et de température, soumis à un régime débilitant, sont souvent

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décimés par le typhus, le choléra et la peste. La commission sanitaire internationale a dù prendre des mesures rigoureuses pour barrer la route à ia contagion. La Mecque que les Musulmans appellent El Mecherafa (la noble), Om-el-lvora (la mère des villes), Belad-el- Ainein (la patrie des fidèles), est située dans une vallée étroite, aride et sablonneuse. Entourée d’un groupe de montagnes et de collines arides et desséchées, elle se trouve resserrée dans une sorte de cuvette où l’on étouffe de juillet à octobre, et où tombent en décembre des pluies diluviennes. Les moustiques y pullulent en toute saison. La malaria y est aussi fréquente qu à Médine et à Djeddah.

Le climat de l’Assyr est, comme celui du Hedjaz, malsain et brûlant sur le littoral, tempéré et salubre sur les montagnes de l’intérieur où il neige tous les ans. Ainsi Epha a été choisi comme résidence par les fonctionnaires turcs en raison de sa salubrité.

l’Yemen ou Arabie heureuse est avec le Nedjed la partie la plus saine de la péninsule arabique. Dans celle région favorisée par le climat, les pentes sont cultivées et verdoyantes, les plateaux gazonnés et couverts d’arbustes, les habitants sédentaires. Sana, bâtie a 2.180 mètres d’altitude, est une ville propre et salubre où la malaria est à peu près inconnue.

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