CHAPITRE VII
La Pei’se.
I, — Climatologie générale .
Il est impossible de définir dans une synthèse unifiée le climat persan, tellement les variations de la température délient les règles ordinaires de l’appréciation. Presque partout, à quelques heures de distance, de profondes modifications s’accusent dans l’état de l’atmosphère. Un seul fait subsiste qui a frappé tous les voyageurs : la siccité de l'air. En elîet, les monts très élevés qui entourent le plateau de 1 Eran, lui enlèvent également les nuées de la mer Caspienne et du golle Persique. L’horizon est limpide et les cieux sereins presque
toute l’année. «Des vents fougueux tombent souvent des hautes cimes, mais, au lieu de nues bienfaisantes, ils amènent en hiver un air glacé, quelquefois des tourmentes de neige, et en été des tourbillons de poussière » (O. Keclus).
« Le climat de la Perse, écrit L. Lanier, est extrême: brûlant dans la région du golfe Persique et de la mer
CLIMATOLOGIE GÉNÉRALE
des Indes, tour à tour chaud et glacé sur les plateaux du centre et dans les montagnes de la Caspienne, il est presque partout insalubre. Les vents qui soufflent de l’équateur et du pôle dessèchent le plateau delMràn; il est peu de contrées au monde où lasiccité de l’air soit aussi grande que dans le désert de Lout et les régions voisines. D'après M. de Khanikotî, à Khabis, près de Kerman, dans le lvhorassan méridional, personne ne peut s’exposer impunément en été au vent qui souffle du désert;
I homme qui respire cet air absolument sec éprouve un vertige, perd connaissance et meurt suffoqué, s’il n’est pas immédiatement soustrait à l’influence destructive de ce vent pestilentiel. L’atmosphère de la Perse, en été et en automne, est tellement privée de toute vapeur d’eau, que des objets en métal exposés nuit et jour en plein air, pendant des mois entiers, gardent tout leur éclat, et qu’on a vu, la nuit, des gerbes d’étincelles jaillir de la queue des chevaux en marbre. »
C’est aussi au manque de vapeur dans l’atmosphère qu il faut attribuer les écarts extrêmes de température observés entre le jour et la nuit. Au mois de juillet, on a vu le thermomètre marquer seulement 13° avant le lever de l’aurore et monter à 62°, au soleil, à huit heures du matin.
Kn l erse, la siccilé de 1 atmosphère produit des brouillards secs qui obscurcissent l’atmosphère et interceptant la rosée, ou bien des trombes de poussière qui montent du sol et restent suspendues comme des nuages ou bien se dressent comme de gigantesques murailles. On y voit aussi ce curieux phénomène: les pluies se vaporisant dans les airs et n’arrivant pas à la surface de la terre. f En somme, ce qui caractérise le climat de la Perse c’est son extrême siccité et son inégalité. « L’empire de mon père, disait le jeune Cyrus à Xénophon, est si grand