I.NDE
celle saison, écrit V. Jacquemnnl, les maisons des Européens ne sont ouvertes que pendant la nuit ; dès que le soleil se lève, on les ferme aussi exactement qu’on le peut. Chacun, dans son appariement, fait faire du vent tout le jour au-dessus de sa tète, avec cet air frais dont il a empli sa maison durant la nuit. Un serviteur met en branle un énorme el massif écran suspendu au plafo nd, le paillai ».
l a chaleur est telle qu’elle dessèche les grands fleuves et flétrit la végétation. « Le« yeux se lèvent vers le ciel implacablement pur et ce ciel lui-même s’altère à la fin comme tout le reste de la nature, il se voile d’un ardent brouillard fait d’une line, et dévorante poussière, à travers laquelle le soleil apparaît comme un disque sinistre de métal rouge et sans rayons. L’impatience gagne alors lec.eur de tous, car la délivrance de ce supplice est proche, cl on en guette avec anxiété les premiers signes à l’horizon du côté sud. C’est la mousson pluvieuse qui l’apporte. Elle arrive enfin, impétueuse, clîrayanteet bénie » (fî. Le lion).
Vers la lin de mai. la mousson est ordinairement établie sur l’extrémité sud-ouest ne l’Inde, et avant la fin de juin elle s’est étendue à la plus grande partie des provinces du nord.
« Du 0 au LS juin, suivant les années, s’amassent les premiers nuages de lempète, avant-coureurs de la mousson. Sur un coté de l’horizon les vapeurs cuivrées s empilent en tours, se groupent en éléphants, suivant I expression locale, puis s’avancent lentement vers la terre; la nue s’épaissit, elle recouvre une moitié du ciel, tandis que l’autre moitié n’a pas une lâche dans son azur. D’un coté, les ténèbres enveloppent bientôt les montagnes et les vallées, tandis qu’au loin le tracé des nuages apparait avec une netteté merveilleuse, et que la mer,
PATHOLOGIE
les rivières pareilles à des plaques d’acier, les campagnes, les vignes éparses, semblent briller d’un éclat surnaturel. Le tonnerre commence à gronder, les nuages se heurtent contre les escarpements des Ghat et la tempête se déchaîne, les éclairs se succèdent sans interruption ; la foudre roule incessamment dans l'espace, la pluie s’abat en torrent. Puis une déchirure se fait dans l’épaisseur des nuées, la clarté revient peu à peu, la nature s’illumine de nouveau sous le soleil couchant, et de toutes ces masses écroulées du ciel, il ne reste plus que de légers brouillards remontant les vallées, ou s’effrangeant aux sommets des arbres. Tel est ordinairement le premier orage de la mousson, précédant les pluies régulières ; mais il arrive aussi que les mois pluvieux se présentent sans accompagnement de tonnerre, I obscurité s empare soudain de I espace et l’averse commence. Parfois les nuages défilent, pendant un ou deux jours, le long des promontoires, comme des vaisseaux de guerre passant au large d’une forteresse ; en doublant le cap, chaque nuage envoie son éclair et sa foudre : on dirait que le ciel est en guerre avec les montagnes » (E. Reclus).