II. — Pathologie
La malaria est très fréquente dans l’empire Indien aussi bien chez les Européens que chez les natifs. Ou l’observe dans toutes les régions de l’empire, mais elle prédomine surtout dans les régions marécageuses des grands deltas des principaux fleuves, comme l’Indus, la Godavery, le Gange, l’Irawady.
Dans le delta du Gange, dans les dépressions maréca-
INDE
geuses des Sanderban, naît la fièvre du Bengale ou fièvre des jungles qui attaque les hommes de toute race, indigènes connue Européens. A Calcutta, la fièvre choisit le plus souvent ceux qui vivent en partie sur la rivière : bateliers, marins, portefaix, douaniers, etc. Au mois de septembre principalement, quand les marais commencent à baisser, et laissent à découvert des plages vaseuses, les cas de fièvre sont fréquents et graves.
La malaria est particulièrement redoutable à Peshaver, à Gwalior, à Lahore.
En somme, on rencontre la malaria aussi bien au pied de l’Himalaya et dans les vallées qui en descendent que dans les vastes plaines des provinces centrales du Bengale et du Deccan et dans les deltas des grands lleuves.
Les maladies des organes de la digestion sont, après la malaria, les plus fréquentes aux Indes : la dyspepsie, la dysenterie, l’hépatite, les splénites et les entozouires (ces dernières surtout fréquents chez les natifs.)
Aux Indes la syphilis peut être considérée comme universelle; elle se présente sous les formes les plus graves chez les natifs. La lèpre et l’éléphantiasis sont fréquentes.
On désigne sous le nom d' « ulcère de Delhi » une affection caractérisée par le développement dans le tissu cutané de germes ou cellules spéciales qui ne sont pas criptogamiques et qui, après un certain temps de développement, prennent la forme de petites excroissances de teinte rougeâtre et finissent par former un ulcère très douloureux.
La gale est si fréquente aux Indes que presque tous les habitants de la classe inférieure en sont atteints sans chercher à s’en débarrasser.
On observe encore aux Indes: la dengue; le béri-
PATHOLOGIE
-béri ; la nakra, sorte de coryza très intense ; le pied de Madura ou de Cochin, celte dernière affection caractérisée par le développement de tubercules cutanés qui s’ulcèrent et s’étendent des parties superficielles aux régions profondes, détruisant les muscles, les tendons et les os, et amènent le marasme consécutif aux suppurations prolongées.
La peste est endémique à Bombay et le choléca dans le bas Bengale. C’est de là qu’il se répandit dans la première moitié du siècle sur le reste de l’Ilindouslan et dans le monde entier.
Le manque d'hygiène des Hindous contribue puissamment à la dissémination des maladies contagieuses. Ils voient dans le (lange qui arrose et fertilise leurs champs un dieu et une mère. Lorsque son courant s’épancha du ciel, un dieu, le robuste Siva, qui a pour tète et pour épaules les rochers de l’IIimalaya, soutint le poids de la rivière « qui tombe de son front comme un collier de perles dont le fil est brisé ». Quand on se plonge dans le lleuve sacré, ses eaux lustrales effacent les péchés commis peudant une ou plusieurs existences. Aussi les Hindous confiaient les cadavres de leurs parents au courant du fleuve qui les rejetait par milliers sur ses rives, augmentant ainsi l’insalubrité de ces régions. Depuis que les Anglais sont les maîtres de l’Inde, le Gange n’emporte plus les cadavres des pieux Hindous qui vivaient sur ses rives; il en est encore cependant qui réussissent a éluder les prescriptions sanitaires pour assurer à leurs morts le lieu de repos le plus sacré. .1 ai vu, un matin, à Mou tira, à l’heure des ablutions, un cadavre, emporté par les eaux troubles de la •lu mna, passer au milieu des baigneurs indifférents, •lai vu également, à Bénarès, jeter dans les eaux du Gange les débris calcinés et les cendres à peine refroi-