‹ Géographie médicaleChapitre 331 sur 663 · IM) R · texte numérisé non relu

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d>es des cadavres brûlés sur les pliais (quais ou escaliers descendant au fleuve). A Calcutta le Nimlollalihurning u'esl guère mieux installé. Sur la rive gauche de rilougli, à quelques centaines de mètres du pont de bateaux qui réunit Calcutta à Hougli, on voit une construction à ciel ouvert, fermée par un mur du coté du quai et regardant le fleuve par des arcades ouvertes. Là sont alignés, à quelques mètres de distance, des à Ires formes par une légère dépression du sol. On dispose sur ces âlros des bûches superposées jusqu’à une hauteur de cinquante centimètres, puis on apporte le cadavre qui attend dans un coin, étendu sur une natte. On le place sur le bûcher les jambes repliées sous les cuisses et dépassant quelquefois le bûcher de trente à quarante centimètres. Par-dessus, on dispose d’autres bûches, puis on y met le feu en glissant dans Pâtre des bottes • le roseaux. La graisse, en fondant, ait Lise le feu. Des parias, chargés de celte lugubre besogne, armés de longues perches, rassemblent dans le foyer les lisons et les membres au fur et à mesure qu’ils se consument. Quand la cérémonie est terminée et que les dernières bûches ont flambé, cendres et débris sont ramassés et jetés dans le 11 uive. Un peu plus bas, hommes et femmes font leurs ablutions, buvant même de Peau fangeuse de Pllougli qui roule des débris humains à moitié carbonisés. Du reste, il n’y a pas bien longtemps encore, la compagnie dos messageries maritimes entretenait à son service, à Calcutta, une femme dont l’occupation était de pousser au large, à l’aide d une longue perche, les cadavres qui auraient pu s’engager dans les pilotis du débarcadère ou dans l’hélice des bateaux.

A Bombay, c'est autre chose. Les Parsis abandonnent leurs morts en pâture aux oiseaux de proie; ils les exposent au sommet de hautes tours qu’on

PATUOLOOIB

appelle les lours du Silence. J 'ad mi rais un jour du lunil de la ferrasse du magnifique jardin où elles sont encloses, le panorama de Romlmy se déroulant à mes pieds avec les anses qui l'entourent. Une bande de vaufours passa, se disputant et se poursuivant en poussant des cris aigus. Dans la dispute ils lâchèrent leur proie et un œil humain tomba à deux pas de moi.

Ajoutons a ces diverses causes de léthalilé les nombreuses victimes que font les serpents venimeux et les bêles fauves et que les statistiques officielles évaluent a vingt mille en moyenne par an. Les reptiles pullulent dans les marigots, les rivières et les jungles. On compte, en effet, plus de deux cents espèces de serpents de terre ou d’eau douce dont une trentaine au moins sont venimeux. Le cobra capello ou naja (serpent à lunettes), qui atteint jusqu’à deux mètres de long, est le plus redoutable; sa morsure est souvent mortelle. Le serpent minute (minute snake) n’est qu’un ver de terre noir, tacheté de jaune, de quinze à vingt centimètres de longueur et de trois a quatre millimètres de diamètre. Pourtant sa morsure peut tuer en quelques minute.

« Si les serpents attaquaient délibérément l’homme, ils dépeupleraient la contrée en quelques jours ; heureusement qu’ils fuient de tous leurs anneaux au moindre frisson des herbes et qu’ils ne mordent que surpris froissés, irrités » (O. Reclus). Le tigre, le mangeur d hommes, que les Hindous vénèrent comme une divinité malfaisante, dépèce environ six mille hommes par année « Pourtant, écrit le IV (L le Ron, on ne peut pas dire 1 ln,l°’ (i unp f«C°n générale, soif un pays malsain. Les huropéens eux-mêmes peuvent y résider sans dangers, surtout s’ils se soumettent à un régime prudent,

Pt s ils profitent des ressources infinies qu’offre celle magnifique contrée pour changer, suivant les saisons,

de séjour, d’air, de température, et modifier complètement par conséquent leurs conditions d existence. Ils peuvent y séjourner, mais ils ne sauraient s y perpétuer ; et, l’expérience leur ayant prouvé que l acclimate- j ment est impossible pour eux, ils ont pris le parti d envoyer leurs enfants en Angleterre pour y être élevés. Ceux qui restent dans l’Inde forment une race clielive, profondément dégénérée, et fatalement destinée à bientôt disparaître. C’est avec raison qu’on a pu dire que, dans j l’Inde, la première génération de blancs se distingue par sa faiblesse de corps et desprit, la seconde ne pio- , duit plus guère que des rachitiques et des idiots ; quant à la troisième, on n’en a jamais entendu parler. »

Il est vrai que, sous ce climat brûlant, la lutte pour l’existence n’exige pas de grands elîorts. Il s en suit que l’initiative individuelle et l’énergie font défaut. Aussi! « les races soumises à ce régime sont marquées d avance * pour la servitude. Elles sont inévitablement la proie de tous les conquérants. Toujours prêtes à se résigner, elles] ne le sont jamais a agir ».

Sur cette terre de promission, dit Michelet, « 1 homme

est couché, prosterné sous la toute-puissance de la nature. C’est un faible enfant sur le sein de sa mère, faible et dépendante créature, gâté et battu tour à tour, moins nourri qu’enivré d’un lait trop fort pour lui. Elle le tient languissant et baigné d’un air humide et brûlant, parfumé de puissants aromates. Sa force, sa vie, sa pensée y succombent. Pour être multiplié a 1 excès etl comme dédaigneusement prodigué, l’homme n’en est pas le plus fort ; la puissance de vie et de mort est égale dans ces climats. A Bénarès, la terre donne trois moissons par an ; une pluie d’orage fait d une lande u0<|| prairie. Le roseau du pays, c’est le bambou, de soixante pieds de haut ; l’arbre, c’est le figuier indien, le baobab,

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