‹ Géographie médicaleChapitre 479 sur 663 · PROVINCE D ALGER · texte numérisé non relu

PROVINCE D ALGER

la Riviera. Dos changements brusques de température ne sont pas rares. Un autre inconvénient est la poussière. Les montagnes sont de formation calcaire et la chaux produit une poussière fine qui pénètre dans les poumons.

Verhaeren classe le climat d’Alger parmi les climats marins sédatifs Ioniques, comme Madère, Pau, Ajaccio. II a observé les résultats les plus satisfaisants chez les tuberculeux à forme chronique commune, ayant dépassé la première période de leur affection, et ne pouvant, par suite, plus être envoyés à l’altitude : chez ces malades, les cavernes peu étendues arrivent à se cicatriser, et il se produit dans leur état une rémission durable équivalente presque à la guérison. Les malades plus gravement atteints ont un retour des forces appréciable et une survie notable. Les tuberculeux à forme subaigë, à lésions disséminées retirent aussi un bénéfice de la cure algéroise. Quant aux malades qui présentent des complications du coté du larynx, de l'in lest in, dos reins, qui, dans une région plus rigoureuse, se cacbecliseraient rapidement, ils voient, à Alger, leurs maux s’atténuer un peu, et obtiennent une prolongation, parfois sensible, de leur existence.

Ln somme, le littoral algérien convient parfaitement an <c tuberculoses torpides. La douceur du climat, cette tiédeur éternelle de l’atmosphère, la faible amplitude des oscillations lhermométriques, ces conditions climatériques spéciales jointes aux autres avantages du voisinage de la mer, ménagent parfaitement les lésions qui

sommeillent..

hiles constituent pour les organismes ainsi louches ‘Luis leur Structure intime, mais en état d'équilibre momentané, une sorte de milieu admirablement harmonique, nullement agressif, et pour prendre un terme

ALGÉRIE

vulgaire, mais très expressif, une véritable boîle à colon.

Nos climats un peu rudes, noire air trop vif parfois, nos changements brusques de température, irritent à chaque instant ces organismes susceptibles el réveillent des lésions qui demeurent souvent sous le climat d’Alger indéfiniment silencieuses. Ce sont les tubercules du larynx qui semblent bénéficier spécialement de cette faveur : peut-être précisément parce qu’ils sont en contact plus immédiat avec le milieu atmosphérique.

Par contre, le climat algérien a une action manifestement dépressive sur les tuberculoses en pleine activité. Celle humidité excessive, cette moiteur permanente qui vous imprègne de toutes parts, l'infinie douceur de la température, entretiennent la lésion, excitent la fièvre, déterminent une sorte d’éréthisme continuel, et par dessus le marché enlèvent au pauvre phthisique le soupçon d’appétit qui lui restait. C’est qu’en effet cos conditions climatériques ne provoquent aucune réaction franche de l’organisme; elles l’entretiennent dans une sorte de tiède débilitation ; elles constituent un milieu essentiellement amollissant, rappelant tout à fait ces chambres de phthisiques si bien décrites par Peter.

Aux portes d'Alger, dans le « Frais-vallon» jaillisent des sources d’eau limpide et délicieuse à boire, et aussi, sous la Jvoubba de Sidi Medjber, une source d’eaux ferrugineuses, alcalines, carbonalées.

A l’est d’Alger est la Kabylie coupée par la chaîne du Djurdjura qui verse dans les plaines les eaux limpides nées des neiges de ses sommets. Voici d’abord Paleslro, une bourgade salubre, malgré les ardeurs de ses étés, et où les promeneurs d’Alger viennent assez souvent admirer le pittoresque défilé de l isser ; puis Forl-Naliona bâtie sur un plateau à 910 mètres d altitude, lizi-Ouzoü

Page 1