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DEFENSE ACTUELLE DE LA FRONTIERE DE SAVOIE

Aujourd'hui, si la neutralité de la Suisse était violée, et si nous ne pouvions occuper à temps ce pays, ce sont ces mômes positions do Valoire, de Genève et des Bauges, qu'il nous faudrait défendre, puis, en dernier lieu, nous pourrions occuper la ligne du maréchal Suchet.

Si la neutralité de la Suisse était respectée et que l'Italie menaçât toute la frontière des Alpes, la ligne occupée par le maréchal de Berwick pourrait encore être défendue avec avantage; mais il faudrait en compléter l'organisation, comme Tavait fait le maréchal, par la construction de quelques ouvrages sur les points les plus importants et par la mise eu état des chemins.

Toutefois, comme la Savoie est française aujourd'hui, il faut empêcher Tennemi de s'y répandre et la protéger en occupant les lignes de défense qui lui sont propres, et qui devront i^tre aussi rapprochées quo possible de la frontière.

Maurienne. — La position do ^'aIoire et les retranchements qu'on peut élever en Maurienne pour intercepter cette étroite vallée, acquièrent une importance d'autant plus grande que hi route du Mont-Genis et la voie ferrée qui passe sous le roi de Fréjus sont devenues les communications les plus directes et les plus fréquentées entre la France et l'Italie, Os voies sont rommandiVs par le polit fort de

Lesseillon, dont nous avons déjà parlé, mais il n*a aucune action sur le chemin qui passe en Tarentaise par le col de la Yanoise.

Au débouché de la Maurienne, on. construit plusieurs forts et batteries : 1^ sur la rive droite de TArc, le fort de Hont-Perchet, les batteries de Frepertuis, de la Tète-Noire et du Palais, dans une position magnifique d'où elles enfilent le difiiè d'Aiguebelle; 2° sur les hauteurs de la rive gauche, le fort de Hontgilbert, encore à Tétat de projet, destiné à empêcher de tourner le défilé par Montendry et Chamoux. On avait également projeté des forts à Chamousset et à Châteauneuf de manière à pouvoir tenir après la chute des ouvrages d'Albertville et d'Aiguebelle , mais on y a renoncé avec raison.

Tarentaise. ^ Pour barrer le débouché de la Tarentaise , c'est-à-dire pour intercepter les deux routes qui, partant de Conflans, conduisent sur le Rhône, soit par Annecy, soit par Chambéry, en longeant le pied des pentes des Bauges, on a également construit plusieurs forts et batteries qui se lient de plus à la défense de la ligne de l'Arly.

A Conflans même, on a placé deux batteries qui enfilent le défilé qui ferme la Tarentaise ; au-dessus de Conflans, on a projeté plusieurs ouvrages qui seront sans doute commencés cette année ; ce sont le fort du Mont et les batteries Domingin, du Bitet et du Reydierj étagées sur un contrefort qui descend vers Tlsère.

De l'autre côté de TArly, le fort de Villard-Dessous et les trois batteries des Granges enfilent la vallée de l'Isère, la batterie de Lançon, bat rentrée de la vallée de Beaufort, le fort de Lestai soutient la défense de TArly vers Ugine et commande rentrée de la plaine de Faverges par où passe la route d'Annecy, de manière à empêcher Tennemi de pénétrer dans la partie la plus riche de la Savoie.

Entre Conflans et Alton, on doit encore construire, sur la rive droite de l'Isère, un fort au col de Tamié pour soutenir la défense des Bauges et barrer le chemin qui, par ce col, conduit à Faverges.

En arrière, sur le Rhône, se trouvent le fort de TËcluse et le fort de Pierre- Châtel qui commandent deux des routes de Lyon et dont nous avons déjà parlé.

A rentrée du Grésivaudan, le fort Barraux, petit ouvrage purement militaire, qui ne pourrait arrêter l'ennemi que quelques jours, est conservé plutôt comme casernement que comme fortification,

Grenoble. — Nous avons déjà dit comment était situé Grenoble, et quel était le rôle de cette place. Sur la rive gauche de Tlsère, la ville est entourée d'une enceinte bastionnée, et est dominée, de la rive droite, par la citadelle de la Bastille^ construite sur le dernier escarpement du massif de la Chartreuse. Aujourd'hui, on transforme Grenoble en un vaste camp retranché, destiné à appuyer les opérations d'une armée soit vers la Savoie, soit vers le Briançonnais. Les forts du Bourrct et du Mûrier, de chaque côté de l'Isère, battront la vallée du

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