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CHAPITRE VI. ^ LA SAVOIE ET LA VALLÉE DE LA DUEANGE

Giésivaudan; une ligne d'ouvrages et de batteries, improvisés au moment du besoin, les rejoindra et barrera complètement cette vallée. Au nord, le fort de Saint" Eynardy situé à la cote 1,359, et qui par suite sera une partie de Tannée dans les nuages, est destiné à arrêter l'ennemi maître de la Chartreuse. Le fort des 4 Seigneurs^ au-dessus d'Uriage, empochera Tennemi d'occuper des positions d'où il écraserait le Mûrier. Le fort de Montavie éclairera la vallée du Drac et la route de Tizile. Enfin, un fort est projeté à Comhoire pour barrer la vallée du Drac.

Comme on le voit, on ne s'est préoccupé que de la défense du côté du Grési- Taudan ou du côté du Briançonnais , rien n'a été fait pour barrer la vallée de TIsère en aval de la place et pour s'opposer à l'attaque d'une armée ayant tourné le massif de la Chartreuse par les Echelles et par Voreppe. Pour compléter le système défensif de Grenoble, on a l'intention de mettre des batteries à Sassenage et sur d'autres points, puis de placer un fort à Saint-Nizier^ à l'ouest de la place. Cet ouvrage aurait pour but de relier Grenoble au massif du Villard-de-Lans, pays difficile, qui formerait une vraie citadelle d'où l'armée menacerait la ligne d'opérations des ennemis de Grenoble sur Lyon.

Briançon. — En décrivant la vallée de la Durance, nous avons dit quels sont les forts et les places qui en défendent l'accès, nous avons indiqué le rôle de chacun de ces ouvrages, nous avons signalé l'importance de Briançon et des nou* veaux forts qu'on y construit ; nous n'y reviendrons donc pas.

fjyon. — Le dernier boulevard de la frontière des Alpes et de celle du Jura est la place de Lyon, située au confluent du Rhône et de la Saône; c'est aussi le principal objectif de toute agression en Savoie ou dans le bassin du lac de Genève. La nécessité de protéger par la fortification cette ville si riche et si industrieuse, ce centre de si nombreuses communications, avait été reconnue depuis longtemps, et, vers 1840, on entreprit des travaux assez considérables, destinés à mettre la ville à l'abri d'une entreprise et à rendre à l'armée, chargée de la défense de la frontière, toute la liberté de ses mouvements. Lyon est assise sur les deux rives du Rhône et delà Saône; ces deux rivières la partagent en trois parties : sur la rive gauche du Rhône, qui forme une vaste plaine ondulée seulement par quelques monticules, se trouvent les faubourgs des Brottraiix et de la GuillotUre; dans la presqu'île, entre le Rhône et la Saône sont les plus beaux quartiers de la ville et à l'extrême pointe, le quartier de Pevrache^ avec le débarcadère du chemin de fer de Paris à la Méditerranée. Cette langue de terre, longue et étroite, est dominée au nord par les hauteurs populeuses de la Croix-Rousse, qui forment l'extrémité du plateau des Bombes; sur la rive droite de la Saône s'élèvent les collines de Fourvièrcs, dominant les quartiers qui longent la rivière, ainsi que les faubourgs de Vaise et de Saint- Irénée. Au sud, le plateau de Sainte-Foy se prolonge jusqu'au confluent de la Saône et du Rhône. Au nord du fanhonri? de Vaise, le massif du Hont-d'Or projette ses

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croupes jusque sur la Saône et commande toute la position de Lyon; il est traversô au col de Limonest par l'ancienne route de Paris dont le tracé a été rectifié pour éviter les pentes raides gui donnent accès au col; c'est là que s'est passée la principale action du combat livré en 1814 par le maréchal Augereau pour couvrir Lyon.

La ville est défendue :

1° A Test, par la redoute de la Cdte-d'Or, le fort des Brotteaux, la redoute de la Part-Dieu^ le fort de Villeurbanne, le fort La Motte et le fort de la Vitriolerie ;

2° Au nord, par les forts de Montessus et de Caluire qui ont été reliés par une grande courtine; Teuceinte de la Croix-Bousse a été déclassée et démolie sous le dernier règne ;

3° A Touest, par les forts de Saint-Jean et de Valse, qui défendent rentrée de la Saône dans Lyon ; par le fort de la Duclière, qui couvre le faubourg de Vaise ; par lo fort Loyasse et V enceinte de Fourvières, qui couronnent les hauteurs de Fourvières; enfin, par le fort Saint-Irénée, la lunette du petit Sainte^Foy et le fort Sainte-Foy^ qui couvrent le plateau de Sainte-Foy.

Ce système de défense est devenu insuffisant en présence de Tartillerie nouvelle; pour mieux couvrir les communications du nord et de Test de la France avec le midi et avec le bassin de la Loire par Saint-Etienne, Montbrison et Roanne, et de plus pour s'assurer des débouchés entre la Saône et le Rhône par le plateau des Dombes vers Bourg, on construit de nouveaux forts à gi'andes distances de la place et on sera amené à en construire encore d'autres pour transformer Lyon en un immense camp retranché.

Le terrain des environs de Lyon est partagé par la Saône et le Rhône en trois secteurs que nous allons examiner successivement.

1° Rive droite de la Saône et du Rhône. — Une armée descendant la Saône, devra, pour investir la place, chercher à s'établir dans la plaine d'Anse, au confluent de TAzergues et de la Saône. Pour empêcher ce mouvement et arrêter l'ennemi au nord, on a occupé le massif de la Côte-d'Or. Le fort de Mont- Verdun, sur le point culminant (625 mètres), ainsi que les nombreuses batteries qui le complètent, sont destinés à battre la plaine d'Anse et la bifurcation du chemin de fer à Saint-Germain. Les flancs de la position seront protégés par des batteries latérales et un ouvrage semi-permanent au Mont-Ceindre ; les communications avec Lyon sont nombreuses et assurées.

Pour compléter le camp retranché en descendant au sud, il faudrait occuper la ligne de partage des eaux de l'Azergues et de la Saône jusque près de la Tour de Salvandy, puis, se replier en arrière du ruisseau de Charbonnières, et rejoindre le plateau de Sainte-Foy, On pourrait s'étendre davantage et s'établir sur les hauteurs qui séparent le ruisseau du Garon de celui de YYzeron, et dont le point culminant est au-dessus de C/iaponost ; on se fermerait sur le Rhône en occupant le plateau d'Ingny, en face du fort de Feyzin qu'on construit sur l'autre rive. La ligne du Gurnn^ qui vient aboutir à Givors, pourrait etro conservée si Ton avait assez de

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