NICE ET LES ALPES MARITIMES
Sommaire : Ligne d'invasion du littoral. — Expéditions de 1524 et de 1707. — Frontière avant 1860. — Le Var et ses affluents. — Tracé de la frontière actuelle. — - Description du comté de Nice et des Alpes Maritimes. — Lignes de défense du comté de Nice. — La Roya. — Route du col de Tende. — Ligne de TAution, Saorgio, Marta. — Opérations de 1793 et 1794. ~ Lignes de défense à Test de la Roya et routes à Test du col de Tende. — Offensive et défensive sur la frontière du comté de Nice. — Nice, Villefranche, Antibes, Saint-Tropez, Toulon, Marseille. — Tableau des communications entre la France et Tltalie.
litige d'invasion du littoral. — Pour terminer T étude de la frontière du sud-est, il nous reste à étudier la ligne d'invasion du littoral, gui a pour objectifis Toulon, notre grand arsenal maritime, et Marseille, notre grand port de commerce sur la Méditerranée. Cette offensive contre Toulon a des précédents, elle a fait naître de vives inquiétudes, mais elle n'a jamais réussi. Aussi Clausewitz dit-il que rêver une conquête par le midi de la France, c'est vouloir soulever un fusil par la pointe de la bayonnette.
La Provence est coupée par de nombreux torrents et couverte par un grand nombre de massifs montagneux qui séparent les uns des autres les petits bassins des rivières, mais il n*y a pas de grand fleuve, de grande plaine, traçant dans le pays une route naturelle d'invasion parallèle au littoral. Les routes traversent une suite de petits bassins et franchissent de nombreuses chaînes de montagnes., dont les sommets ont de 700 à 1000 mètres : chaînes de fEsterely des Maures, de Sainte-Beaumey de l'Étoile, de la Cabrière, de Sainte-Victoire. De plus la Provence, avec son beau ciel, ne produit ni fourrages, ni blés, ce ne sont que des bruyères, des bois de pins, des oliviers, des arbres fruitiers ; en somme une armée n'y ti*ouve pas les ressources nécessaires à son approvisionnement. L'ennemi doit tout faire venir de loin par les routes de terre; même s'il est maître de la mer, les relations de l'armée avec la flotte sont rendues très-difficiles par l'âpreté des côtes et l'éloignement des chemins qui ne peuvent suivre le rivage souvent bordé d'escarpements. Par suite de ces circonstances, l'ennemi