CHAPITRE VIII
FRONTIÈES PE$ PTRiNËES.
Somnialre i Tracé de la frontière. — Description générale de la chaîne des Pyrénées. « Bassin de TËbre. — Bassin de la Garonne. — Plan de guerre entre TEspagne et la France.
THÉÂTRE D'OPÉRATIONS DE L'EST. — PYRÉNÉES ORIENTALES. — Monte Albères.
— Route du Perthus. — Ligne du Tech. -* Sierra de Cadi, Puigmal, Ganigou. — Montagnes de la Catalogne. — Route du col de la Perche. — Vallée de la Têt. — Massif de Carlitte. — Les Gorbières. — Plaine et côtes du Roussillon. — Campagnes de la révolution dans les Pyrénées orientales. — Résumé. — Défense actuelle.
PARTIE CENTRALE DE LA CHAINE DES PYRÉNÉES. — Pyrénées ariégeoises. — Chaînes parallèles au nord. — Chaînes parallèles au sud. — La vallée d'Aran. — - Les Hautes- Pyrénées de la Maladetta au pic d'Anie. — Contreforts et chaînes parallèles au nord et au sud.
THÉÂTRE D'OPÉRATIONS DE L'OUEST. — BASSES-PYRÉNÉES. — Tracé de la frontière. — Le Saison. — La Nive. — Communications avec l'Espagne. — Saint-Jean-Pied-de- Port. — Vallée de la Bidassoa. — Pyrénées espagnoles. — Places fortes espagnoles et françaises.
— Lignes de défense de la France et leur rôle dans la campagne de 1813-181 4,
Tracé de la frontière. — La frontière des Pyrénées est à la fois la moins menacée et la plus forte de nos frontières. L'Pîspagne vient de sortir d'une crise terrible,ell6 sera longue encore à se réorganiser, et d*après la situation réciproque de la France et de TEspagne, cette nation ne sera pas la puissance principale avec laquelle nous aurons la guerre. Les P^Ténées ne seront le théâtre que d'opérations secondaires, nous n'aurons qu'à nous tenir sur la défensive, à résister aune diversion analogue à celle que fit en 1866 l'Italie vis-à-vis de TÂutriche. Nous ne devrons donc employer à la défense de cette frontière que le moins de troupes possible.
La limite des deut états, arrêtée en 1659, n'est pas toujours formée parla ligne de partage des eaux. L'Espagne empiète souvent sur le versant nord ; cela tient à ce que les traités, à l'exception de ceux qui consacraient une conquête, n'avaient à tenir compte que des délimitations fixées par les populations elles-mêmes au milieu des forêts et des pâturages, or ces limites étaient presque partout tracées à l'avantage des montagnards espagnols attirés sans cesse par la richesse des cultures et la fertilité des vallées du versant français; la race et la langue espagnole se sont en effet répandues au nord de la chaîne des Pyrénées, plusieurs villages du côté de la France ont déjà le même aspect que ceux de la Navarre et de l' Aragon, tandis qu'au sud de la chaîne rien ne rappelle la France ; les Espagnols des hautes vallées du plateau inculte de l'Aragon avaient en effet une tendance toute naturelle à descendre les pentes plus raides du versant français, tandis que les habitants du versant nord de la éhaine, cultivateurs attachés au sol, n'avaient aucune tendance à franchir l'obstacle formé par les Pyrénées pour ne trouver que des terres incultes. L'Espagne possède au nord de la ligne de partage des eaux : la vallée de la Bidassoa, le val Carlps au nord de