‹ Géographie militaire (volume 2)Chapitre 133 sur 288 · CHAPITRE VIII. — FRONTIÈRE DES PYRÉNÉES · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII. — FRONTIÈRE DES PYRÉNÉES

C'est là qu'on fait généralement commencer la chaîne des Pyrénées, mais ce ne sont encore que des collines désignées sous le nom de massif de San Pedro de Roda.EYLes sont reliées à la chaîne frontière par des coteaux arides , à pentes raides, mais de peu d'élévation.

La chaîne frontière du cap Cerhera à la source du Tech prend le nom d'Albères, ce sont des montagnes d'assez faible élévation d'abord: 4 à 500 mètres aux pics, 2 à 300 aux dépressions entre les sommets; puis la crête se relève, atteint 1000 et mémo 1,600 mètres vers Campredoii et Prats-de-^Mollo, Ces montagnes sont arides, dénudées et presque entièrement formées de granit; elles projettent vers la côte des pointes et des anses rocheuses; du côté de l'Espagne elles n'ont l'aspect que de collines dépassant à peine le haut plateau montueux qui termine au nord la Catalogne et qui forme les hautes vallées de la Llobregat, de la Fulvia et du Ter ; du côté de la France elles s'élèvent brusquement au-dessus du Tech et forment de véritables montagnes difBciles à franchir. Cette chaîne présente un très -grand nombre de cols, mais elle n'est traversée 'que par une seule grande route à la dépression du col du Perthus (290 mètres), c'est la grande communication entre le Roussillon et la Catalogne, elle conduit de Perpignan à Figueras parle Boulon où elle coupe le Tech, elle est défendue au col même par la place de Bellegarde qui est en assez mauvais état et dominée des hauteurs voisines. Du reste Bellegarde peut être tournée, et Fa été en effet dans les guerres de la Révolution, à gauche par le col de Porteill dont le chemin serait facilement rendu praticable aux voitures de Fartillerie ; en tous cas Bellegarde servirait d'appui à des troupes légères chargées de surveiller tous les passages.

A l'ouest du col de Perthus, se trouvent de nombreux sentiers, dont plusieurs sont praticables aux mulets ; entre le bas Tech ou plutôt entre la côte et laLlobregat, affluent de la Muga, les chemins les plus faciles sont ceux qui sont les plus rapprochés de la mer ; ils conduisent de Banyuls à Figueras par le col de Banyuls (362 mètres), par le col del Tourn (612 mètres), par le col del Sourou (541 mètres), par le col des Frèrest (368 mètres), ou par le col des Balistres (208 mètres) et Llanza ; c'est ce dernier tracé que suivra la voie ferrée en projet qui rejoindra Port-Vendres, tête de ligne actuelle du côté de la France, à Gérone, tête de ligne du côté de l'Espagne. Ces chemins sont défendus du côté de la France par CoUioure, le fort Carré au nord de la place, le fort St-Elme et la redoute Dugommier au sud ; ces ouvrages n'ont plus aujourd'hui ni grande valeur ni grande importance. Port-Vendres n'est pas fortifié du côté de terre. En Espagne se trouvent la citadelle et les forts de Rosas sur la côte, puis au point de convergence des principaux chemins Figueras avec le fort San- Fernando, la plus vaste forteresse de la Péninsule ; en seconde ligne sur la route du Perthus on rencontre la place de Gérone. A Touest du Perthus on trouve encore un grand nombre de sentiers entre la vallée du Tech et l'Espagne ; une grande route s'embrsTnche au Boulêu sur celle du col du Perthus et remonte toute la vallée du Tech ou Yalspircj mais elle n'est prolongée en Espagne vers Campredon, dans la vallée

du Terj que par les sentiers des cols des Eres et de Pragon. Ces deux derniers passages sont surveillés par Prats-de-HoUo, qui est remplacement d'un camp retran^ ché dont le fort Lagarde est le réduit.

Entre Prats-de-MoIIo et le Boulou, le fort des Bains surveille le col d*El Faigt, où passe un sentier qui vient de San-Lorenzo sur la Mtiga ; il renforce la ligne du Tech, et peut servir d*appui à des partisans opérant sur le flanc gauche de l'ennemi marchant sur Perpignan par la route du Perthus. La vallée du Tech, resserrée dans sa partie haute entre les montagnes, forme un long défilé et, comme ligne de défense contre une invasion venant du sud, elle est très-forte et presque inabordable jusqu'à Amélie-les-Bains et même jusqu'à Céret. Elle forme même une défense meilleure que la crête des monts Albères, parce que ces montagnes sont traversées par de très-nombreux sentiers et que les communications d'un col à l'autre ne peuvent se faire que par la vallée du Tech ; cette vallée nous donne donc une excellente ligne de roccade en arrière de la frontière.

Sieitpa de Cadi, Paig^mal, Canig^ou. — A Touôst du pic de Costabonne^ la frontière suit une chaîne âpre et élevée dont les cols atteignent 2,500 mètres et ne sont guère dominés que de 2 à 300 mètres par les sommets ; les cols de la Pale^ de la Dona, de Naufansse^ entre le pic de Costabonne (2,464 mètres) et le Puigmal (2,909 mètres), sont suivis par des sentiers muletiers qui permettent de communiquer de la haute vallée de la Têt aux sources du Ter. Le versant nord est granitique, la crête elle-même et le versant sud sont schisteux.

Cette chaîne se prolonge au nord-est entre le Tech et la Têt par le massif du Canigou (2,785 mètres) au beau sommet granitique d'autant plus imposant qu'il est isolé ou du moins qu'il domine de haut toutes les montagnes voisines ; aussi pendant longtemps a-t-il passé pour le géant des Pyrénées. Les versants du Canigou recouvrent toute la contrée entre la partie haute des deux rivières précédentes qu'ils resserrent dans d'étroits défilés ; le pays montueux et difficile qui s'étend à l'est du Canigou jusqu'à la plaine du Roussillon s'appelle les Aspres. La hauteur diminue rapidement des hautes montagnes à la mer; dans les hautes Aspres les sommets ont de 7 à 800 mètres, dans les Aspres moyennes 4 à 500, les basses Aspres ne sont que des collines de 200 mètres. Les voies de communication sont très-rares dans ce massif : entre le pic de Costabonne et le Canigou, il n'y a que deux mauvais sentiers de piétons qui fassent communiquer le haut Tech avec la vallée du Vernet et Villefranche sur la Têt. Dans la partie haute des Aspres, il n'y a encore que de rares sentiers ; des chemins praticables aux voitures rehent les villages de la partie moyenne, le village d'Oms est le nœud de toutes les communications de ce pays ; la partie basse des Aspres est traversée par la grande route de Perpignan au Boulon et par de nombreux chemins parfaitement entretenus.

Au sud-ouest du Puigmal, la chaîne se prolonge par la Sierra de Cadi, crête élevée qui domine la Cerdagne ou haute vallée du Sègre ; elle est traversée au col de

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