‹ Géographie militaire (volume 2)Chapitre 16 sur 288 · CHAPITRE I"'. — GRANDES DIVISIONS DE LA GÉOGRAPHIE. î · texte numérisé non relu

CHAPITRE I"'. — GRANDES DIVISIONS DE LA GÉOGRAPHIE. î

aussi tenir compte de l'orograpliio, de la j^éologie, de la météorologie. Ce n'est que l'ensemble de tous ces caractères qui peut donner une idée exacte et juste d'une contrée.

riKOGRAPIllK PoLITlOlK.

(ÀHte étude du g:robe terrestre étant terminée au point de vue physique, on peut introduire Thomme qui liai)ite celte terre, qui y vit, qui s'y meut depuis nombre de siècles. On est donc conduit h s'occuper d'ethnographie, de géographie historique, politique et administrative.

i*» Ethnoicraphio. — I/ethnographie ou lethnologie est la science qui s'occupe de la distribution des races sur le globe et qui, par suite, lient à la giK)graphie et à la statistique.

La connaissance des races aide à comprendre la raison des limites des divers Ktats, la variation de ces limites, les luttes dont elles ont été si souvent la cause. Li race celtique et la race teulonique, deux branches issues d'une môme souche, se sont, depuis 2000 ans, maintes fois mêlées et heurtées entre la Marne et le Rhin, depuis l'invasion dWrioviste dans la Gaule jusqu'aux guerres contemporaines, et ce mélangea tantôt porté sur la ligne même du Rhin, tanUU ramené sur la Meuse, tantôt promené entre ces deux limites extrêmes, selon les alternatives de revers et de succès, la frontière politique des deux peuples. A l'est, la race teutonique se trouve de même avoir pénétré la race slave et avoir été pénétrée par elle sur tout l'espace compris entre la mer Baltique et l'Adriatique; les mêmes causes ont donné naissance à des incertitudes politiques de même genre. La Bohême est une des contrées qui ont été le plus battues par le flux et le reilux des invasions germaniques et slaves, mais là les races ne se sont pas confondues, mélangées ; et on retrouve encore aujourd'hui dans la plaine, la population agricole qui est tchèque, et dans les villes, dans les montagnes, la i)opulation industrielle qui est germanique; langage, habitudes, manière de vivre, tout dilTére.

2° Géog^raphie historique. — On ne connaît une nation qu'après avoir étudié la manière dont se sont formés, à travers les siècles, par suite des migrations, des guerres, des combinaisons politiques, la population et l'État. La géographie historique est à ce litige une des parties les plus essentielles de la géographie générale, mais pour qu'elle soit intelligible, il faut qu'elle soit précédée de l'étude approfondie de la géograi»hie physique.

Les révolutions de l'Asie sont dépourvues de sens pour celui qui ignore Texistence du plateau central. La grande échancrurc qui existe entre l'Oural et I,a Casl)ienne et les steppes de la Russie méridionale, font comprendre la marche des migrations. La connaissance du terrain, des centres habités, des places fortes et

généralement de tout ce qui constitue un pays, peut seule donner avec clarté la clef des événements que Thistoire enregistre, et permettre d'en tirer un enseignement utile. Cette élude doit toujours précéder celle des guerres, des campagnes, dos batailles, elle est indispensable pour rendre intelligibl.es les mouvements stratégiques ou tactiques.

3" Géographie politique. -^ La géographie politique complète la géographie historique, en indiquant les limites des États et de leurs cii*conscriptions administratives, telles que les derniers traités, les derniers événements les ont faites. Mais elle n'est pas fixe, elle varie après chaque guerre, après chaque bouleversement.

4** Géographie administrative. — A la géographie politique se rattache la géographie administrative qui.étudie le gouvernement central de TEtat, l'administration communale et départementale, la manière dont sont administrés et fonctionnent les grands services : justice, cultes, finances, instruction publique, guerre, marine, travaux publics, agriculture, industrie, commerce. Elle recherche également la raison des limites des diverses circonscriptions administratives, jiidiciaires, ecclésiastiques, et les relations plus ou moins fondées de ces divisions avec la topographie.

Après avoir ainsi étudié séparément la nature et l'homme, on est naturellement conduit à examiner les rapports de l'homme avec la nature, à étudier les œuvres que celui-ci accomplit à l'aide des forces et des matériaux que celle-là lui fournil. C'est là Tobjet de la Géographie agricole, de la Géographie minérale, de la Géographie industrielle, de la Géographie commerciale. Enfin, la Statistique compare les résultats de ces diverses études, et fournit de précieux renseignements sur la richesse et la puissance des nations.

1<^ Géog^raphie agricole. — lia géographie agricole emprunte les résultats des recherches de la botanique et de la zoologie.

Chaque contrée se distingue par sa culture, par les animaux utiles qu'elle nourrit et qui font sa richesse. Ainsi, la Beauce est caractérisée par ses blés, les Vosges par leurs forets, le Limousin par ses pAturages et ses chAtaigniers, le Bordelais par ses vignobles, le nord de la Russie par ses immenses étendues couvertes de pins, de sapins, de bouleaux, les côtes de la Manche par leurs prairies, colles de la Méditerranée par leur oliviers, l'Asie centrale par ses steppes et ses troupeaux nomades, la Polynésie par ses cocotiers, la Malaisie par ses épices, la Chine et le Japon par leurs thés et leurs soies; c'est que la culture est intimement liée au sol; elle dépend

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