‹ Géographie militaire (volume 2)Chapitre 17 sur 288 · CHAPITRE I«>\ — GRANDES BIVISIONS DE LA GÉOGRAPHIE · texte numérisé non relu

CHAPITRE I«>\ — GRANDES BIVISIONS DE LA GÉOGRAPHIE

de sa nature, de Taltitude, de réloignemenl du pôle ou de Téquateur. La pluie, par sa présence ou son absence, agit plus qu'aucun autre agent sur la vie des végétaux. Partout où il j)leut, le soleil vivifie arbres et pIanto«; partout où il ne pleut pas, il dessèche, il stérilise. C'est lui qui règle les grandes zones «le culture, suivant Tobliquilé j)lus ou moins grande de ses rayons. Aux conlrées circumpolaires, les mousses et les lichens ; puis viennent les immenses conifères îles pays du nord, les riches <*ultures de la zone tempérée, les fruits du midi, la végétation luxuriante des tropiques. Ce sont là les harmonies de la météorologie et de l'agriculture (jue nous avons déjà signalées.

Dans l'intérieur de ces grandes zones de culture, se trouvent des régions plus restreintes dont les limites sont tracées par le relief et la nature du sol, par le voisinage de la mer et l'exposition. Ainsi, en France, les chevaux sont nombreux dans le nord-ouest où se trouvent des pays de plaines, riches en avoine et en grands pâturages; les bœufs, qui font la fortune de la Normandie, peuplent aussi les pacages plus maigres de nos provinces granitiques du centre. Les moutons s'engraissent dans les grandes fermes de l'Ile-de-France et vivent en troupeaux dans les pauvres pâturages de la Champagne, du Larsac et des Causses; de même, en Allemagne, ils sont nombreux dans les landes de Lunebourg; en Espagne, dans les parameras de Soria et de Guadalajara; en Afrique, sur les plateaux de l'Atlas.

Les limites de chaque culture, figurées sur les cartes par des courbes qui, au premier abord peuvent paraître compliquées et bizarres, deviennent intelligibles et faciles à retenir, (|uand on les rapproche d'une étude bien faite de la géographie physique. La vigne, par exemple, exige une certaine quantité de chaleur fournie dans un certain temps, voilà pourquoi on ne la rencontre ni dans le nord de l'Europe, ni sous Féquateur. La courbe qui marque sa limite septentrionale, part des bords de l'Océan, à peu près à l'embouchure de la Loire, sous le 47<» parallèle, elle remonte obliquement au nord-est jusqu'au Rheingau et au-delà jusqu'au 52* parallèle, puis elle redescend vers le sud-ouest, de la Silésie septentrionale à la Crimée. Ce tracé s'explique, parce qu'à l'ouest la vigne craint le voisinage de l'Océan et les brouillards fi^quents qui empêchent le raisin de mûrir en automne, et qu'à Test elle craint également les vents violents et froids de la région continentale. Audessous de celte courbe, il y a bieu encore (juelques îlots isolés (jui sont privés de vigne, tels que les sommets des Vosges, le plateau de Bavière, les Alpes, etc., cela tient à leur grande élévation. En Afrique, elle pousse en Algérie, puis on ne la retrouve plus que tout au sud, dans la colonie du Cap. C'est donc la logique des climats qui, jointe à l'altitude, trace cette courbe.

2^^ Géog^raphie minérale. — Nous venons de voir qu'à la surface de la terre, une culture appropriée fait produire au sol de riches végétations ; si nous pénétrons à l'intérieur du globe, nous voyons l'homme en extraire des minéraux utiles, des matériaux propres aux constructions. Ici, c'est la géologie qui possède seule le secret

lie la distriliiition de ce genre do richessos. Dans chaque pays, elles dépendent uniqnemenl de la nature du sol, et elles n'ont pas encore toutes été exploitées, car ce n'est qoie dans les contrées les plus, peuplées, les plus civilisées, que l'homme a fouillé le sol et y a découvert des biens qu'en d'autres endroits l'ignorance a laissés improductifs.

3° Géog^raphie industrielle. — La géographie industrielle indique en quels lieux et de quelle manière Thommo met en œuvre les matériaux (jue la nature lui fournit : animaux, végétaux, minéraux. KUe remonte, autant que possible, à la cause, et indique ce qui a fixé une industrie dans une localité. Ainsi, Lille doit ses métiers au lin de la Lys ; Rouen, qui tissait auparavant le lin, s*est trouvé en situation de recevoir de première main le coton venant de l'Inde ; les broches qui tordent le coton, les métiers qui le convertissent en tissus, sont maintenant les grands instruments d'industrie de ces contrées. La houille et la soie de la vallée du Rhône ont créé Saint-Étienne.

Uindustrie n'est pas liée au sol d'une façon aussi étroite que la culture, l'homme peut transporter les matériaux et les mettre en œuvre où bon lui semble ; ainsi, nous voyons l'élément humain, c'est-à-dire l'élément libre, exercer une action plus considérable que dans le cas précédent.

La distribution géograpiaique des industries était peut-être plus tranchée autrefois qu'aujourd'hui, parce que les communications étaient plus rares, les transports plus coûteux (toiles de Silésie, velours d'Italie), et on mettait presque toujours les matériaux en œuvre dans le pays qui les produisait. Aujourd'hui, du reste, on a intérêt aie faire, quand la main-d'uaivre est meilleur marché sur le lieu de production que dans les villes, et c'est ce qui a lieu souvent. Le manufacturier obéit toujours, soit à L'attraction naturelle exercée par les matériaux fournis par la natun\ soit à Tattraclion sociale exercée par les grands centres de population.

Quand les matériaux employés dans une industrie sont complexes et qu'on ne peut les trouver tous réunis sur le même lieu, on se décide à se rapprocher de la matière dont le transport est le plus coûteux. C'est pour cela que beaucoup d'industries à feu, autrefois groupées auprès des forêts, sont maintenant sur les mines de houille. Les torrents ont souvent fixé les industries dans les montagnes, en fournissant des moteurs économiques ou des blanchisseries toutes préparées; telle est l'origine de Chemnitz en Saxe, au pied de TErz-Gebirge, de Mulhouse en Alsace, et des nombreuses manufactures des Vosges.

A un autre point de vue, il est utile d'être près des acheteurs pour consulter leurs besoins et leurs goûts; les industries de luxe s'établiront donc dans les grandes * villes, dans les grandes agglomérations d'hommes; on aura plus de facilité pour y trouver d'habiles ouvriers. Aussi a-t-on remarqué que les grandes villes tendent naturellement à s'accroître, et profitent plus que les autres points du territoire de l'augmentation de la population.

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