CHAPITRE I»'-. — COTES DE LA MER DU NORD ET DE LA MANCHE
grande difficulté. Le bassin du roi, réservé d'abord à la marine de guerre, fut creusé par ordre du cardinal de Richelieu; Vauban fit commencer un canal allant jusqu'à Harfleur et devant augmenter les eaux des chasses; mais ce nest qu'en 1787 qu'on songea à construire des bassins à flot pour la marine marchande et que fut commencé le bassin du Commerce sur remplacement des anciens remparts.
Depuis cette époque, le Havre s'est considérablement accru et a débordé au delà de son enceinte. De nombreux bassins à flot ont été creusés, plusieurs communes suburbaines furent annexées à la ville en 1852 et le système de défense dut être modifié, tant du côté de mer que du côté de terre. On pensa à endiguer la petite rade et à construire plusieurs forts en mer sur les Hauts de la rade, mais ces projets furent définitivement abandonnés en 1858 et l'on décida que la défense du côté de la terre aurait lieu par des forts détachés sur la côte d'Ingouville et du côté de la mer par des batteries de côte soutenues par une flottille de guerre.
Aujourd'hui la ville n'est donc plus resserrée dans une enceinte, elle est défendue du côté de terre par le fort de l'Heure situé dans la plaine basse formée à Test de la ville parles alluvions de la Seine, puis par les forts de Saint- Adresse, de Tournevillc^ du Mont-Joly, situés sur les hauteurs qui dominent la ville au nord et qui s'étendent du cap de la Hève à Harfleur. Ce dernier ne date que de la dernière gueiTe (1870-1 87 1 ) ; à cette époque on construisit à une grande distance en avant du Havre, sur les hauteurs qui dominent la Lézarde et la Fontaine, et môme en avant de ces deux cours d'eau, des ouvrages et des lignes de fortification passagère dans le but de mettre la ville à Tabri d'une attaque de l'ennemi. La première ligne s'appuyait à gauche à la mer en arrière d'Octeville, passait en avant du ravin de Fontaine et s'étendait sur la rive gauche de la Lézarde de Montivilliers à la Seine.
Du côté de la mer, le Havre est protégé par les ouvrages suivants : la batterie de la Hève, batterie haute située sur la falaise, la batterie de l'Èpi de Saint-Adresse au pied de la falaise, le bastion N^ 4 du fort de Saint- Adresse, la batterie des Huguenots à l'extrémité d'un des boulevards de la ville, laibatterie de VÉpi à Pin également dans la ville, la batterie de la jetée du nord, les fronts de la Floride et les fronts du fort de l'Heure tournés vers la mer. Ces batteries armées de canons de gros calibre sont destinées à préserver la ville de bombardements, comme elle eut à en subir à deux reprises différentes de la part des Anglais en 1694 et en 1759.
Le Havre avec sa banlieue comptait, en 1872, 95,000 habitants; il possède actuellement 8 bassins à flot d'une superficie totale de 53 hectares 30 ares, ce sont ceux du Roi, du Commerce, de la Barre, de V Heure, de la Floride, de la Citadelle, le bassin Vauban et le bassin-dock ; Vavant-port a une superficie de 1 1 hectares ; la longueur totale des quais est de 9 kilomètres. L'entrée du port a été améliorée et élargie par la démolition delà tour François I"; de nombreux épis élevés le long de la côte jusqu'au cap de la Hève, ainsi que la jetée du nord, préservent le chenal de l'amoncellement des galets. 11 a été dépensé jusqu'à ce jour pour les travaux du port une somme de Géographie, ' 19
Honfleur, Trouville, Vives, Courseullcs, Isigny. Les deux lignes sont reliées par les lignes transversales de Conclies à LaiglCj de Mczidon à Argentan, de Caen àFresnes; un tronçon dessert Sabu-Lo et n'est pas encore prolongé au-delà. Des embranchemtnts de la ligne de Granville relient cette ligne avec le bassin de la Loire, ce sont ceux de D?'eux à Chartres et Orléans, de Surdon à Alençon et au ManSj de Fiers à Mayenne et Laval; un chemin de fer d'intérêt local conduit de Briouze à la FertC'Macè.
Les ports de la côte sud de la baie de la Seine n'ont aucune importance au point de vue militaire et n'en ont qu'une bien faible au point de vue commerciaL II n'existe sur cette côte aucune batterie pour les défendre. En revanche ces plages de sable sont très-fréquentées par les baigneurs, et il s'y trouve un certain nombre de havres de pêcheurs.
Le premier port qu'on rencontre à l'ouest des rochi*s noires, qui bordent la côte auprès de Villerville, est Trouville à Tembouchure de la Touques. Ce port est dolé depuis 1868 d'un bassin à flot de 2 hectares 40 ares; la Touques y forme aussi un port d*échouage et un avant-port; le nombre des navires de commerce entrés ou sortisa été dans ces dernières années de llOOà 1200 et leur lonnagede 100,000 tonnes environ. Jadis la Touques qui sert de chenal à ce port, se portait sans cesse vers Touest, on fut amené à construire des jetées plusieurs fois modifiées, elles furent complétées ces dernières années par la construction de digues directrices découvertes à basse mer; ces travaux ont forcé la Touques à creuser son lit, à enlever les sables qui gênaient l'entrée et ont en même temps préservé la belle plage de Trouville d*affouillements qui la menaçaient. En face de Trouville, de l'autre côté de la Touques, se trouve Deauville, construit au milieu des dunes et des sables apportés par la mer.
Dives, situé à Tembouchurc de la rivière de ce nom, est bien abrité par la pointe de Caboiirg et les falaises de Beuzeval; le chenal est facile et assez direct, pourtant il n'y a là qu'un port d*échouage et le mouvement commercial y est très-faible à cause du peu de communication avec l'intérieur du pays ; le chemin de fer de Mczidon à Dices, qui fait de cette dernière ville le port le plus voisin du Mans, changera peutêtre cet état de choses. Jadis Dives avait une bien plus grande importance et on sait que c'est de ce port qu'en 1066 partit Guillaume le Conquérant avec l'armée qui devait gagner la bataille d'Hastings.
Caen, le chef-lieu du département du Calvados, ville de 42,000 habitants, est située sur VOrnc qui la met en communication avec la mer. Depuis 1857, on a creusé dans la ville même un bassina flot destiné à remplacer l'ancien port d'échouage; un canal de 14 kilomètres de longueur permet aux navires d'éviter la navigation difBcile de rOrne et débouche dans la mer à Ouistreham où se trouve une écluse de retenue. Les navires d'un tirant d'eau de 4'",70 et d'un tonnage de 475 tonnes peuvent arriver au port de Caen ; le commerce s'exerce surtout sur les marchandises suivantes : les pierres à bâtir et les farines à l'exportation, les bois du nord et les charbons